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samedi 18 novembre 2017

S.E.V.E.N

Lise n’a jamais oublié. Au lycée, on les appelait « le Groupe » ; ils étaient ses meilleurs amis, ils étaient inséparables – ils s’étaient même promis de tous se retrouver, quand ils auraient vingt-cinq ans. Ils étaient sept adolescents, tous très différents, mais uni par une profonde amitié… jusqu’à cette nuit-là, où tout a basculé. Ce qui s’est passé a tout brisé entre eux, et Lise ne les a plus jamais revus : ni Elsa, ni Vincent, ni Éric, ni Julia, ni Laurie… ni Hugo. Surtout pas Hugo. Lise a tout fait depuis toujours pour tourner la page, mais le souvenir de cette nuit et de ce qu’elle a subi la hante encore. Alors, le jour où, sept ans plus tard, elle reçoit une invitation à une réunion d’anciens élèves, c’est le choc. Elle n’a aucune envie de revoir ses anciens amis, mais elle n’a pas le choix : une promesse est une promesse. Lise est alors loin de se douter qu’elle s’apprête à vivre la nuit la plus importante de sa vie : une nuit où tout va encore une fois être bouleversé, où rancœurs, secrets et trahisons seront enfin dévoilés : une nuit qui sera aussi la plus belle de sa vie.
Une nuit qui va tout changer.
S.E.V.E.N
Marie Luny 2017

Merci à Kaya et Livraddict.

Ces derniers temps, je me suis retrouvée à lire beaucoup de titres qui n’étaient pas mon genre de prédilection et que j’ai pourtant beaucoup aimés. Des jeunesses, des romances, parfois même des chicklits. Du coup, j’ai décidé de ne pas m’imposer de barrières, vu que cela fonctionne plutôt bien, alors c’est tout naturellement que j’ai postulé aux partenariats concernant cet épisode.

Le résumé était tentant et mystérieux, le titre plein de sous-entendus, et la couverture sympa, ou tout du moins qui donne envie de découvrir le contenu. Je ressors un peu mitigée de ma lecture : c’était agréable, mais sans plus. Une fois le texte terminé, je me dis : « Tout ça pour ça. » J’avoue que ce genre de situation n’est pas super agréable, mais j’ai trouvé l’héroïne un petit peu excessive par moment dans ses réactions. Ou alors, elle ne nous a pas tout dit, ce qui est bien possible, vu que ce n’est qu’un épisode 1.

Alors, oui, les réactions des personnages sont excessives, mais j’ai quand même pris du plaisir à découvrir petit à petit l’histoire qui se cachait derrière cette soirée d’étudiants. On s’attend à des querelles d’adolescents, forcément, mais Marie Luny a su entretenir le mystère car elle faisait sans cesse de petites allusions qui permettaient de se poser des questions sans toutefois nous expliquer de quoi il retournait réellement. De ce côté-là, c’est plutôt bien réussi.

Ce que je reprocherais surtout à ce texte, c’est qu’il est au final un peu court et ne nous révèle quasiment rien. Tel que je le vois là, j’imagine qu’on ne saura finalement tout qu’au xième épisode (en espérant qu’il n’y en ait pas dix, sinon je vais clairement me lasser). Quand il y a du suspense, il faut savoir le doser et nous en donner un peu pour nous faire patienter. Là, j’ai l’impression que le peu qu’on nous a donné ne correspond qu’à une infime partie du problème – tout du moins, c’est comme ça que je l’ai ressenti. Alors, si c’est vrai, j’aimerais plus d’informations, et si c’est juste pour alimenter du suspense sans qu’il y ait rien derrière, je vais être déçue.

Néanmoins, c’était une petite histoire qui a su me faire passer le temps et m’intéresser, même si j’y ai trouvé quelques petits défauts. En tout cas, je pense que je lirais quand même la suite, pour savoir ce qu’il a bien pu se passer de si horrible sept ans auparavant…

S.E.V.E.N »

samedi 10 septembre 2016

Le bout du tunnel

Changer sa vie… qui n’en a jamais rêvé ? David Atlan, un homme sans histoires, va se voir offrir cette chance, alors qu’il ne l’espérait même plus. Mais à quel prix ? Propulsé d’une monotonie soporifique à l’inattendu d’une enquête aux multiples facettes, il devra composer avec une partenaire – très – particulière et endosser différents rôles pour parvenir à ses fins. Il réalisera que, au-delà des simples apparences, cette transformation l’emmènera à s’impliquer bien plus que ce qu’il avait pu imaginer, payant d’une contrepartie indélébile sa nouvelle vie.
Le bout du tunnel
Jérôme Dumont 2015

Merci à Livraddict et à Jérôme Dumont.

Généralement, je ne postule pas pour des livres autoédités. En effet, les ouvrages sont généralement moins « soignés » que les romans sortant de maison d’édition (encore que cela ne soit pas vrai tout le temps). Mais dans ce cas présent, le résumé m’avait particulièrement interpellée, et je voulais vraiment découvrir cette histoire, alors je me suis lancée, et je ne le regrette absolument pas !

Certes, on retrouve les marques d’un roman autoédité – une mise en page non conventionnelle avec des sauts de ligne superflus et des coquilles qui auraient été tout de suite repérées par un correcteur professionnel – mais, dans l’ensemble, l’histoire tient la route. Dès les premières pages, je me suis rendue compte que l’auteur avait un style tout à fait particulier, et un humour assez caustique, qui ont apporté une atmosphère vraiment appréciable.

Les personnages, s’ils n’ont pas une personnalité réellement atypique, ont tout de même leurs tics et habitudes, et j’ai aimé suivre les aventures de Lisa et David. J’ai d’ailleurs préféré Lisa, dont le côté bad ass est plus que flagrant. David est un peu plus effacé, mais son envie de faire ses preuves lui permet d’obtenir petit à petit sa place dans l’équipe.

L’intrigue en elle-même tient généralement la route, même si certains événements étaient assez prévisibles. Un peu plus de suspense aurait été le bienvenu pour étoffer un peu le roman et supprimer ce côté lisse qui nous oblige à lire passivement le texte. Passivement, mais avec intérêt tout de même, je le précise à nouveau !

En somme, c’était une bonne lecture que je recommande pour passer un moment sympa, bien que trop court tant le roman se lit vite, au sein d’une mission secrète atypique. J’ai cru comprendre qu’il était prévu une suite aux aventures de Lisa et David, et j’espère pouvoir la découvrir très bientôt !

