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dimanche 6 décembre 2020

Au-delà des collines

2036. Un virus inconnu déferle sur la Terre. Plus virulent qu’Ebola, plus mortel que la Grippe Espagnole, plus contagieux que le Covid-19, il plonge le monde entier dans le chaos.
Mary, une jeune femme rescapée, tente de survivre à la pandémie en ralliant l’ouest des États-Unis dans l’espoir de trouver une communauté épargnée par la sauvagerie humaine.
Faisant face à de multiples mauvaises rencontres, fusillades et attaques d’animaux sauvages, elle n’aura de cesse d’affronter les multiples dangers sur son chemin afin d’atteindre son but…
Au-delà des collines
Marie Nocenti 2020

Merci à SimPlement et à IS Édition.

Comme toujours avec cet éditeur, j’ai eu affaire à un petit bijou. Cette histoire peut sembler banale à la lecture du résumé. Un énième roman parlant de pandémie mondiale, dans lequel les êtres humains doivent survivre envers et contre tout ! J’en ai lu. Beaucoup. Je vais en relire, car j’adore. Mais lui, il sort clairement du lot. Car il présente la vie après, d’une manière à la fois terre-à-terre, terrible et poétique.

Dans ce texte, Mary, médecin et enceinte, se retrouve infectée par le virus, une sorte de fièvre hémorragique. Elle perd son bébé mais survit. Simplement, autour d’elle, il n’y a que des morts. Ses amis, sa famille. Elle a tout perdu. Alors, elle part. Et c’est une aventure incroyable qui l’attend. De l’amour, des rires, de la joie, des amis, une nouvelle famille. Mais aussi de la peur, de l’action. La vie, tout simplement.

C’est une épopée, une quête… un voyage, un road trip qui nous emmène dans les Black Hills, aux côtés de personnages que l’on apprend à tous aimer. Ils ont de belles personnalités, des valeurs, et l’on ne peut que leur souhaiter le meilleur. C’est avec énormément de plaisir que j’ai apprécié Jack, Paul, Storm, ou encore la petite Laura qui m’a fait craquer.

J’ai trouvé cette façon de traiter l’après-virus très simple et poétique. On n’en parle quasiment pas. La vie continue, on doit s’adapter en attendant des jours meilleurs. Et l’entraide et l’amour qui se dégagent des personnages donnent presque envie de connaître des gens avec une telle grandeur d’âme.

À noter que ce texte n’a pas été écrit suite à la pandémie de la Covid-19. Marie Nocenti a écrit ce texte il y a un peu plus de dix ans, après celle du H1N1. C’est amusant qu’il soit publié en ce moment, dans ce contexte si particulier. Mais il ne se perd pas dans la foule des livres post-Covid. Pour l’instant, il est même l’un des plus beaux que j’ai lus sur le sujet !

dimanche 30 septembre 2018

Plafond céleste

Après être revenue avec un guide de musée pour retrouver une gourmette perdue par sa fille, Delphine et le guide se retrouvent bloqués pendant trois jours dans la grotte qu’ils venaient de visiter quelques minutes plus tôt.
Enfermés dans le noir, ne pouvant sortir, ils paniquent et commencent à avoir des hallucinations… Le guide cynique devient peu à peu une sorte de sage stoïque immobile cherchant à voir les étoiles à travers la roche. Delphine, perdue dans sa vie et dans son couple, se transforme rapidement en une maman hyène décidée à abattre tous ceux qui se dressent sur son passage.
Après la découverte des deux survivants, leurs proches vont constater que de nombreux changements radicaux ont eu lieu, pour le meilleur et, surtout, pour le pire…
Plafond céleste
Thierry Moral 2018

Merci à IS Édition.

Cette lecture fut assez particulière, mais vraiment entraînante, aidée par le fait qu’il s’agisse d'un petit livre. Thierry Moral a une plume vraiment atypique, par moment, qui nous permet de vraiment nous immiscer dans la psychologie des personnages et de ressentir la folie de certains instants. Il faut s’imaginer que, parfois, les personnages ont des pensées très décousues, de par ce qu’ils sont en train de vivre, et cela se reflète clairement dans le texte.

