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lundi 4 juillet 2022

Digital way of life

Serons-nous l’esclave de notre assistante de vie connectée ?
Nos traces sur le Net constitueront-elles des preuves à charge ?
La parole et la pensée deviendront-elles pathologiques à l’heure de la communication concise et fonctionnelle ?
Qu’arrivera-t-il si les algorithmes des moteurs de recherche effaçaient des pans entiers de notre mémoire collective ?
Autant de questions, parmi d’autres, qu’Estelle Tharreau soulève dans Digital Way of Life, ce nouvel « art » de vivre numérique qui place l’homme face au progrès et à ses dérives.
Digital way of life
Estelle Tharreau 2022

Merci aux Éditions Taurnada.

J’adore Estelle Tharreau et ses histoires. Bon, vous devez déjà le savoir vu que j’ai tout lu (ou presque ?) de cette autrice de talent, et il se trouve que j’ai également déjà parcouru quatre des nouvelles qui se trouvent dans ce recueil. Du coup, c’est difficile de chroniquer ce recueil car j’ai l’impression d’avoir déjà tellement répandu ma joie sur ce blog que je me demande ce que je vais bien pouvoir ajouter…

Car, dans Pathologique, Virtualité réelle, Aveuglement amoureux et Inhumains, j’avais déjà été tellement choquée. Eh bien, sachez que l’autrice a su faire pire dans les autres nouvelles inédites de ce recueil… et je n’en revenais pas tellement c’était bon. Pour tout vous dire, j’ai englouti le recueil dans les vingt-quatre heures qui ont suivi sa réception, et à la fin j’étais morte, terrifiée, abattue, effrayée, abasourdie. Oui, ben, on en arrive quand même à l’extinction de l’espèce humaine telle qu’on la connaît avec toutes ces nouvelles toutes plus folles les unes que les autres, alors, forcément… on ne peut pas y être indifférent.

Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir en vous donnant les thématiques des nouvelles inédites du texte, alors je pense ne pas les chroniquer chacune comme je l’avais fait pour les précédentes. Vous avez déjà un aperçu concernant quatre d’entre elles. Sachez que les autres ne peuvent pas vous décevoir. J’ai adoré et j’espère un autre recueil du même genre… qui sait ?

vendredi 8 octobre 2021

Les eaux noires

Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés.
L’assassin restant introuvable, à l’abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage… Les révélations d’un corbeau, la détresse d’une mère et le cynisme d’un flic alimenteront l’engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine.
Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?
Les eaux noires
Estelle Tharreau 2021

Merci aux Éditions Taurnada.

Quel plaisir de retrouver à nouveau Estelle Tharreau. Comme toujours, je sais que je vais passer un excellent moment en la compagnie de ses personnages, et que je vais frissonner un peu. Alors, cette fois, ce fut un peu différent. J’ai toujours en tête Mon ombre assassine ou La peine du bourreau, qui m’avaient subjuguée et réellement marquée, et je trouvais difficile de faire aussi bien. On est ici un cran en dessous, mais j’ai quand même bien aimé.

Dans cette histoire, on suit essentiellement Joséfa, dont la fille a été tuée. J’ai adoré découvrir son cheminement de pensée, sa façon d’appréhender les choses, de voir son évolution et son deuil quant à sa fille. Elle doit évoluer malgré sa douleur et malgré le regard des autres, qui est de plus en plus effroyable au fur et à mesure des pages. J’ai d’ailleurs été troublée de voir à quel point ils étaient durs avec Jo.

Les personnages ainsi que l’histoire étaient passionnants. On n’avait pas spécialement de suspense, juste des petites références en avant pour nous créer de l’attente, de l’envie d’en savoir plus, et le seul mystère entourait le meurtrier, dont je n’ai pas vu venir l’identité… même si, au final, tout est très logique.

Alors, bien sûr, je n’ai pas eu de sueurs froides, mais ce texte m’a emballée du début à la fin. Je l’ai parcouru en un rien de temps, et j’aurais aimé qu’il fasse bien deux cents ou trois cents pages de plus, histoire de rester un peu plus dans cet univers effroyable, malgré les personnages monstrueux qui y habitent.