Le dessous des cartes »

jeudi 8 octobre 2015

Méfiez-vous du treizième signe

Sur la planète du Cancer, comme dans le reste de la constellation du Zodiaque, l’astrologie régit la vie quotidienne. Pas de place pour les imprévus, et encore moins pour une catastrophe. Pourtant, Rhoma, jeune étudiante Zodaï, est hantée par de terribles visions. Personne ne la croit mais l’impensable se produit brutalement : une des lunes du Cancer explose. Raz-de-marée, pluies de météorites, tout l’univers de la jeune fille est plongé dans le chaos. Aidée de son mentor, le flegmatique Mathias, et d’Hysan, l’excentrique émissaire du signe de la Balance, Rhoma se lance alors dans une course contre la montre au travers de la galaxie pour prévenir les autres civilisations de la menace ancestrale qui plane sur elles. Car les douze signes du zodiaque étaient à l’origine treize… et, dans l’ombre, le dernier attend son heure. Celle de la destruction.
Zodiac
Romina Russell 2014

Merci à Livraddict aux Éditions Michel Lafon.

La couverture est sublime, et le résumé très accrocheur. En plus, je voyais passer énormément d’avis positifs sur ce titre, donc la barre était mise vraiment très haut. C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai commencé ma lecture. J’avais peur que le roman ne soit pas à la hauteur de ce que j’en attendais. Mais, très vite, j’ai été embarquée dans cette aventure intergalactique.

Imaginez un monde qui représente le Zodiaque. Chaque signe possède ses planètes, ses lunes et a sa façon bien à lui de vivre, sa culture, ses coutumes, ses préjugés sur les autres. Imaginez une terre à l’échelle d’une galaxie, et vous comprendrez les différents aprioris des uns envers les autres, et les différences culturelles qu’il y a entre Bélier et Poissons, ou Cancer, ou Gémeaux. Une fois cette carte mentale gigantesque instaurée, ajoutez-y une légende commune qui nous fait penser à la Tour de Babel et qui a séparé les différentes cultures, qui formaient avant un monde uni, une unité, le Zodiaque.

Le décor est planté, l’aventure peut commencer. On navigue dans ce monde complètement atypique en compagnie de Rhoma, jeune Cancer devenue celle sur qui tout repose, car elle est la seule à percevoir le danger imminent. Avec elle, on frissonne, on a peur, on est insurgé devant l’incrédulité qui l’entoure et l’empêche de mener à bien sa mission. Les événements s’enchaînent à la vitesse lumière, et de la mise en place rapide, on se retrouve à la fin du roman, en se disant : « déjà ?! »

Tous les éléments s’imbriquent les uns dans les autres à la perfection et, même s’il n’y a pas vraiment de suspense, on arrive malgré tout toujours à être surpris par des petits éléments disséminés ici et là. Et que dire des personnages ? Il y en a beaucoup, mais tous ont leur petit truc qui les distingue. Une personnalité atypique, une tendresse qu’on a envie de leur porter. Je ne mentionnerai pas par contre le triangle amoureux qui m’a exaspérée et n’avait pas lieu d’être, pour moi. Heureusement, son issue m’a plu (même si j’aimais tellement ce personnage…) car cela veut dire que le prochain tome n’aura pas ce défaut.

D’ailleurs, ce prochain tome, quand sort-il ? Car je ne sais pas si je vais survivre bien longtemps sans le lire. De la SF/fantastique aussi atypique et bien travaillée, cela mérite qu’on y porte notre attention. Alors, je veux la suite !

L’étoile vagabonde »

vendredi 12 juin 2015

Invisibilité

Stephen est invisible depuis toujours.
Une malédiction impossible.
Jusqu’au jour où Elizabeth le voit.
Elle seule peut briser le sort.
Au risque de les séparer à jamais.
Invisibility
Andrea Cremer & David Levithan 2013

Avant tout, je souhaite remercier Livraddict et les Éditions Michel Lafon pour l’envoi de ce titre. Cela faisait un moment que j’espérais un jour avoir un titre de cet éditeur, merci !

À la lecture du résumé, une multitude de questions se posent. Je me suis interrogée sur la vraisemblance d’une telle mise en place, sur la façon dont les auteurs allaient se dépêtrer d’une telle histoire, s’ils allaient bien prendre en compte tous les petits détails qu’engendrerait une invisibilité permanente. Au final, j’ai eu à peu près tout ce que j’attendais, même si je reste sceptique sur la vraisemblance.

Nous sommes dans une histoire fantastique, donc que l’on ne s’étonne pas de la présence de l’homme invisible, d’accord. Toutefois, je trouve que les personnages prennent les faits avec une trop grande sérénité. Sauf peut-être pour Elizabeth qui panique carrément à la découverte de ce mystère, pour les autres, cela ne semble pas si anormal. Tout comme pour l’existence des poseurs de maléfices. C’est anodin, tout le monde en croise dans la rue. J’ai eu ce sentiment qu’on considérait que le lecteur était déjà familier de toutes ces choses, alors que j’aurais aimé qu’on me prenne un peu pour une novice qui ne sait pas dans quoi elle s’embarque. C’est un mystère qui aurait permis de donner de la dimension.

Mais rassurez-vous, c’est le seul point un peu problématique que j’ai repéré car, pour le reste, il n’y a pas de fausses notes. L’histoire est logique, les événements se déroulent avec des péripéties, on se demande ce qu’il va se passer et on est surpris par les émotions qui se dégagent de certains personnages. Même si je me figurais Stephen, dans mon esprit, plutôt comme un gamin de dix ans que comme un ado (la faute à son immaturité, peut-être ?), les sentiments qu’éprouvaient les personnages me semblaient vrais et cohérents.

J’ai notamment beaucoup aimé tous les petits détails de la vie de Stephen, qui donnent du corps au récit et nous montrent toutes les implications de cette invisibilité : il ne peut pas cacher ses yeux du soleil, il doit parler doucement quand il se balade dans la rue… Autant de petits détails dont j’ai raffolé pendant ma lecture, et j’espérais secrètement pouvoir coincer les auteurs sur un petit quelque chose qui serait incohérent. Pas de chance pour moi, ils semblent avoir pensé à tout !