Alors, forcément, on se laisse porter par le fond, grâce à la forme, vraiment bien pensée et adaptée. En plus, l’histoire en elle-même est captivante. Comme dans tous les huis clos, on a cette sensation d’oppression qui nous fait nous demander cent fois ce qu’il va nous arriver. On craint pour les personnages et on veut que leur galère se termine… mais pas trop tôt car on veut en profiter. D’ailleurs, j’aurais aimé que ça dure plus longtemps, car l’auteur a su montrer en peu de pages qu’il pouvait aller très loin dans l’horreur.

Je ne m’attendais pas à ce qu’il pousse la folie aussi loin. Le coup du rat, c’était absolument écœurant ! Mais il fallait oser ! Par contre, ce qui est dommage, c’est que le résumé ait rajouté une mention à la découverte des deux survivants. Car déjà, on sait qu’ils vont survivre : divulgâchage !… et ensuite, si on le dit dans le résumé, c’est que cela concerne une part importante de l’histoire, non juste le final. Du coup, on attend un gros développement sur l’après, et il est un peu plus petit qu’escompté.

Mais cela ne retire en rien la qualité à ce texte, qui m’a beaucoup plu et m’a fait passer un moment particulier, avec une histoire stylée et intrigante.

dimanche 10 septembre 2017

Reconstitution

Le 15 août 2008, à la veille de l’explosion de la Tour B dans la cité des Hérons, le boss organise son grand jeu.
Cinq jeunes sont guidés par Rudy, le meneur. Cinq plus un : JL, l’invité surprise. Le boss ne l’avait pas prévu au programme, mais JL est une balance… Il assistera donc au grand jeu et devra vivre avec sans pouvoir en parler, sous peine de lourdes représailles.
Après plusieurs années de troubles, de malaises et d’isolement, JL se décide enfin à raconter l’histoire sur scène, sous la forme d’une « reconstitution ». Le boss, psychopathe patenté, laissera-t-il passer ce faux pas ?
Reconstitution
Thierry Moral 2017

Merci à IS Édition.

Ce titre m’a perturbée. Je ne m’attendais absolument pas à ce qu’il prenne une tournure telle que celle-là, et je n’ai donc pas pu lâcher le livre tant que je n’en étais pas venue au bout. Une fois n’est pas coutume, j’ai lu ce roman d’une seule traite !

D’habitude, quand on lit un résumé de ce style, on se dit que le fin mot de l’histoire sera révélé à la fin, que le suspense autour du « grand jeu » sera tel que l’on ne pourra pas supporter de faire une pause dans notre lecture tant la tension sera insoutenable. Je ne m’attendais pas à ce que cela nous soit révélé à moins de la moitié du roman, et encore moins que cela soit banalisé de cette façon.

Car en fait, ce jeu, ce n’était qu’une excuse, avouons-le-nous ! Le but de Thierry Moral, c’était d’explorer la tête de Jean-Luc, qui devait se taire et ensuite être modelé comme le Boss le souhaitait, voir le cheminement du jeune homme dans sa transformation, comprendre la folie du Boss à créer ses manipulations et ses machinations. C’était noir et intéressant, même si je suis restée un peu en retrait, car j’ai eu du mal à me projeter dans les esprits machiavéliques des personnages.

D’abord, car en une centaine de pages, faire ami-ami avec un personnage est difficile, et ensuite car je trouvais que le traitement de l’auteur était à la limite de la parodie, comme pour nous éviter des sueurs froides. Soit dit en passant, je l’en remercie, je n’avais pas trop envie de faire de cauchemars cette nuit !

C’est donc un livre intéressant et surprenant que je suis assez contente d’avoir découvert, même si je n’ai pas du tout su m’identifier aux personnages (en même temps… cela veut peut-être dire que je ne suis pas une psychopathe… ouf !). J’étais un peu en retrait par rapport à ce qui leur arrivait, je n’ai été ni horrifiée ni heureuse pour eux, mais malgré ma passivité j’ai quand même dévoré ce livre, donc… ça veut tout dire, non ?

samedi 10 décembre 2016

Et tu vis encore

Alice, une jeune star de la chanson, a de mystérieux secrets qu’elle nomme le « Plan A ».
Marc, un écrivain de polars, appelle les siens le « Plan B ». En panne d’inspiration, il passe son temps à visiter des sites monstrueux qui troublent son équilibre mental.
Quant à Pierre, il réussit à obtenir la direction d’une nouvelle prison composée de trente-huit détenus très spéciaux : des tueurs en série enfermés à vie. Sur son bureau, une chemise grise, nommée le « Plan C ».
L’atmosphère est bien trop angoissante pour ce si petit village du Vercors… L’heure des choix ne serait-elle pas prématurée ? Ils le savent bien, la mise en place de leurs plans va bouleverser le cours de leurs vies, et les conséquences seront irréparables.
Et vous, à leur place, qu’auriez-vous fait ?
Et tu vis encore
Corinne Martel 2016

Merci à IS Édition.

