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samedi 30 avril 2016

Le candidat

Mike arrive en finale d’un célèbre jeu télévisé. Il fonde tous ses espoirs dans le gain des 500 000 euros qui pourraient payer une opération chirurgicale à sa fille et aider financièrement ses parents. Malheureusement, il est manipulé par le présentateur et échoue à la toute dernière question. Suite à cet échec, toute sa vie s’effondre brutalement. Un an plus tard, l’équipe du jeu télévisé gagne le prix du meilleur audimat à Nice. Déterminé à se venger, Mike les enlève à la sortie de la cérémonie et les emmène dans un entrepôt isolé où il a préparé une reconstitution du jeu. Mais, cette fois-ci, les règles ont changé et sont diaboliques : en cas de mauvaise réponse, le présentateur kidnappé doit sacrifier un de ses coéquipiers. Pour survivre, les huit membres de la production vont devoir s’entredéchirer dans un huis clos impitoyable…
Le candidat
Jean-Luc Espinasse 2016

Merci à IS Édition.

Je vais tout vous dire sans plus attendre : j’ai adoré ce titre. Je l’ai dévoré en une après-midi et ce n’est pas uniquement parce qu’il est extrêmement court. Même si ce point aide quand même beaucoup, il faut savoir que ce roman est extrêmement addictif. Mike, le personnage principal, frustré d’avoir perdu à un jeu télévisé s’appelant Le candidat et, étant persuadé que les organisateurs l’ont fait perdre volontairement, décide de se venger en recréant sa propre version du jeu… et c’est une version légèrement… mortelle.

Dès les premières pages, nous suivons deux personnages principaux : Mike, l’instigateur de cette version édulcorée du Candidat, et GiGi, le présentateur du jeu, qui se retrouve candidat dans ce jeu sordide, au milieu de l’équipe du jeu, des pions que GiGi pourra sacrifier pour arriver au bout des séries de questions et ainsi gagner le jeu… et le droit de vivre. Nous suivons leurs pensées et appréhensions tout au long du récit et vivons cette histoire auprès des personnages. Les frissons seront au rendez-vous, car très vite Mike nous prouve qu’il compte bien aller au bout de ses idées. Cela promet des moments particulièrement intenses.

J’ai adoré la cruauté dont faisait preuve Mike et l’inventivité de l’auteur. Même si je me suis doutée de certaines choses, j’ai été embarquée très vite dans l’histoire, et je n’ai pas voulu la lâcher. Le rythme est rapide, voire parfois saccadé, de sorte que l’on ne puisse s’ennuyer, et que l’on s’oblige à tourner les pages de plus en plus rapidement. À un moment, je ne savais pas qui était le pire personnage : Mike, qui cherche à se venger pour des raisons que je juge, malgré tout, valables, ou GiGi, qui n’hésite pas à concocter sa stratégie pour sacrifier certains pions, quitte à refuser de laisser Mike les épargner.

Ce titre était très agréable à lire, et parfois je me demande si je ne suis pas une psychopathe, car j’ai adoré cette situation impossible, et je me demandais quelle nouvelle péripétie allait nous réserver Jean-Luc Espinasse à chaque page. Je regrette juste que l’histoire n’ait pas été plus approfondie. J’aurais bien profité de cette ambiance tendue sur plusieurs centaines de pages, pour frissonner et m’apitoyer un peu plus sur le sort des personnages. En effet, là, cela va un peu trop vite, et même si l’on ressent l’urgence de la situation, on n’a pas le temps de vraiment connaître les joueurs, et donc de réellement s’attacher à eux. Mais cela reste un très bon ouvrage !

vendredi 4 avril 2014

L’accident

Daniel Montvillard rentre de week-end avec sa femme et son fils lorsqu’un terrible accident, survenu dans de mystérieuses circonstances, brise sa vie.
Convaincu qu’un événement extérieur a provoqué le drame dont il est le seul survivant, il décide de tout faire pour retrouver le responsable.
Son enquête l’entraîne alors au cœur de la sombre forêt lozèrienne, dans l’univers inquiétant des romans de HP Lovecraft. Il y découvrira un secret terrifiant qui menace l’humanité tout entière, le faisant sombrer peu à peu dans la folie…
L’accident
Jean-Luc Espinasse 2014

Tout d’abord, je souhaite remercier Harald et IS Édition, pour cette nouvelle lecture très particulière.

C’est la deuxième fois que je me retrouve à parcourir un roman dont l’auteur clame s’inspirer directement de HP Lovecraft, et je dois vous avouer que je retrouve des similitudes avec le premier que j’ai lu. Étant donné que je ne connais pas grand-chose de cet auteur, ce doit être bon signe. Mais autant pour le premier texte je n’avais pas été emballée plus que cela, autant là je me dis, depuis que j’ai refermé le livre, que je devrais vraiment me procurer un écrit de Lovecraft.

Dans L’accident, Jean-Luc Espinasse nous a concocté une histoire entre réalité et fantastique, dont les frontières sont assez floues et où il faut démêler le vrai du faux. Les faux-semblants sont de mises, et l’on ne sait trop qui croire du début à la fin. C’est assez intrigant : on veut croire, mais on se dit que non, ce n’est pas possible. Pourtant, tout laisse à penser que si : le monde de Lovecraft n’est pas un délire paranoïaque.

Pour étayer ses propos, l’auteur mêle à son texte des paragraphes extraits directement de l’œuvre de Lovecraft : ils sont signalés par un italique, mais se fondent tellement bien dans l’histoire qu’on en vient à oublier qu’ils sont issus d’un autre auteur. J’ai trouvé cette façon de faire à la fois osée mais aussi très efficace, car elle est très bien menée. Elle permet notamment de renforcer la base de l’intrigue, qui en devient très solide, et bien ficelée.

Toutefois, je déplore un peu le style très froid de l’auteur. Peut-être est-ce le côté « inspiration de Lovecraft » qui veut cela, mais je trouve que l’auteur nous explique son histoire sans nous faire passer d’émotions ou de sensations. Le narrateur perd tout de même son fils et sa femme, mais il est plus obnubilé par son enquête, afin de savoir ce qu’il s’est passé avant l’accident pour prouver que c’est un concours de circonstances et non de son fait, que par la mort de ses proches. Il ne les pleure pas et les évoque avec une indifférence et un détachement qui m’ont perturbée.

Mais c’est un livre qui a toutefois le mérite de m’avoir intéressée à cet univers particulier qu’il faut que je découvre, et qui m’a permis de voyager entre rêve et réalité. En bref, une bonne histoire qui aurait pu gagner en profondeur et en sensations si le narrateur n’avait pas été rendu aussi distant.