Quant à ce final, j’en suis enchantée. Ce roman, sous couvert de fantastique, nous donne une véritable leçon de tolérance et nous montre qu’il est important d’aider et aimer son prochain, quel qu’il soit, même s’il est différent. Et cette conclusion nous l’illustre parfaitement. Je ne peux dire en quoi, sans révéler la finalité de l’intrigue, mais une autre fin aurait eu moins d’impact et aurait un peu gâché le message, si beau et si porteur. En bref, un très bon roman pour se détendre !

jeudi 28 mai 2015

Enoch

Poursuivis par les hommes d’Aedon, Thya, Enoch et Aylus fuient dans les terres barbares…
Sur les routes, les trois acolytes vont découvrir un monde très divers, coloré, fabuleux, où des magies et des mystiques plusieurs fois centenaires côtoient des aspirations farouches à la liberté. Un monde plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Au cours de ce nouveau voyage, Thya et Enoch vont à nouveau être mis à l’épreuve, et se révéler, ou se perdre… Avec, en fond, la menace grandissante d’Aedon, soutenu cette fois par un nouvel allié surnaturel…
Enoch (La voie des Oracles T2)
Estelle Faye - 2015

Merci aux Éditions Scrinéo et à Livraddict.

Thya, le tome 1 de cette saga très originale, m’avait complètement séduite, et c’est donc avec impatience que j’attendais de lire cette suite. Ce second tome est toutefois un peu plus inégal que le premier et, si j’ai aimé la continuité de l’histoire, j’ai trouvé qu’il s’est passé beaucoup moins de choses intéressantes ici.

En effet, Thya, Enoch et Aylus sont en fuite tout le long du roman. Ils seront séparés et auront chacun leur voie et leur but, mais le découpage fait que l’on suit cycliquement chacun d’entre eux indépendamment des autres et donc, évidemment, cela laisse moins de place pour des scènes d’actions. Sur les routes, arrivée dans un lieu duquel ils doivent partir, sur les routes… Bref, le schéma est un peu répétitif.

Toutefois, l’intrigue reste excellente et un peu plus ancrée dans le surnaturel. Les dieux sont bien plus présents et maîtrisent le destin de nos personnages comme jamais. De même le style est quant à lui toujours agréable et envoûtant, même si j’ai préféré le début et la fin du roman, le milieu ayant été ponctué d’une petite lassitude passagère.

Le grand mystère de ma lecture a ensuite concerné Enoch. Pourquoi ce titre pour ce tome ? C’est seulement en ayant lu les dernières lignes que je l’ai compris. Même s’il n’était pas plus présent que ses amis, il n’empêche que son personnage était particulièrement important dans le sens où son évolution était flagrante, son destin terrible, et son lien avec Thya déterminant pour la suite des événements.

Le final est hallucinant. Traité bien trop rapidement à mon goût, car j’aurais bien aimé qu’il y ait plus de suspense et que le côté dramatique soit encore plus poussé et fort en émotions, il va donner un coup de renouveau à la saga après un tome que je situerais « entre-deux » : après un tome 1 excellent, j’attends un tome 3 explosif !

« Thya
Aylus »

vendredi 8 mai 2015

La prétendue innocence des fleurs

Le bouquet était prêt : cinq iris mauves, cinq lys blancs et deux jacinthes sauvages. Dans quelques heures à peine, il sera déposé au cabinet du juge d’instruction Marc Ferrer, plongé dans la plus importante affaire criminelle de sa carrière. Marc connaît le langage des fleurs, il sait que les lys blancs évoquent la pureté et que les jacinthes invitent à l’amour. Pourtant, ces fleurs-là lui inspirent la mort. Celle d’une jeune femme et d’un amour fou disparu huit ans plus tôt…
De Paris à Venise, de bouquets en bouquets, vers quel secret enfoui le conduira ce nouveau jeu de piste ?
La prétendue innocence des fleurs
Franck Calderon & Hervé de Moras 2015

Tout d’abord, je souhaite remercier les partenariats Livraddict et Scrinéo, pour cette lecture qui n’a pas été banale.

Si je ne devais utiliser qu’un seul mot pour décrire ce roman, je choisirais « élégance ». Autant dans l’histoire en elle-même que dans les substituts (les roses), le style de ce livre était d’une élégance rare. J’ai beaucoup aimé la délicatesse des mots et des intrigues, qui m’ont permis de ressentir une foule de sensations, toutes plus intenses les unes que les autres.

Lorsque Marc Ferrer, juge d’instruction de son état, reçoit un bouquet de fleurs, il se replonge dans une vieille affaire qu’il a instruite, sa première affaire, alors qu’il tentait de faire la connaissance d’une jeune femme grâce au langage des fleurs. Meurtres et mystères sont les moteurs de cette histoire hors du commun, rythmée par des pétales colorés qui jalonnent le chemin de Marc et le nôtre, jusqu’à la découverte de l’incroyable vérité.

L’intrigue autant que les personnages sont très bien mesurés. Il n’y a pas de fausses notes, et chaque personnage présente une facette particulière, qui fait qu’on le suit et lui fait confiance (ou pas) très rapidement. Marc est un jeune juge tenace, qui ne lâche rien, malgré le temps qui passe et les drames. Il continue, avance et veut connaître la vérité, même si elle n’est pas celle qu’il espère ou qu’il croit.

Je n’ai pas eu une seule seconde d’ennui au cours de ma lecture. Il n’y a pas de chapitres qui remplissent des pages pour grossir le livre, non. Chaque action a son importance dans le fil de l’histoire, et l’on en vient à apprécier chaque mot. J’ai adoré le style particulier des auteurs, et j’ai même oublié très rapidement que cette histoire avait été écrite à quatre mains, pour la simple et bonne raison que cela ne se ressent pas du tout. La cohérence et la cohésion sont de mise pour nous offrir une histoire d’une richesse insoupçonnable et d’une harmonie parfaite.