Ces derniers mois, j’ai souvent lu des avis très enthousiastes concernant ce roman. Tout le monde le qualifiait de magnifique, émouvant, et j’ai eu envie de le découvrir à mon tour, pour comprendre un peu cet engouement autour de ce titre. Je ne suis pas déçue.

D’aucuns diront que les personnages ne sont pas assez travaillés. C’est une question de point de vue. Le roman est très court, et Corinne Martel va a l’essentiel. Elle nous présente uniquement ce qu’on a besoin de savoir sur chacun des personnages, afin de se figurer l’essentiel de cette histoire. On n’est pas perdu dans un fourmillement d’informations, on a ce qu’il faut pour avancer.

L’émotion n’a pas été présente tout de suite dans le roman. Il a fallu attendre le réveillon et la chute, pour que je commence à me sentir mal vis-à-vis d’Alice. Je me suis interrogée, car je n’arrivais pas à croire ce que je lisais. L’autrice a en effet su positionner un nuage de flou et vaporeux autour de son histoire, de sorte qu’on ne puisse jamais être vraiment sûr de tout ce qu’on découvrait. Certaines choses s’avéraient réelles, d’autres pas du tout.

Vers la moitié du roman, mon attention était complètement retenue. J’avais peur de comprendre ce que la famille projetait, et en même temps je me disais que c’était impossible, que cela aurait été trop hasardeux, que c’était trop tard ! Et cela a suivi son cours, jusqu’à ce final, bouleversant de tendresse.

J’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux, et je pense que c’était le but premier de l’autrice dans cette intrigue. C’est réussi. J’ai dévoré ce titre : à peine commencé, déjà terminé. Je n’aurais pas supporté l’attente de connaître la fin, je voulais savoir ce qui allait advenir de tout ce petit monde.

dimanche 2 octobre 2016

L’irrésistible confident

Léo est étudiant en anglais. Fils unique de Rose qui l’a couvé en l’élevant seule, il a du mal à remplir son frigo et doit chercher des petits boulots.
Le bébé du voisin qui pleure toutes les nuits lui donne un jour l’idée de mettre une annonce à la boulangerie du coin pour du baby-sitting. Gaby, la boulangère, l’embauche immédiatement pour ses enfants et lui fait de la publicité. Un soir, il sauve le petit Pierre de l’étouffement lors d’une garde et s’attache la reconnaissance éternelle des parents. Devenu célèbre dans le quartier, il crée des liens autant avec les enfants qu’avec les parents. Enfin, surtout avec les parents !
À la fin de l’année scolaire, il organise une petite fête chez lui en invitant toutes les familles dont il est le seul point commun. Mais la soirée va se terminer par un événement dramatique et inattendu…
L’irrésistible confident
Édith Peille 2015

Merci à IS Édition.

Ce roman me faisait envie depuis un certain temps maintenant. La couverture était sympathique et originale, et le résumé me parlait bien. Je me suis dit que j’allais passer un bon petit moment agréable avec ce texte entre les mains. Et je n’ai pas eu tort.

L’histoire qui y est relatée est d’une fraîcheur incomparable. Il n’y a pas de prise de tête ou de mauvais sentiments. Léo, jeune étudiant à cours de menue monnaie pour ses dépenses de tous les jours, décide de devenir baby-sitter pour arrondir ses fins de mois. Outre l’approche intrigante d’un garçon-nounou, c’est aussi son caractère qui m’a bien plu. Présenté comme fainéant et se laissant aller, je le trouve plutôt audacieux car il entreprend des démarches qui ne viendraient pas à l’idée de la plupart des jeunes de son âge.