Vivement le prochain texte de l’autrice !

dimanche 4 octobre 2020

La peine du bourreau

McCoy est « bourreau » au Texas. Après quarante-deux ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451.
Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l’injection létale.
Quatre heures dans l’isolement de la prison de Walls.
Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions.
Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy.
Quatre heures pour jouer le sort d’un homme.
La peine du bourreau
Estelle Tharreau 2020

Merci aux Éditions Taurnada.

J’ai a-do-ré ce texte. Bon, forcément, c’est un Estelle Tharreau, et j’ai toujours eu un petit faible pour ses romans, que je trouve pleins de suspense et d’originalité. Un jour, elle nous fait un thriller classique ; la fois suivante, elle se met dans la peau d’une tueuse en série… Et aujourd’hui, elle ose nous emmener dans le couloir de la mort.

Alors, ironie du sort, je voulais me lancer dans un titre sur le même thème (que je n’ai pas encore lu et qui devrait être dévoré sous peu), alors cette lecture est super bien tombée. Car ici, nous avons une discussion gouverneur/bourreau durant quatre heures avant la mise à mort d’Ed 0451. Le décompte du temps est terrifiant et ponctue parfaitement le récit, nous donnant envie d’avancer toujours plus vite tout en redoutant la finalité de ce texte… Car on parle d’une exécution, quand même.

Eh bien, j’ai été touchée par le récit énoncé. Parfois, la frontière entre ce qui est bien ou mal moralement est très fine, et j’avoue que l’autrice sait très bien nous faire ressentir des choses qu’on ne devrait pas ressentir… ou si, justement… Bref, elle m’a remué le cerveau, pour mon plus grand plaisir. Et pas seulement pendant ma lecture : également après.

Car il y a une révélation finale, que je n’ai pas vue venir et qui m’a fait criser : Quoi ? Sérieux ? Hein ? Euh, je suis sûre d’avoir bien lu là ? J’ai bien compris ? Je ne me trompe pas ? C’est pas possible, il y avait ça et… Ah non, après vérification, non… Et puis, ah oui, mince !… Tant d’indices que je n’ai pas vus et qui auraient pourtant pu me mettre sur la voie. Et tout ça ne rend ce récit que plus cruel encore. Et tellement bon !

lundi 24 février 2020

Inhumains

« Les mains agrippées aux barreaux de sa cellule, le visage incrusté dans ces tubulures d’acier, il bascula cinq ans plus tôt. Le jour où la boule de feu avait emporté leurs visages. »
De cette explosion, Danny gardera une figure scarifiée après une greffe de visage. Quant à Paulin, il conservera un visage artificiel, parfait et inexpressif, suite à une implantation faciale nanotechnologique.
Deux anomalies. Deux monstres prêts à tout pour retrouver leur place dans la communauté des Hommes.
Inhumains
Estelle Tharreau 2019

Je continue mon exploration des nouvelles dystopiques d’Estelle Tharreau et, encore une fois, j’ai adoré. Cette fois-ci, c’est au tour de la chirurgie et au culte de la beauté parfaite d'être pointés du doigt. Cela fait froid dans le dos.

Si le début du texte nous fait plutôt frissonner comme à la lecture d’un thriller, on ne frissonne plus vraiment pour la même chose au fur et à mesure de l'avancée du texte. Les deux monstres montrent leur vrai visage (enfin, tout dépend de si l’on parle au littéral ou au figuré), et l’on s’attend à avoir une fin particulièrement terrible. Ce qui fut le cas.

Cette nouvelle se lit extrêmement vite et nous met très vite dans l’ambiance. J’avoue adorer ce genre de petits textes, qui font réfléchir sur notre société et sur les déviances que la technologie ou notre façon d’être peuvent créer. Vivement le prochain texte !

samedi 6 juillet 2019

Aveuglement amoureux

Avec le logiciel Justicia, plus de place à l’erreur et à la subjectivité. La justice est devenue une affaire d’algorithmes. Mais l’aveuglement amoureux est-il pris en compte par la formule mathématique décidant des circonstances atténuantes ? Qui pourra répondre à cette question que pose un juré refusant de valider sans comprendre le verdict d’une machine ?
Aveuglement amoureux
Estelle Tharreau 2019

Encore une super nouvelle d’Estelle Tharreau. Cette fois-ci, elle s’attaque à la justice. Enfin, plutôt à une justice très particulière qui fait voter les jurés sur un programme qui calcule tout pour simplifier la vie des juges. Bien sûr, on voit très vite les dérives du système, et l’on comprend que cela va partir en vrille… et pas qu’un peu !