C’est un roman que je ne regrette pas d’avoir lu. Plus qu’un thriller ou qu’un polar, cette histoire nous propose une jolie leçon sur les apparences et sur les croyances que l’on peut établir à cause d’un enchaînement de faits. Je suis contente d'avoir vu Marc ouvrir les yeux et aller au bout de sa quête, pour dénouer tous les fils du mystère qui engloutissait sa vie.

jeudi 12 mars 2015

Pouvoirs

Alexandre Day laisse une impression singulière aux gens qu’il rencontre. Bien malgré lui. Alexandre Day n’est pas un homme ordinaire. Il a des dons. Cadeau que la vie lui a fait à sa naissance. Mais si vous lui demandez son avis, il vous dira que c’est un cadeau empoisonné…
Le jour où Alexandre rencontre Rachel pour la première fois, il est conquis. Il retourne ensuite quotidiennement dans le même parc, espérant la revoir. Il l’admire de loin, reste à l’écart, de peur d’être repoussé. À sa grande surprise, c’est Rachel qui viendra vers lui. Le jeune homme comprendra alors qu’il faut un être particulier pour en attirer un autre.
Il ignore par contre que Rachel court un grave danger. D’ailleurs, la jeune femme ne le sait pas elle-même. Démuni, Alexandre se tournera vers Jane Hart. Spécialiste dans l’étude des phénomènes paranormaux, elle soumettra le cas du couple à Michael Haggart. Celui-ci occupe un poste clé dans un hôpital psychiatrique et dirige des recherches en parapsychologie. Ce que Jane ignore toutefois, c’est le lien qu’il entretient avec la Société Zeus.
Pouvoirs
Mario Boivin 2015

Merci à Livraddict et aux Éditions de Mortagne.

J’ai été très enchantée par ma lecture, car j’ai été très surprise de la qualité du récit. Non pas que je me sois attendue à quelque chose de banal ou bancal, non. Je m’imaginais un thriller fantastique comme tout ce que j’ai lu jusqu’à présent, une histoire où l’on court dans tous les sens, où le suspense est de mise, mais pas trop, car il faut en dire un peu pour attirer le lecteur, et où l’on n’a pas une minute pour reprendre son souffle.

Là, ce n’était pas le cas. Dès le départ, Mario Boivin nous place dans une scène étrange et pleine de mystères. Typique des thrillers pour nous donner un petit avant-goût de ce qui nous attend mais sans finalement rien nous en dire. Puis le récit avec les personnages principaux qui nous sont dévoilés les uns après les autres. Et là, on se pose. L’auteur n’a pas peur de nous présenter ses protagonistes calmement et le contexte avec précision, ce qui nous permet de nous installer tranquillement dans le récit.

Les choses semblent ne pas bouger sur toute la première partie du roman et, pourtant, il s’en passe des choses ! Ce que je reproche à tous les thrillers portant un peu sur le mystique et le fantastique, c’est de ne jamais nous en dévoiler assez. Ici, j’ai été servie : des expérimentations expliquées, des mystères scientifiques élucidés pour les besoins de l’intrigue. Tout est calibré pour nous faire croire à l’existence des doués. Comment douter d’Alexandre, qui est à la fois le calme incarné et un être extraordinaire ?

J’avoue avoir au contraire été un peu énervée par Jane, qui me semble un brin trop ambitieuse et égoïste. Elle ne veut pas faire confiance en ses aînés et, même si elle a des raisons de douter, je la trouve un peu trop fermée et bornée pour une scientifique travaillant dans ce domaine. Est-ce voulu par l’auteur ? Je l’ignore, en fait, car son caractère est en même temps en adéquation avec son « avenir ». Quant à Michael… Il est étrange, mais je faisais confiance à Alexandre, et je me suis surprise à espérer longtemps qu’il était du côté des « gentils ».

Car ce scénario met en place des sociétés dont certaines ont des buts honorables. Et d’autres en ont beaucoup moins. Alors, qui est du bon côté, qui est du mauvais ? Difficile de faire la part des choses, et l’on ne peut que suivre l’instinct d’Alexandre, et ce avec énormément de plaisir.

Vous dire que j’ai détesté ce roman serait un mensonge éhonté. Je l’ai adoré, j’ai savouré chaque mot et je n’y ai pas vu une seule fausse note. Mon intérêt a été happé dès le début, et je suis restée captivée jusqu’à la dernière page. Quitter ce style tellement pur et fluide a d’ailleurs été très difficile, et le passage à une autre lecture plus difficile que je ne l’aurais cru. Il y a des livres qui sont tellement agréables à lire qu’on a du mal à les abandonner : il en fait partie. Vivement la suite !

Ténèbres »


Pouvoirs (Traqueurs T1)
Mario Boivin - 2015





 »





mardi 10 février 2015

Le sauveteur de touristes

Je suis le sauveteur de touristes. C’est mon métier, une sorte de détective privé ne travaillant que sur des affaires de touristes en perdition. Les cas les plus courants sont les emprisonnements pour trafic et consommation de drogues illégales, mais les plus intéressants sont les disparitions, volontaires ou non.
Cette histoire est celle de ma première enquête. Elle m’entraîne à New York, Bangkok, Goa, Tanger et Alice Springs, à la recherche d’Émilie.
Émilie, la fille qui peut détruire notre monde.
Si elle le veut.
La sauveteur de touristes
Éric Lange 2015

Merci à Livraddict et aux Éditions Taurnada pour m’avoir permis de découvrir cet ouvrage.

Il faut dire que le résumé est particulièrement tentant, car extrêmement mystérieux. La situation qui nous est décrite est suffisamment atypique pour avoir capté mon attention, et en plus de cela assez réelle et crédible pour me donner envie de me lancer. Pourtant, j’avais un peu peur de tomber dans une histoire de course contre la montre pour sauver un touriste qui aurait lieu dans le monde entier et avec des explications très « clichées ».

Eh bien, non, l’histoire qui nous est proposée n’a rien d’attendu. Au contraire ! Le personnage principal est un journaliste mis au rebut car il n’a pas su contenir ses ardeurs face à un de ses supérieurs qu’il a agressé physiquement. Un héros qui n’en est pas un et qui a ses humeurs. J’aime ça, ça commence bien. Il se fait ensuite recruter par une femme « de la haute », riche et dont la nièce a disparu en Thaïlande. Le décor est planté.

On peut s’y attendre mais, en même temps, ce n’est pas le banal ancien flic qui est embauché comme privé pour courir le monde. Ce journaliste a des contacts, et sait y faire pour avoir l’information qu’il souhaite, quitte à être parfois un peu limite avec la loi. Tom, c’est son nom, ne s’impose aucune limite et n’a aucun scrupule pour découvrir la vérité. Et c’est tant mieux, car sinon il ne pourrait pas aller au bout de cette affaire. Le courage est de mise, et il fallait un personnage qui ose, de sorte à aller au bout des choses.