Suivre sa progression au cours de cette histoire et ses changements d’avis quant au monde qui l’entoure était un vrai bol d’air. Léo ne s’enquiquine pas avec des questions existentielles (pourtant, il n’était pas loin à certains moments) et arrive à catalyser les bons sentiments autour de lui. Il aime les gens chez qui il travaille, et ceux-ci l’apprécient en retour. Il est gentil, ils sont gentils. Il est serviable, ils lui sont redevables. Les effets boules de neige sont ici utilisés dans un contexte très positif et optimiste, et cela fait du bien.

Le style de ce roman est très fluide, et la lecture se fait tout naturellement. On suit les événements avec intérêt, mais sans réfléchir, et en passant simplement du bon temps. L’intrigue n’est pas ennuyeuse, et l’on se plaît à découvrir une fin si belle et pleine d’espoir.

Cette lecture a été un réel plaisir, de la première à la dernière page. Je suis très heureuse d’avoir pu découvrir ce roman et Édith Peille, dont je pense lire le premier roman très rapidement !

samedi 16 juillet 2016

Ne dis jamais d’où tu viens

Alex Guillot est une jeune archéologue eurasienne au parcours atypique. À dix ans, elle est retrouvée inconsciente près d’une écluse, blessée et seule au monde, une médaille à son nom dans sa main. Depuis ce jour, une voix obsédante résonne dans son subconscient, lui interdisant de dire qui elle est, et d’où elle vient…
Ugo Khris est journaliste à Paris. Fâché depuis longtemps avec son père, marinier de profession et alcoolique notoire, il devait le suppléer avec sa mère pour assurer les livraisons alors qu’il n’était qu’un adolescent. Promis à un bel avenir, un accident a malheureusement tout gâché. Ugo traîne désormais derrière lui un drame inavoué dont il se sent toujours coupable…
Alex et Ugo ne le savent pas encore, mais le destin a orchestré une rencontre accidentelle durant leur jeunesse qui va bouleverser leur vie à jamais. À nouveau réunis, la découverte d’un mystérieux objet lors d’une fouille archéologique dans l’Hérault va les amener à explorer les arcanes d’une civilisation antique pour sauver les générations futures d’une terrible catastrophe écologique…
Ne dis jamais d’où tu viens
Pascal Tissier 2016

Merci à IS Édition.

Pour être honnête, j’ai un avis très mitigé sur cette lecture. La couverture m’avait fait saliver, car elle me fait penser à cette tendance zen, avec un air d’Asie et des couleurs pastels très agréables ; de même, le résumé était particulièrement alléchant et semblait m’annoncer un rythme haletant et très prenant. Hélas, ce n’est pas tout à fait ce à quoi j’ai eu droit.

Le début est excellent et m’a mise dans le bain très rapidement. J’ai très vite été intriguée par cette petite fille et je voulais savoir quel était donc ce secret si important qu’elle devait cacher. De là, les événements se sont enchaînés, et on découvre Alex adulte, archéologue, à la recherche d’un objet étrange… et sur le point de se faire tuer. Mais pourquoi ? Ce début ne pouvait que me plaire, car le suspense et l’action sont au rendez-vous.

Le problème, c’est que, très vite, on se retrouve à suivre Alex et Ugo dans leur escapade pour fuir les tueurs, en France, puis en Asie. Et là, j’ai trouvé le temps long. L’action n’était plus tellement là, et des éléments qui auraient dû être surprenants ne l’étaient pas, comme cet objet, dont on évoque à peine les capacités, ou alors le don d’Alex et son père, qui semble tellement normal à Ugo, qui est cet outsider se retrouvant embarqué dans cette histoire malgré lui.

Pourtant, l’intrigue est bonne, et la fin m’a bien plu, car elle est originale et tout simplement très belle. Mais j’ai eu la sensation, en lisant ce roman, que certaines parties n’étaient pas abouties, que Pascal Tissier cherchait à nous lancer sur des pistes sans pour autant aller au bout de sa pensée, tout en éludant au final ce qui le gênait pour aller à l’essentiel. Peut-être qu’en étant plus direct dans les propos, cette impression de longueur aurait disparu.