J’ai adoré la chute de cette nouvelle. Bizarrement, tout le long, je m’y attendais, mais sans toutefois oser y croire. Alors, forcément, à la fin, j’étais à la fois ravie et horrifiée. J’ai apprécié le texte du début à la fin, et je me suis demandé à plusieurs reprises où l’autrice allait chercher tout ça… et aussi, pourquoi ne développe-t-elle pas plus ses histoires ? Car, oui, c’est divertissant… mais moi, j’en veux plus !

samedi 4 mai 2019

Virtualité réelle

« La liberté virtuelle est la clé d’une réalité apaisée », telle est la devise de la cité dans laquelle vivent Betty et Christopher. Comme tous les habitants, ils travaillent à programmer cette ville où la pollution et le crime ont disparu. La nuit, ils vivent dans le monde virtuel qu’ils se sont créé. Un monde exutoire où tout est possible, où tout est permis. Mais si, un jour, cette liberté virtuelle s’achevait brutalement…
Virtualité réelle
Estelle Tharreau 2019

Cette autrice a récidivé avec une petite nouvelle gratuite sur son univers dystopique complètement décalé ! Cette fois, on se retrouve dans un monde où chacun prône la réalité virtuelle… ou virtualité réelle, tout dépend du degré de dépendance des différents personnages. Encore une fois, j’ai été captivée par l’histoire mise en place, et je déplore tellement qu’Estelle Tharreau n’ait pas décidé de développer chacun de ses personnages : il y avait tellement à faire ! Bon, et puis je suis gourmande, aussi !

Cette fois, la dystopie rejoint le thriller… voire même l’horreur. La gradation est telle qu’on est apeuré, puis effrayé, et enfin terrorisé par ce qu’il va advenir des personnages. Tout au moins de ceux qui survivent… car forcément, cette dystopie devient apocalyptique. Mais je ne vous en dis pas plus : lisez !

samedi 2 mars 2019

Pathologique

Dans la Digital Way of Life, la communication doit être concise et fonctionnelle. Une simple visite pédiatrique peut entraîner un enfant dans une spirale infernale. C’est l’expérience que s’apprête à vivre Milo, âgé de deux ans, coupable d’aimer la parole, la pensée et les livres.
Pathologique
Estelle Tharreau 2019

Un petit mot sur cette courte nouvelle que nous offre Estelle Tharreau sur le site de son éditeur. Il s’agit d’une nouvelle issue d’un ensemble de petits textes dystopiques qu’elle a écrits en se basant sur des faits de la réalité qu’elle a imaginés dans le futur. Dans ce texte, on découvre ce qu’est l’hyperlexie.

Ce texte est magique. Il se passe dans un cabinet médical : une mère vient consulter pour son fils, à plusieurs moments de sa vie, et très vite on se rend compte qu’il y a un souci, que ce n’est pas le fils qui a un problème, mais plutôt tous les gens autour de lui. Il veut lire, connaît beaucoup de mots, à tel point que plus personne ne le comprend, et chacun veut le faire rentrer dans le moule.

Ce récit est complètement décalé et donne vraiment envie de découvrir plus de petits textes comme celui-ci. Basé sur l’ironie, il fait aussi comprendre que notre monde change, et pas forcément dans le meilleur sens. Il faut donc être bien vigilant à rester en dehors du moule décrit dans Pathologique.

vendredi 4 janvier 2019

Mon ombre assassine

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.
Mon ombre assassine
Estelle Tharreau 2019

Merci aux Éditions Taurnada.

Le meilleur Estelle Tharreau de tous les temps ! Vous avez dû vous en rendre compte en parcourant ce blog : j’adore cette autrice. Chacun de ses titres a ce petit quelque chose qui fait qu’on n’arrive pas à le poser, car on est embarqué dans une histoire qui nous perturbe ou nous plaît. Au choix. Et ce livre ne fait pas exception.