Car l’intrigue, le pourquoi du comment, est particulièrement énorme. Je ne peux rien vous en dire car cela serait divulgâcher, et il faut découvrir l’histoire, mais d’un thriller, on passe dans une ambiance très légèrement SF, à la limite de l’imaginaire, mais expliquée de manière tellement précise qu’elle en devient crédible. En tout cas, j’avais envie d’y croire, car c’était une idée qui m’a beaucoup plu quand j’ai commencé à l’entrevoir. Quant à ce final… Une suite centrée là-dessus ne serait pas de refus !

Petit bémol du roman, car il y en a un : les chapitres sont très longs, et cela avait tendance à m’ennuyer un peu. Chacun d’eux commence en effet par une mise en place du contexte. Un nouveau chapitre commençait lorsque Tom se rendait dans un nouvel endroit, et donc avoir un résumé de toutes les coutumes ou habitudes locales avait fortement tendance à ralentir le récit alors qu’il aurait gagné à être plus percutant encore en apportant cette sorte d’urgence, qui fait qu’on ne peut pas se résoudre à poser le livre pour se faire une petite pause. En soi, les descriptions étaient intéressantes mais ont eu cet effet négatif de faire retomber la pression à chaque fois, et c’est dommageable. Peut-être qu’il aurait fallu les éparpiller plus dans le récit…

Mais cela n’ôte en rien le plaisir que j’ai eu à parcourir ce roman. Il était bien construit et présentait une intrigue solide qui m’a fortement intéressée. Je ne regrette pas d’avoir découvert Éric Lange, et cette maison d’édition !

dimanche 12 octobre 2014

Thya

La Gaule, au début du cinquième siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, minés par les intrigues internes et les jeux malsains du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement.
Dans une villa d’Aquitania, perdue au milieu des forêts, vit Thya, seize ans, fille du général romain Gnaeus Sertor. À cinq ans, elle a manifesté pour la première fois des dons de devin. Mais dans l’Empire chrétien, il ne fait plus bon être oracle et, à cause de ce secret qu’elle doit garder, Thya est devenue une adolescente solitaire, à l’avenir incertain.
Lors d’une des visites en Aquitania, Gnaeus tombe sous les coups d’assassins à la solde de son fils Aedon qui souhaite s’emparer de son siège au sénat. Il est ramené à la villa entre la vie et la mort, et Thya cherche dans ses visions un moyen de le sauver. Son don lui permet d’apercevoir la forteresse de Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a obtenu sa plus grande victoire contre les Vandales. Elle comprend alors qu’elle doit s’y rendre et s’enfuit dans la nuit.
Sa route sera pavée de rencontres, Enoch, un jeune et séduisant barbare, ou encore un faune, un être surnaturel issu du monde païen, et Thya va évoluer et découvrir un monde en mutation qui n’est pas exactement celui que lui décrivait son père…
Thya
Estelle Faye 2014

Merci à Livraddict et aux Éditions Scrinéo.

Je vais commencer par la couverture, car c’est elle qui m’a avant tout tapé dans l’œil ! Ne trouvez-vous pas qu’elle est magnifique ? J’ai beaucoup aimé le stylisme autour des cheveux de Thya, et la toge romaine qui met tout de suite dans l’ambiance quant au contenu du livre. J’ai craqué en voyant cette couverture et je n’ai lu le résumé que d’un œil très rapide, presque en diagonale. Je savais juste que cela changerait de mes lectures habituelles. Et je n’avais pas tort.

Pour changer, ça m’a changé ! Déjà, c’est la première fois que je lis un roman qui se passe dans le monde romain. Des oracles, des devins, des maisons romaines, des patriciens… Tout cela m’a rappelé mes cours de latin, et ce n’était pas pour mon déplaisir. J’ai vraiment eu l’impression d’être en train de lire une histoire originale de cette période, tant les détails de la vie romaine sont bien respectés, tels que je m’en souviens de mes leçons. Une vraie réussite.

Là où j’ai été surprise, c’est sur le côté gaulois de l’histoire, lorsque le surnaturel se mêle à la vie de tous les jours. Quand j’ai vu apparaître le faune ou les dieux païens dans ma lecture, je me suis demandé où je me trouvais ! J’aurais dû lire le résumé plus attentivement ! Mais j’ai adoré ce décalage et cette opposition entre le paganisme et la chrétienté.

Je ne sais pas si toutes les références historiques sont vraies, mais cela se lit tellement bien que l’on se prête au jeu et que l’on prend pour argent comptant tout ce que nous raconte Estelle Faye. Un délice. Car il faut tout de même dire qu’elle a un style réellement prenant et dynamique. Dès les premières pages, je me suis sentie tirée dans l’ouvrage et je me suis mise à tourner les pages de manière frénétique. L’histoire était vraiment captivante.

Les personnages sont sympathiques, même si Thya est un peu une tête à claques parfois. Mais on lui pardonne, la pauvre, vu tout ce qui lui arrive ! En plus, elle apprend à évoluer dans un monde qu’elle découvre, alors on a tendance à vouloir l’encourager. Ce n’est pas comme Enoch, qui lui s’amuse un petit peu trop à ses dépens. Mais on l’apprécie quand même, ce jeune homme… Surtout quand on voit son évolution !

Je mettrais un petit bémol toutefois sur ce livre – eh oui, il y en a un ! Ce tome enclenche bon nombre d’intrigues parallèles à l’intrigue principale, et pas une seule n’est terminée ici. À la fin de ma lecture, tout est en suspens, et nous n’avons que très peu de réponses quant aux questions posées concernant l’histoire de Thya. On n’entend plus parler de certains personnages au bout d’un moment, et on s’imagine qu’on les retrouvera dans d’autres tomes ; d’autres sont séparés, et on ignore comment ils se retrouveront, que va-t-il arriver à Thya, à son père ?… De plus, les derniers chapitres de ce livre sont somme toute assez fouillis, car l’autrice veut nous révéler certaines choses mais sans tout révéler… J’ai trouvé ça un petit peu maladroit.