Néanmoins, au final, on retient le bon côté du roman : le suspense du début, l’incompréhension d’Alex et la nôtre quant aux événements, et cette belle fin, qui clôt parfaitement ce roman.

samedi 30 avril 2016

Le candidat

Mike arrive en finale d’un célèbre jeu télévisé. Il fonde tous ses espoirs dans le gain des 500 000 euros qui pourraient payer une opération chirurgicale à sa fille et aider financièrement ses parents. Malheureusement, il est manipulé par le présentateur et échoue à la toute dernière question. Suite à cet échec, toute sa vie s’effondre brutalement. Un an plus tard, l’équipe du jeu télévisé gagne le prix du meilleur audimat à Nice. Déterminé à se venger, Mike les enlève à la sortie de la cérémonie et les emmène dans un entrepôt isolé où il a préparé une reconstitution du jeu. Mais, cette fois-ci, les règles ont changé et sont diaboliques : en cas de mauvaise réponse, le présentateur kidnappé doit sacrifier un de ses coéquipiers. Pour survivre, les huit membres de la production vont devoir s’entredéchirer dans un huis clos impitoyable…
Le candidat
Jean-Luc Espinasse 2016

Merci à IS Édition.

Je vais tout vous dire sans plus attendre : j’ai adoré ce titre. Je l’ai dévoré en une après-midi et ce n’est pas uniquement parce qu’il est extrêmement court. Même si ce point aide quand même beaucoup, il faut savoir que ce roman est extrêmement addictif. Mike, le personnage principal, frustré d’avoir perdu à un jeu télévisé s’appelant Le candidat et, étant persuadé que les organisateurs l’ont fait perdre volontairement, décide de se venger en recréant sa propre version du jeu… et c’est une version légèrement… mortelle.

Dès les premières pages, nous suivons deux personnages principaux : Mike, l’instigateur de cette version édulcorée du Candidat, et GiGi, le présentateur du jeu, qui se retrouve candidat dans ce jeu sordide, au milieu de l’équipe du jeu, des pions que GiGi pourra sacrifier pour arriver au bout des séries de questions et ainsi gagner le jeu… et le droit de vivre. Nous suivons leurs pensées et appréhensions tout au long du récit et vivons cette histoire auprès des personnages. Les frissons seront au rendez-vous, car très vite Mike nous prouve qu’il compte bien aller au bout de ses idées. Cela promet des moments particulièrement intenses.

J’ai adoré la cruauté dont faisait preuve Mike et l’inventivité de l’auteur. Même si je me suis doutée de certaines choses, j’ai été embarquée très vite dans l’histoire, et je n’ai pas voulu la lâcher. Le rythme est rapide, voire parfois saccadé, de sorte que l’on ne puisse s’ennuyer, et que l’on s’oblige à tourner les pages de plus en plus rapidement. À un moment, je ne savais pas qui était le pire personnage : Mike, qui cherche à se venger pour des raisons que je juge, malgré tout, valables, ou GiGi, qui n’hésite pas à concocter sa stratégie pour sacrifier certains pions, quitte à refuser de laisser Mike les épargner.

Ce titre était très agréable à lire, et parfois je me demande si je ne suis pas une psychopathe, car j’ai adoré cette situation impossible, et je me demandais quelle nouvelle péripétie allait nous réserver Jean-Luc Espinasse à chaque page. Je regrette juste que l’histoire n’ait pas été plus approfondie. J’aurais bien profité de cette ambiance tendue sur plusieurs centaines de pages, pour frissonner et m’apitoyer un peu plus sur le sort des personnages. En effet, là, cela va un peu trop vite, et même si l’on ressent l’urgence de la situation, on n’a pas le temps de vraiment connaître les joueurs, et donc de réellement s’attacher à eux. Mais cela reste un très bon ouvrage !

vendredi 6 février 2015

Corentin et le grimoire de Natula

Depuis le malencontreux incident du portrait de son oncle Gaspard, Corentin était soucieux. Sans ce précieux sésame, aurait-il encore une chance de retourner un jour au Royaume des Ombres ? À la recherche d’indices pouvant le mettre sur la piste d’un nouveau tableau, il découvre un petit carnet où sont consignées des adresses. Il prend alors contact avec une lointaine parente de la famille Canivet, qui, par chance, possède encore une peinture de son ancêtre… Aidé par le Royaume des Ombres qui lui confie de nouveaux pouvoirs et une nouvelle mission, Corentin part donc à l’aventure au Canada sur la piste du peuple indien et de ses légendes enivrantes. Le jeune garçon y croisera Kalua, qui lui demande son aide afin que son fils puisse enfin trouver la paix, et Natula, le gardien du grimoire aux prises avec le Royaume des Sombres. Comment affrontera-t-il ces nouveaux problèmes ? Le mystère reste entier au sein des grands espaces verdoyants du Québec…
Corentin et le grimoire de Natula
Sabine Chantraine-Cachart 2014

Avant tout, je souhaite remercier IS Édition et Harald, qui m’ont permis de découvrir la suite des aventures de Corentin.

