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mercredi 10 novembre 2021

Mirrorland

Cat est partie s’installer à Los Angeles, loin de sa ville natale d’Édimbourg, et de sa sœur jumelle, El, dont elle est sans nouvelles depuis de longues années. La première partie de sa vie semble effacée de sa mémoire. Mais le jour où elle apprend la disparition inquiétante de sa sœur, elle décide de rentrer en Écosse.
La police locale l’attend en effet pour l’interroger. Peu après son arrivée, des messages apparaissent en divers endroits de la maison, tels des indices dans une chasse au trésor. Tous font référence à Mirrorland, le pays imaginaire que les deux sœurs s’étaient inventé dans leur enfance, à la fois terrain de jeu et refuge personnel.
Qui sème ces indices ? Qu’est-il véritablement arrivé à El ? Cat comprend alors qu’elle devra déverrouiller sa mémoire pour comprendre le présent.
Mirrorland
Carole Johnstone 2021

Merci à Babelio et aux Éditions Fleuve.

Ce livre est une tuerie. Je dois avouer que le résumé m’avait bien emballée. Ces sœurs jumelles qui ne s’étaient pas vues depuis douze ans, dont l’une a disparu et l’autre revient sur ses traces. Ce monde qu’elles s’étaient inventé étant enfants. Pourquoi ? Pour fuir quoi ? Ce Mirrorland, qui fait écho aux sœurs miroir. Tout un tas de petits détails qui m’ont complètement happée et que je voulais découvrir.

Le début de ma lecture fut pourtant laborieux. Carole Johnstone a décidé de nous perdre dès le début, en passant du présent au passé, du maintenant aux souvenirs. Ce n’est pas une maladresse, loin de là. Je pense qu’elle cherchait un côté flou, un peu comme si se mêlaient les deux temps, de sorte à nous faire mieux plonger dans son récit. Chez moi, ce genre de chose, cela crée surtout de la confusion, car je dois m’y habituer. Mais c’était la chose à faire, car cette histoire est trop particulière pour la conter de manière classique.

Passée cette présentation tout à fait floue et perturbante (pour moi), j’étais dans l’histoire à fond, car j’ai tout aimé : le nœud de l’intrigue, la disparition, les questions que l’on se pose sur le sort d’El, les personnages tous si bien pensés et inquiétants pour certains… j’ai aimé qu’on ne comprenne tout qu’à la fin, sur les dernières pages, j’ai aimé qu’on ait tout sous les yeux mais qu’on n’ait finalement rien compris, j’ai aimé qu’un des personnages ait toujours dit ce qu’il pensait, qu’il avait raison et que personne ne le croyait. D’ailleurs, en y repensant, deux disaient la vérité. Et d’autres. Bref.

Et surtout, surtout, j’ai aimé les relations entre les personnages. Ces relations ambiguës qui créaient de la distance, des rapprochements, de la haine à l’amour, une ligne tellement ténue. J’ai adoré l’histoire d’El et Cat, ces jumelles si surprenantes, si liées et pourtant si éloignées. J’ai aimé l’évolution de cette relation au fur et à mesure de ces pages, et cette réconciliation à distance, si belle et si sereine (malgré l’horreur des événements).

J’ai tout aimé dans ce texte, lisez-le !

dimanche 10 octobre 2021

Au fin fond de la petite Sibérie

Ce qui tombe du ciel n’est pas toujours providentiel…
Le pilote de rallye Tarvainen parcourt les friches enneigées du nord de la Finlande avec trop d’alcool dans le sang et des pensées suicidaires dans la tête, lorsque soudain le ciel explose, et quelque chose s’écrase sur le siège passager. Ce quelque chose se révèle une météorite extrêmement précieuse, en tout cas selon les habitants du village de Hurmevaara.
Le trésor est temporairement exposé au musée de la ville, sous la garde du pasteur Joel, qui en tant qu’ancien militaire n’est pas complètement inexpérimenté au combat. Chose utile, car le crime organisé a déjà eu vent de ce nouveau « bijou » qui vaudrait quelques millions…
Sauf que Joel a bien d’autres problèmes. Sa femme est enceinte, malheureusement pas de lui. Et pendant qu’il se bat contre des criminels professionnels et autres chasseurs de trésors, il se demande surtout ce que le Tout-Puissant a prévu pour son humble serviteur…
Pikku Siperia
Antti Tuomainen 2018

Merci aux Éditions Fleuve et à Babelio.