Je ressors donc de cette lecture ravie, car j’ai adoré ce premier tome par son côté frais et original, mais aussi frustrée, car le côté « tome 1 » n’est pas du tout subtil et nous donne l’envie de lire la suite immédiatement. Sauf que la suite n’est pas parue… Alors, je vais devoir trouver un moyen de survivre à mon attente…

Enoch »

vendredi 10 octobre 2014

Les contaminés

Vous êtes jeune, adepte de sensations fortes et avez toujours rêvé d’une aventure à vous couper le souffle ? Bienvenue dans le nouveau jeu de téléréalité le plus stupéfiant de l’année. Débarqué sur l’oasis paradisiaque d’Isla Grande, vous pourrez profiter à souhait de sa végétation luxuriante et de ses paysages merveilleux en dormant à la belle étoile. Trois maîtres du jeu seront là pour vous accueillir et s’assurer que vous soyez mis dans le bain dès le départ. Deux équipes s’affronteront, la vôtre et celle des résidents de l’île… Attention, ici, tout est vrai ! Dans ce jeu, aucun artifice n’est utilisé, et nos caméras restent allumées 24 h sur 24 pour ne pas risquer de perdre un seul instant.
Les contaminés
Yves-Marie Clément - 2014

Merci aux Éditions Scrinéo et à Livraddict.

En lisant le résumé, je me suis fait une joie immense de lire ce roman. Le résumé est extrêmement accrocheur, mystérieux. Je me suis imaginé que j’allais être au plus proche des participants, que je découvrirai peu à peu avec eux les mystères de cette île et les mystères du « jeu » dans lequel ils se retrouveraient. Je m’imaginais un monde dystopique avec des horreurs et un complot extraordinaire que les joueurs devraient déjouer. Mais je n’ai rien eu de tout cela…

Dès les premiers chapitres, le ton est donné. Nous savons qui est l’ennemi, nous savons quelle est la particularité de l’île, nous savons pourquoi les participants ont été recrutés. Aucun mystère n’entoure ces événements, et c’est bien dommage. Je pense qu’il y avait vraiment matière ici à nous faire frissonner, à nous faire imaginer les pires horreurs, sans tout nous dévoiler dès le départ. En somme, l’idée est bonne, mais très mal amenée. Je me suis même demandé si un petit secret était caché, dans les recoins de la fin du roman et, bien que je me sois délectée de l’explication du professeur, je trouve que cela ne vaut pas un petit complot qui me créerait une petite crise d’hypertension.

De même, en ce qui concerne les personnages. Ils sont sympathiques, certes, mais pas vraiment recherchés… Laalia et Bambou, les seules filles du groupe de quatre, semblent être les seules qui ont un minimum de personnalité, les garçons attendant et regardant les filles s’activer pour les sauver.

Je ne me suis pas sentie proche des personnages, et je n’ai pas eu peur pour eux. Pourtant, il y avait de quoi faire, notamment au niveau de Bambou, ou même Laalia. J’ai bien cru à un moment que Laalia allait rejoindre le camp adverse, mais non… Même pas un gros retournement de situation qui aurait pu permettre de donner un peu de tonus à l’histoire. Quant aux méchants, même pas peur ! Les Maîtres du Jeu sont des guignols, mais remplissent bien leur rôle. Les autres, je n’en dirai pas plus. Ils remplissent aussi leur rôle, même s’ils auraient pu être bien plus effrayants.

En bref, c’était un roman dont j’attendais beaucoup. Le résumé m’avait réellement accrochée, et j’espérais vraiment vivre un moment de lecture terrifiant et original. Finalement, c’était un moment de lecture commun, pas détestable car on se laisse porter par les événements, mais pas incroyable non plus.

lundi 24 mars 2014

2097, mémoires de mon père

Le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existe plus : montée des eaux, épuisement des ressources, pollution généralisée, affaiblissement du Gulf Stream, surpopulation, effondrement des grandes Démocraties occidentales ont permis la toute puissance de groupes économiques internationaux.
Davos, 2097 – Dans une chambre d’hôtel visiblement luxueuse, un père écrit à son fils, ce seront ses dernières paroles : une confession intime, violente, dans un vieux cahier jauni. Il ne lui reste alors que douze heures à vivre ! Le puzzle prend forme sous nos yeux quand cet homme de quarante-sept ans se souvient… Chaque heure qui passe est un chapitre où les souvenirs s’emboîtent les uns aux autres pour former l’histoire d’une société devenue inhumaine, d’un héros tour à tour victime et bourreau, qui doit sa survie et sa perte… à un cœur hors du commun ! Ce même cœur réveillera en lui une véritable émotion intransigeante et une prise de conscience l’amenant inévitablement à une révolte qui changera le cours de l’histoire…
2097, mémoires de mon père
Jérôme Bezançon 2014

Merci aux Éditions Atria et Livraddict.

Je vais être honnête, je ne peux pas dire avoir apprécié. Ce roman m’a mise mal à l’aise, car il présente tous les mauvais côtés et les travers de l’être humain, sans non-dit, sans exceptions. La violence y est omniprésente – j’ai versé des larmes face à cet enfant sacrifié –, le sexe y est brutal, la drogue y est nécessaire. Tout ce qui est décrit y est ignoble, horrible, inhumain.

Mais, bien sûr, il s’agit du but de Jérôme Bezançon. Du moins, c’est ce que je pense et ce que j’interprète. Nous montrer ce que la folie humaine est capable de faire, ce à quoi l’on pourrait arriver si nos gouvernements ne se reprennent pas. Quoi de mieux que de mettre l’être humain devant son futur ? Pour cette partie, c’est réussi. Je suis écœurée, ça a donc bien fonctionné.

De même, pour le style et l’intrigue, bravo. J’ai vraiment eu l’impression d’avoir affaire à un témoignage d’une personne vivant dans ce monde de dépravation. J’ai détesté cet homme pour ce qu’il a fait, et j’ai eu pitié pour ce qu’il a dû endurer. Mais je ne l’ai pas admiré, bien que je conçoive qu’il n’ait pas eu le choix.

Mais j’avoue que, au milieu de tout ce « grand n’importe quoi » que sera notre potentiel futur, je me suis retrouvée perdue. Je n’ai pas tout compris à ce monde-là, car Pierre – le grand-père, celui dont on lit les mémoires – n’est pas très explicite. Bien sûr, c’est normal, il s’agit de mémoires, et son fils Gabriel vivant lui aussi dans ce monde doit déjà en connaître les tenants et aboutissants.

Mais pour s’y retrouver, ce n’était pas très facile. Heureusement, le monologue de fin nous aide un peu, mais c’était un peu tard pour nous éclairer. En effet, dans ce flou complet, certaines scènes me paraissent bizarres car elles n’ont pas d’explications : pourquoi la mer monte-t-elle au début du roman, par exemple… Une conséquence du réchauffement climatique, peut-être ? Pourquoi ne pas l’avoir étayée ?