Souvenez-vous, il y a quelque temps, je vous parlais d’un roman jeunesse de cette maison d’édition : Corentin et le Royaume des Ombres. À ce moment-là, je ne savais pas qu’il s’agissait d’un roman jeunesse, et cela m’avait désarçonnée lors de ma lecture. Comme quoi, le simple fait d’y être préparée psychologiquement peut changer la donne : j’ai adoré le second tome.

Soyons honnête, le simple fait d’y être préparée au préalable n’est pas mon seul argument. Ce tome est de qualité, et j’ai pu noter des améliorations par rapport au début de l’histoire. Tout d’abord, au niveau des personnages : je les ai trouvés tous plus affirmés, plus mûrs. Certes, un peu de temps est passé, mais ce n’est pas cela qui a dû jouer. L’expérience de Sabine Chantraine-Cachart a dû s’étoffer.

Ensuite, l’histoire est plus crédible. Il n’y a plus de passages qui font sourire et où l’on se dit : « Oui, c’est vraiment pour les enfants. » L’intrigue est cohérente et, même si elle n’est pas complexe, propose un enchaînement d’actions et de péripéties qui m’ont tenue en haleine lors de ma lecture. Il n’y a pas à dire, j’ai frissonné plus d’une fois pour Corentin.

En plus, le mystère et le suspense étaient cette fois bien traités et bien présents. Des fausses pistes de réflexion ont été disséminées, et mon cheminement logique a été dérouté : j’ai cru dur comme fer à une hypothèse que j’avais forgée très rapidement suite à certains événements étranges de l’histoire. Et j’ai eu tort !

En bref, si je n’ai pas été conquise par le premier tome, je l’ai clairement été par cette suite, qui m’a semblé bien plus mature et réfléchie. C’est donc cette fois avec beaucoup plus de convictions que je vous affirmerai que je veux absolument lire la suite… maintenant, reste à savoir pour quand elle est prévue !

mardi 18 novembre 2014

Un duo d’enfer

Très amis, Stanislas et Anouk se connaissent depuis longtemps : qualités, petits travers, gros défauts. Lui vit en dilettante sur le succès de son premier roman, collectionnant les jeunes conquêtes. Anouk, elle, vient de se faire plaquer sans élégance par son fiancé. Se retrouvant à la rue, elle demande ainsi à son ami de l’héberger, ce que ce dernier accepte. Elle se réfugie donc chez Stanislas. Leur nouvelle vie commune n’a rien d’idéal car ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêts. Stanislas dirige un atelier d’écriture à Paris. Il vit seul dans le désordre de son appartement de célibataire. Anouk est gérante d’une galerie d'art.
Leur cohabitation débute alors entre complicité et crises de colère, farces d’adolescents et moments de tendresse. Cette amitié de longue date oscille tout doucement vers des émotions plus confuses qu’ils ne parviennent pas à nommer. Un beau jour, Anouk doit retourner au Pays basque dans sa famille pour le mariage de sa demi-sœur. Étant toujours célibataire, elle propose donc à Stanislas de se faire passer pour son petit ami…
Un duo d’enfer
Édith Peille 2013

Merci à IS Édition.

Suite à la lecture de L’irrésistible confident, je ne pouvais que me plonger dans le premier roman d’Édith Peille, dont le style était aussi irrésistible que son titre. Je m’attendais à retrouver la même fraîcheur et les mêmes bons sentiments. Ce ne fut pas le cas, mais ce n’est pas une déception pour autant !

Un duo d’enfer est un texte plus « classique », mettant en scène un homme et une femme, amis toujours en train de se chamailler, qui vont finir par se rapprocher un peu trop dangereusement. Cette trame a été utilisée mille fois, et il devient donc très difficile pour un auteur de sortir son épingle du jeu en apportant sa touche d’originalité. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas aimer un tel livre, juste que l’on fera fatalement des rapprochements et des comparaisons avec d’autres romans.