C’est un bijou ! Je l’ai commencé très tard un soir, en mode « Je ne lis qu’un chapitre, juste pour me mettre dans l’ambiance ». Tu parles ! Quand j’ai lâché le livre, il était encore plus tard, et j’en étais à 58 %. Impossible à lâcher, je vous avais prévenus !

L’histoire est extrêmement bien ficelée. Entre deux articles de presse ou interrogatoires, on découvre peu à peu la personnalité de Nadège, depuis sa cellule, qui nous explique comment elle en est arrivée là. Du coup, pour nous lecteurs, il n’y a pas de doute quant à sa culpabilité. D’ailleurs, elle nous explique chacun de ses meurtres avec beaucoup de détails. Mais à chaque article ou à chaque compte rendu d’interrogatoire, on se laisse espérer que les autres ne sauront pas ce qu’on sait, nous : car Nadège est touchante, et on a envie qu’elle s’en sorte.

Ne cherchez pas la morale ou l’éthique dans cette histoire. Il s’agit d’un de ces livres complètement décalés où l’on se trouve du côté du méchant. Ça fait du bien, ça change. Mais surtout, non surtout, on ne voudrait pas devenir comme elle. On est content de ne pas lui ressembler. Surtout pas. Mais oui, on l’écoute jusqu’au bout, on compatit, on en arrive même à s’énerver contre les personnages qui ne la laissent pas tranquille.

Bref, on vit ce récit à 100 %, et, ça, c’est du grand art ! Et là, tout de suite, je suis déçue d’avoir terminé si vite ma lecture, car j’en voudrais encore. Car c’était terrible, mais en même temps tellement bien. Merci à l’autrice de nous avoir offert cette histoire !

mardi 6 mars 2018

De la terre dans la bouche

Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s’aiment ou se détestent, même si les autres l’ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu’ils ont écrite au musée de la Chênaie.
Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d’un village martyr. Guerre. Occupation. Épuration.
Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé !
De la terre dans la bouche
Estelle Tharreau 2018

Merci à Taurnada Éditions.

J’adore Estelle Tharreau. Je prends du plaisir à lire chacun de ses livres depuis ses débuts. Entre Orages et L’impasse, j’avais eu droit à deux thrillers qui m’avaient permis de m’évader complètement dans des histoires aussi justes qu’intrigantes. Avec De la terre dans la bouche, je n’ai pas hésité. Il m’a suffit de lire le nom de l’autrice pour le vouloir.

Le titre ne me disait absolument pas ce que j’allais découvrir dans ce roman, et comme je n’avais pas lu le résumé, je suis partie dans cette histoire à l’aveugle. Et ça m’a fait du bien, car je ne m’attendais pas à ce que cette période de l’histoire soit abordée dans ce texte. Et pourtant, c’était bon, car l’autrice a décidé de la traiter sous son aspect caché : les non-dits de la Seconde Guerre mondiale. Honnêtement, j’ignore si tout est vrai car je ne suis pas une spécialiste de cette période (ni même d’aucune autre dans le passé), mais je vais partir du principe que oui, car c’est vraiment très réaliste, et la bibliographie à la fin de l’ouvrage laisse à penser que l’autrice s’est bien documentée.

C’est par le biais du décès de la grand-mère d’Elsa que cette dernière va se plonger dans le passé de sa mamie, nous entraînant avec elle pour découvrir un secret de famille bien gardé et toutes les horreurs qui se sont tramées pendant la guerre. L’intrigue est solide et l’enquête m’a captivée. J’ai suivi Elsa et Fred avec un grand plaisir, et j’ai beaucoup aimé la relation qu’ils ont établie au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire.

Ajoutons à tout cela un style très accrocheur et entraînant… et je peux dire que je suis toujours aussi fan de cette autrice. J’attends maintenant son prochain ouvrage avec une grande impatience et me demande ce qu’elle va bien pouvoir raconter cette fois !

mardi 14 février 2017

L’impasse

Au cœur de Chanzy, ville minière en plein déclin, trois femmes, deux hommes et un enfant se partagent une cour baptisée « l’Impasse ». Tous ne survivront pas à la haine qui les lie.
Revenu sur les lieux de son enfance, le policier David Bertal suivra, au fil des vengeances et des trahisons, le chemin qui le conduira à affronter les acteurs de son passé.
Mais, entre doutes et remords, parviendra-t-il à déchirer le voile noir qui entoure la vie et les secrets de ceux qu’il a aimés autrefois ?
L’impasse
Estelle Tharreau 2017

Avant tout, merci aux Éditions Taurnada de m’avoir permis de relire un nouveau texte d’Estelle Tharreau. J’avais tellement aimé Orages qu’il me fallait découvrir un autre texte de cette autrice !