Voilà, je ne vais pas mentir, je déteste être mal à l’aise lors de mes lectures. Quand je lis un roman, j’aime rêver et sortir de mon quotidien et, là, ce monde était plutôt un cauchemar ! Mais j’en comprends tout à fait le message et j’adhère complètement à la pensée de l’auteur, même si cela m’a un peu perturbée.

jeudi 20 mars 2014

Peaux de pierre

Après avoir reçu un mystérieux coup de téléphone, un riche trader de Yumington voit sa peau se changer en pierre. Il meurt peu après l’arrivée de Garibor Coont sur les lieux. Bientôt, un autre trader est victime de cette même maladie. Coont va devoir résoudre ce mystère avant que cette épidémie ne se propage dans Yumington. Coont découvre qu’il n’est pas tout à fait étranger à cette série de crimes.
Peaux de pierre (Le rêve Oméga T2)
Jeff Balek - 2014

Merci à Livraddict et aux Éditions Bragelonne.

Je suis enchantée d’avoir découvert cette saga. Le premier tome m’avait un peu bluffée, car je ne m’attendais pas à un tel style et à une telle histoire. Et le second tome, bien qu’il soit exactement dans la continuité du premier, m’a tout autant plu.

L’histoire évolue, et les mystères commencent à affluer. Coont semble ne pas être le quidam de base. Il apparaît bien plus intrigant que cela, et les questions commencent à arriver à son propos. Smith 2, lui aussi, semble ne pas être le type froid et distant qu’il paraît. Il a visiblement un passif qu’il nous faudra découvrir. Alors, évidemment, je note ici la facilité qu’a Jeff Balek de nous donner un peu plus de profondeur dans son histoire et ses personnages, malgré le peu de pages que comporte cet ouvrage.

Encore une fois, j’ai tourné les pages à une vitesse folle et je me suis régalée des dialogues, même si je les ai trouvés un peu moins caustiques que dans le précédent tome. Ils étaient ici plutôt francs. J’ai pleuré de rire plus d’une fois lors de certaines répliques, tellement je les ai trouvées surréalistes.

Bref, j’ai apprécié ce tome autant que le premier, et j’adore cette saga !

Abysses hallucinées »

vendredi 14 mars 2014

Bienvenue dans l’enfer de la peur

À la mort de son grand-père archéologue, Sophia, une collégienne de 4e, hérite d’une amulette égyptienne représentant deux mains enlacées : l’une évoquant la « Voie de la main droite », et la seconde la « Voie de la main gauche ». Quand elle passe un des anneaux à son doigt, un nouveau monde s’ouvre à elle, des plus fascinants, alors que le second anneau prend possession d’un de ses camarades de classe, Léonard, semblant le rendre de plus en plus maléfique. Garçon solitaire, complexé et maltraité par les jeunes de son quartier, il n’aura désormais de cesse que Sophia lui remette le second anneau car réunis, ils lui permettront ni plus ni moins de devenir le Maître du monde ! Mais il ne peut obtenir l’anneau que si Sophia le lui cède. Pour la faire craquer, sa stratégie est simple et tient en une formule : « Bienvenue dans l’enfer de la peur… » Mais souvent, dans les histoires de malices et de maléfices, le retour de flammes peut-être redoutable…
Bienvenue dans l’enfer de la peur
Arthur Ténor 2014

Merci à Livraddict et aux Éditions Scrinéo Jeunesse.

Évidemment, dire que je n’ai pas aimé ce roman serait un vilain mensonge. Je l’ai commencé hier soir, et il est déjà terminé. Vu la vitesse à laquelle je l’ai dévoré, c’est forcément qu’il m’a plu. Un petit roman d’horreur qui m’a bien fait rire et sourire !

Je sais, c’est paradoxal ! Mais oui, en tant qu’adulte, j’ai plus souri que frissonné, car le public visé est plutôt « jeunesse ». Du coup, l’écriture est fluide, dans un registre de langue simple et sans chichi, et on ne trouvera aucune description ou longueur dans ce roman. Non, ici, Arthur Ténor va droit au but, raconte sa petite histoire, avec suffisamment de détails pour étoffer son propos, mais sans aller plus loin, malgré le fait que j’en aurais voulu un peu plus. J’aurais souhaité que l’auteur aille un peu plus loin dans le cauchemar et dans l’enfer de la peur, pour cibler un plus grand panel de lecteur, moi y compris…

Je n’ai évidemment pas eu peur, car il m’en faut beaucoup plus. Mais si je me mets deux secondes dans la tête d’un enfant ou d’un très jeune adolescent, je pense que certaines scènes les feront sans nul doute frissonner. Enfin, s’ils veulent bien l’avouer, ce qui est une tout autre histoire ! Les araignées, les spectres et esprits venant attaquer la petite Sophia sous les ordres de Léonard sont des éléments qui m’auraient fait peur étant plus jeune.

Cette histoire d’horreur est donc je pense une bonne réussite pour les plus jeunes, et pour les initier à ce genre. Si cela leur plaît, ils n’auront plus qu’à s’attaquer plus tard à Stephen King !

« Ils n’auraient jamais dû revenir dans cette maison
Vous allez adorer cette croisière sanglante »

jeudi 6 février 2014

Juste après

Deux enfants menacés, une mère capable de tout pour les sauver… Même de l’impossible.
Par une après-midi de juillet, un inconnu met le feu à une école en pleines festivités. Grace se précipite dans le bâtiment : sa fille Jenny est seule à l’intérieur. Mais toutes deux sont grièvement blessées…
Qui a pu commettre un tel acte ? Pourquoi ? C’est ce que Grace veut comprendre. Et si sa fille était visée ? Et si son petit garçon était lui aussi en danger ? Portée par la force de son amour maternel, Grace ira au-delà de toute limite pour les protéger…
Afterwards
Rosamund Lupton 2011

Merci à Livraddict et aux Éditions JC Lattès.

Magnifique, ce roman l’est. Mais il est aussi beaucoup plus que ça : bouleversant, terrible, poignant. Juste après cet incendie, une mère et sa fille sont aux soins intensifs. En tout cas, leur corps y est. Leur esprit, lui, est ailleurs. Elles sont ensemble, se parlent et observent leur famille tentant de comprendre ce qui a bien pu se produire, qui est responsable de cet incendie. Et les secrets commencent à être révélés. Les personnages apparaissent, un par un, avec leur lot de mystère, les interactions entre chacun sont finalement mises à jour, la beauté intérieure des uns est mise en lumière, la laideur d’autres apparaît. Jusqu’à l’effroyable vérité.