Ma chance a été que le roman qui se rapprochait le plus de ce titre était un titre de Céline Mancellon (Si je t’aime prends garde à toi) : bien que la trame soit la même (les mille et un coups pour embêter son colocataire), les sentiments et l’intrigue amenés par Un duo d’enfer sont plus fouillés, plus recherchés et ne tombent pas comme pour l’autre titre dans l’humour léger (d’ailleurs, je précise avoir aimé l’un et l’autre, je ne fais cette comparaison que pour montrer l’utilisation conjointe de cette mise en scène). Du coup, j’ai pu lire ce roman, en appréciant ses différences.

L’ambiance est en effet un peu plus pesante que dans L’irrésistible confident, afin de mettre en évidence que la vie n’est pas simple pour Anouk et que de tenter de tomber amoureuse sur le tard, c’est une chose difficile à vivre. Le regard des autres est vraiment très présent dans ce titre, et l’on se prend à vouloir défendre la jeune femme. Malgré tout, j’ai préféré Stan à Anouk. Il a un réel problème, cet homme-là, mais il se reprend en main, et sa remontée est dure car il était tombé bien bas. Mais on l’encourage, et on espère qu’il fera les bons choix.

C’est donc un titre sympathique qu’il m’a été offert de découvrir, même si j’aurais aimé retrouver plus d’originalité dans l’histoire. Anouk et Stan sont certes sympathiques, mais ils ne m’ont pas fait vibrer, car cette fin était obligatoire (en plus, le résumé le laisse hélas entrevoir bien trop vite) : l’autrice ne pouvait pas passer à côté. J’attendais juste de savoir comment les pièces allaient s’imbriquer. Cette lecture fut donc un moment de détente agréable, mais il aurait peut-être fallu que je le lise en premier pour mieux l’apprécier.

mardi 14 octobre 2014

Le fils du diable est un ange

À une époque moyenâgeuse où se mêlent magie et sortilèges, Kaouk, enfant de la honte et du déshonneur, s’est juré de déjouer les plans machiavéliques de Mortador. Or, ce dernier est un redoutable sorcier, épaulé de surcroît par le sanguinaire Volcos et une armée de renégats.
Le chemin de Kaouk sera jalonné d’embûches, de batailles épiques et de rencontres inattendues…
C’est ainsi qu’il fera la connaissance d’une magicienne vivant au Royaume des Lépreux, dont les visions lui parleront de mystérieuses Entités susceptibles de l’aider à rendre aux villageois opprimés leur liberté perdue.
L’amitié de Nand, un farfadet malicieux, et la tendresse d’Opaline, son amie d’enfance, suffiront-elles à lui insuffler la force nécessaire pour mettre fin aux exactions du tyran ?
Entre Bien et Mal, pardon et vengeance, Kaouk devra faire des choix qui bouleverseront son destin à jamais…
Le fils du diable est un ange
Kate Oliver 2014

Avant tout, je souhaite à nouveau remercier Harald et IS Édition pour ce partenariat. Deux titres, deux genres différents, et je suis conquise par mes lectures. Cela présage d’autres titres excellents !

Avec un titre pareil, je ne pouvais qu’être attirée. Avec ce résumé, je ne pouvais qu’être intéressée. La couverture, quant à elle, a ce qu’il faut de mystique pour finir de me tenter. Il était donc naturel que je sois intriguée par ce titre. La fantasy est sympa, surtout quand elle est belle, mystérieuse et entraînante.

Ce roman est une sorte de mixture de tout ce que j’aime : de la dark fantasy, avec un univers oppressant et des personnages nombreux, dont chacun est le héros à sa manière. Tous ont leur rôle à jouer et, même si on ne sait pas forcément qui sera responsable de quoi, et comment, on découvre l’entrelacs d’événements qui les lient et qui donne tout son sens à l’histoire. C’est ce que j’aime dans ce type d’univers : ce côté « effet papillon » qui fait qu’une petite décision peut avoir des conséquences terribles, ou merveilleuses.

Le réalisme de cette histoire est parfaitement mené, et même si on comprend vite qui est le méchant et qui est le gentil, en somme qui est le diable et qui est l’ange, il est particulièrement intéressant de voir leur progression tout au long des intrigues jalonnant cet ouvrage. En plus, les personnages ont tous leur personnalité propre et un tempérament qui colle parfaitement à leurs actions : on sent que Kate Oliver a bien réfléchi à chacun d’entre eux et leur a créé leur vie entière. Elle ne s’est pas contentée d’intégrer des personnages en fonction des besoins. Ils sont là car il y a une raison à leur présence.