Je ne connaissais pas du tout Antti Tuomainen, mais j’en avais entendu du bien, alors je me suis dit que j’allais un jour tenter de le lire. Et puis, cette opportunité de découvrir ce titre est arrivée, alors j’ai foncé. Et je ne regrette pas, car j’ai beaucoup aimé.

D’abord, je dirais que je suis bête. Je pensais que ce livre serait un thriller, mais en fait il s’agit plutôt d’un mélange entre roman noir et thriller, un peu comme si l’auteur avait picoré un peu des deux côtés pour nous offrir ce résultat succulent à souhait : le personnage principal a vraiment du souci à se faire. Entre sa blessure deux ans auparavant qui lui a laissé des séquelles, l’annonce de sa femme, et l’histoire dans laquelle il se retrouve empêtrée actuellement, il y a de quoi devenir fou !

Mais Joel – c’est son nom – n’est pas qu’un petit pasteur d’un village dont je ne saurais retranscrire le nom (je ne parle pas assez bien finnois pour réussir à retenir les villages de Finlande, sorry !), et il en a sous le capot car c’est un ancien militaire. Les méchants n’ont qu’à bien se tenir !

Dès les premières pages, j’étais dedans. Il faut dire que l’auteur sait nous mettre à l’aise et placer les péripéties quand il le faut. Le but est juste de nous rendre accro à son texte, et chez moi ça a marché à la perfection. Je voulais savoir comment la situation allait évoluer à tout instant. Je ne suis pas déçue.

J’ai lu quelque part que ce texte était son meilleur… Mais je pense que je vais me faire ma propre opinion, car je compte bien relire cet auteur !

vendredi 10 janvier 2014

Témoin des morts

La mort, Judith la regarde en face. Son métier ? « Nettoyeuse » de scènes de crime ! Un choix qui s’est imposé à elle après un passé douloureux. Un jour, dans l’appartement d’une femme violemment assassinée, elle découvre un dossier à son nom, datant de son passage à l’orphelinat. Judith part en quête du mystère de ses origines, mais certains semblent prêts à tout pour l’empêcher de découvrir la vérité…
Témoin des morts
Elisabeth Herrmann - 2010

Merci à Mort-Sûre et aux Éditions Fleuve.

Je pourrais décomposer ce roman en trois parties : le début, la fin et… le « reste ». La fin, car elle m’a scotchée et a permis de donner tout son sens à ce complot politique présenté dans cette histoire. Mais je n’en dirai pas plus à ce sujet, il vous faudra lire ! Le début, pour son originalité et l’intérêt que j’ai pu y porter : imaginez-vous dans l’Allemagne à l’époque de la chute du Mur, lorsque le pays était divisé en deux, RFA et RDA. Imaginez-vous une très petite fille qui se retrouve sans parents, dans un foyer, et que l’on retrouve environ vingt ans plus tard, nettoyeuse de scènes de mort, et devant s’occuper de la scène de crime d’une femme qui se trouvait dans le même foyer qu’elle. Toutes les bases étaient là pour faire une bonne histoire.

L’ennui, c’est qu’il y a la troisième partie, le « reste ». Je suis française, et même si j’ai suivi des cours d’histoire/géographie et que je suis un peu familiarisée avec l’histoire de l’Allemagne, je n’en suis pas au point de connaître les noms (et surtout diminutifs) de leurs institutions, et j’ai donc été embarquée dans un monde politique que je ne connais absolument pas. En soit, ce n’est pas trop un problème car, après tout, je peux apprendre. Mais il y avait beaucoup trop de détails pour que je m’y retrouve. Je me suis noyée assez rapidement, à retourner en arrière pour comprendre les termes de Stasi, de BND… Et dans ce trop de détails géopolitiques, j’en ai eu trop peu sur l’histoire même de Judith : Elisabeth Herrmann passe trop rapidement sur les faits concernant le meurtre. Comment Judith a-t-elle compris que Borg était dans le même foyer ? Comment diable Quirin s’est-il retrouvé sur le même ferry que Judith alors que dans la scène précédente il discutait avec un autre personnage ?

Je comprends que le fil rouge soit politique, mais j’avoue qu’il y avait un décalage au niveau de la quantité d’informations données à ce niveau, et cela m’a vraiment ennuyée. Je me suis retournée parfois à tourner les pages et à espérer qu’il y ait un peu plus d’actions dans tout ce fouillis d’informations. Heureusement que la fin m’a surprise ! Un avis donc un peu mitigé, car je pense que le côté politique ne me convient pas trop. Objectivement, je pense que ce roman est très bon et qu’il plaira aux fans de thrillers géopolitiques et à toute personne familiarisée avec les institutions et l’histoire allemandes.