Ce roman m’a laissée dans un sentiment de plénitude tout au long de ma lecture. Pendant cette enquête, les émotions étaient toujours très fortes et toujours très présentes. J’ai pu suivre les personnages, m’interroger, observer les incompréhensions et les révélations faites sur chacun. Le dosage de chaque événement était parfaitement calibré.

Les rouages de l’enquête ont fait leur œuvre, l’on en vient à suspecter tout le monde, et à innocenter tout le monde juste après, car « non, ce n’est pas possible, cette personne ne peut être sans cœur à ce point ?! ». Jusqu’à ce que tout prenne son sens. Et jusqu’à ce que la fin vienne nous heurter avec une telle force que l’on ressort de ce roman bouleversée, les larmes aux yeux devant tant de cruauté, d’horreur, de beauté et d’amour.

Si vous passez devant ce roman en librairie, arrêtez-vous, tendez le bras et prenez-le. Vous ne le regretterez pas !

vendredi 24 janvier 2014

Souvenirs mortels

Yumington, 2075.
Garibor Coont est un ouvrier disséqueur. Son métier : extraire les organes des morts afin de les préparer à la transplantation. Si son quotidien est banal, ses hobbies le sont bien moins : Coont a la capacité extraordinaire de décoder les mémoires d’Heisenberg, les implants mentaux dont est équipé l’essentiel de la population de Yumington. Un don qui va attirer l’attention de l’Organisation, une société secrète dont l’objectif est de résoudre des crimes aussi technologiques que mystérieux.
Sous la contrainte, Coont devra enquêter sur la propagation d’un virus mental et mortel qui dévore les souvenirs de ses victimes. Et ce qu’il apprendra l’amènera à remettre en cause sa propre identité.
Souvenirs mortels
Jeff Balek 2014

Merci à Livraddict et aux Éditions Bragelonne.

L’univers de ce roman est original et agréablement entraînant. Même si j’avoue que le début de l’histoire m’a amenée à me demander ce que je faisais à lire ce roman, qui m’a paru bizarre au premier abord. Des informations sont arrivées d’un peu partout, sur un style assez direct, sans fioritures, franc. De quoi être désarçonnée.

L’histoire se met donc en place de manière un peu fragmentée et, étonnamment, il n’y a pas à réfléchir pour que toutes les briques se mettent en place. Le style de Jeff Balek est tel que l’on se laisse porter. Les explications sont claires et précises. On sait ce que l’on doit savoir quand il le faut, le reste attendra. Le monde présenté est incroyable, la mise en place rapide.

Un mot sur le style. Il n’y a pas de descriptions. Les faits et événements sont décrits petit à petit au travers de très courts chapitres nous présentant un élément à la fois. Souvent, les dialogues accélèrent encore plus le rythme, tout en y mêlant sarcasmes et répliques caustiques, de sorte que j’ai terminé ce roman plus vite qu’il ne m’aura fallu de temps pour me rendre compte que je l’avais commencé.

J’ai adhéré à 100 %. J’aime tout… le style, l’écriture, l’humour décalé qui m’a presque donné l’impression d’une parodie, ou même d’une sitcom à certains moments, tellement les dialogues étaient hallucinants ! L’histoire quant à elle est prenante, intrigante et tellement inquiétante, même si rapide et brève ! Bref, je me lance dans la suite tout de suite !

lundi 2 septembre 2013

Lancelot

Et si les événements de l’Histoire n’étaient que les conséquences d’une partie de cartes… Au poker, être un bon joueur c’est bien… être télépathe c’est mieux.
Quand Jonathan Coste, étudiant sans le sou et passionné de texas holdem, découvre son étrange don, il se dit que c’est une aubaine qui va faire de lui une légende du plus célèbre jeu de cartes. Hélas, « ceux » qui sont responsables de cette providence ont, pour lui, d’autres ambitions bien plus dangereuses que de rester assis à une table de jeu. Miguel El Cuino Vidal, quant à lui, est un trentenaire hédoniste qui vient d’hériter de son père d’un empire de plusieurs milliards d’euros. Il se félicite d’être le riche le plus incompétent de l’Histoire, domaine où la concurrence est rude. Les secrets de famille vont très vite le rattraper et l’empêcher de profiter de sa nouvelle fortune. Il va, bien malgré lui, prendre la place qui lui revient dans le Grand Jeu.
Lancelot
Dimitri Loose 2013

Merci à Livraddict et Dimitri Loose.

Cette chronique est très dure à rédiger vis-à-vis de ce partenariat, car mon avis sur le roman est vraiment mitigé. En effet, j’ai à la fois adoré et détesté ce roman. Deux extrêmes, d’ailleurs les mots employés sont aussi extrêmes, mais c’est pour bien montrer le contraste des sentiments que m’a provoqués ce roman.

Je n’ai pas aimé à cause de quelques longueurs… C’est la première fois que des paragraphes d’un livre m’ennuient au point que je me mette à lire en diagonale. Pas parce qu’ils sont inintéressants, mais parce qu’ils ralentissaient trop l’histoire à mon goût. J’ai eu quelques passages, comme ça, où je tournais les pages, et je soufflais, car j’attendais qu’il y ait un petit rebond, un petit quelque chose qui relancerait l’histoire. Cela manquait de dynamisme, de vivacité.

Et le paradoxe, c’est que j’ai adoré l’histoire en elle-même. Le mélange des genres et le côté mystique de ce livre sont vraiment ses points forts, car c’est ce qui fait l’originalité de ce roman. J’ai eu grand plaisir à découvrir ce monde assez étrange et fascinant, ce Jeu qui met en opposition des personnages au caractère fort. Découvrir en quoi consiste le principe de ce Jeu, découvrir leur numéro, et observer quel sera leur rôle dans l’histoire, et tout ce qu’ils devront accomplir pour « gagner ».

En bref, même si j’ai eu des moments d’ennui, il y a aussi d’excellentes choses dans ce livre. Et je pense que je me lancerai dans la suite pour connaître le fin mot de l’histoire et savoir ce qu’il arrivera aux personnages, dont certains se trouvent quand même en très fâcheuse position à la fin !