Quel plaisir de retrouver la plume d’Estelle Tharreau. Je savais que j’allais passer un bon moment, et je ne me suis pas trompée. Le début commence avec une mise en place des personnages. Il y en a beaucoup, il faut l’admettre, et je me suis de temps en temps un peu mélangé les prénoms, mais au final, avec le contexte et l’histoire de chacun, on finit par s’y retrouver.

Chacun des personnages est très travaillé pour nous faire frissonner ou nous faire compatir. Leurs histoires personnelles sont tellement importantes qu’elles prennent le pas sur tout le reste. Mais bien évidemment, on ne sait pas tout. Petit à petit, on découvre que ce que l’on voyait en surface nous cachait bien des choses, que ce qu’on croyait au premier abord était bien plus complexe.

Et petit à petit, on rentre dans la vraie histoire des personnages, leur petit « Dallas » personnel, qui fait qu’un drame se produit, et qu’il y a derrière cette histoire des personnes en souffrance qui ont besoin de liberté. David aura à faire des choix, dans tout ça ! Et j’ai trouvé qu’il réagissait vraiment bien !

Comment vous parler de ce livre sans tout vous révéler ? Car si je dis quoi que ce soit, vous pourriez découvrir le pot aux roses, et ce n’est pas le but. Le but, c’est que vous le lisiez. Vite !

mardi 22 mars 2016

Orages

Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d’orage peuvent s’avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d’un passé enfoui depuis plus d’un siècle dans un cahier d’écolier jauni et écorné.
Orages
Estelle Tharreau 2016

Merci à Taurnada Éditions.

J’adore cette maison d’édition. À chaque nouveau livre, je me retrouve emballée car prise dans une histoire vraiment géniale. Cette fois n’a pas fait exception. Nous suivons les pas de la narratrice à mi-temps, Béatrice, qui emménage avec sa fille à Sauveur pour prendre la suite de l’ancienne comptable, décédée le jour suivant le suicide de sa fille. Oui, dit comme ça, on comprend tout de suite que sa nouvelle vie sera trépidante. Car deux morts en deux jours, faut le faire !

Le début commence doucement. On prend la température du village et de ses énergumènes qui se connaissent tous et qui semblent tous cacher des choses. Il y a des magouilles qui traînent, on les sent. Mais jamais de la vie je n’aurais pu comprendre de quoi il s’agissait, tant c’était énorme. L’auteur m’a vraiment bien baladée !

Le style est sympathique même si un peu perturbant sur la narration. Parfois Béatrice, la maman, est la narratrice et parle à la première personne ; d’autrefois, la narration est omnisciente et à la troisième personne, sans que l’on en soit informée par une indication scénique ou italique. On finit par s’y retrouver, mais la première fois j’ai été un peu étonnée.

Si j’ai déploré quelques problèmes de ponctuation (notamment de virgules mal placées), le texte reste néanmoins très fluide, et on lit le roman vite, très vite. Les dialogues donnent de la vie à ce texte et les descriptions sont vraiment sympathiques, nous permettant de vraiment nous immiscer dans l’histoire, pour la vivre avec les personnages. J’ai apprécié les secrets entre Maddie et Yann, j’ai détesté les Flairelle, et j’ai frissonné pour Celia et Béatrice à la fin du texte. Un peu triste que Celia ait été mise au second plan sur la fin du texte, mais finalement contente de la tournure des événements, car je ne m’y attendais pas.

En bref, une excellente lecture chez cet éditeur qui me surprend un peu plus à chaque fois. Les textes sont vraiment de qualité et je sais en lisant un Taurnada que je vais aimer. Orages est un bon texte, et si l’on frôle parfois le fantastique, sans jamais dépasser la limite, le côté terre-à-terre revient au galop et m’a permis de lire une histoire pas banale. J’espère qu’Estelle Tharreau écrira vite une nouvelle histoire !