Le seul petit bémol dans ce roman consiste selon moi en cette manie qu’avait l’autrice de présenter le personnage et son enfance après l’action courante. Certes, il faut introduire chacun de ces éléments car ils sont déterminants pour expliquer les raisons du comportement et des choix de chacun, mais cela avait tendance à ralentir le récit, et c’était assez frustrant de devoir terminer « l’explication » pour revenir à « l’histoire ». Toutefois, à la décharge de l’autrice, ces précisions étaient suffisamment bien calibrées pour ne pas m’ennuyer outre mesure.

En somme, un excellent roman de fantasy. Ni trop court ni trop long, parfaitement calibré tant dans la taille que dans l’énoncé des faits et des événements, ou dans la profondeur des personnages. Pas de fausse note, même si j’aurais aimé être un peu plus surprise quant au final, mais c’est un détail. Un roman à lire !

Le diable est éternel »

mardi 20 mai 2014

Corentin et le royaume des ombres

Corentin est un jeune garçon sans histoire et aimé de tous. Pourtant, sa vie va basculer le jour où il est violemment percuté par une voiture. Il se retrouve alors dans le coma pendant plusieurs mois et en ressort miraculeusement. Seul souci, et de taille, il est condamné à vivre dans le noir absolu puisqu’il est devenu aveugle…
À sa sortie d’hôpital, la vie reprend son cours malgré tout, mais d’étranges phénomènes vont se produire dans les semaines qui suivent.
En effet, par un soir de pleine lune, Corentin est réveillé par une mystérieuse voix… Il s’agit du portrait de son oncle, qui lui révèle un important secret concernant la malédiction qui plane sur son village, lequel est désormais en danger et a besoin de lui.
D’abord sceptique, Corentin se rend vite compte qu’il ne rêve pas quand il se voit invité par son oncle dans le Royaume des Ombres… Il y retrouve temporairement la vue et ses ancêtres décédés, qui lui enseignent des méthodes surnaturelles pour pouvoir accomplir sa mission.
Accompagné de Joséphine, sa fidèle amie, et aidé par ses nouveaux pouvoirs, il va alors mener l’enquête sur un trafic entre la France et le Mexique qui semble étroitement lié au destin de son village.
Corentin et le royaume des ombres
Sabine Chantraine-Cachart 2013

Avant tout, je souhaite remercier Harald et IS Édition pour ce nouveau service presse.

En me renseignant sur ce titre, j’ai très vite été emballée par le résumé du fait de son originalité. En plus, la couverture était mystérieuse, et je m’attendais à passer un excellent moment de lecture. C’était le cas, mais je n’ai pas réalisé une chose avant ma lecture : c’est un titre orienté assez jeunesse quand même.

Je ne sais plus si c’est moi qui n’ai pas réagi à cette information ou si cela n’était simplement pas précisé mais, dès les premières pages, j’ai trouvé le style simple et l’histoire plutôt à la portée des jeunes. Mais même si cela est moins adapté pour un adulte, j’ai souri, et je me suis plu à suivre cette histoire de bout en bout.

L’intrigue est en effet très sympathique et a le mérite de se tenir et d’être plus ou moins cohérente. Plus ou moins seulement, l’orientation plutôt jeunesse m’ayant fait sourire plus d’une fois, car qui dit jeunesse dit incohérences. Parmi ces petites maladresses, j’en noterais deux : c’était amusant de voir que les parents de Corentin étaient tellement contents de voyager au Mexique qu’ils en oublient qu’ils ont d’autres enfants que Corentin qui auraient peut-être envie de profiter des vacances… Les pauvres, je les plains, ces petits oubliés ! Et puis, sincèrement, qui oserait penser que Roland laisse deux jeunes, dont un aveugle, prendre tous les risques et enquêter à sa place ?

Comme je le disais, très jeunesse car, pour un adulte, cela paraît quand même assez gros. Mais amusant, car ne vous y trompez pas : j’ai bien aimé ce titre qui propose une intrigue globale correcte. Même s’il n’offre pas la pression et la précision d’un roman plus adulte, on a tout de même le droit à une dose d’émotions particulièrement intense sur tout le début du roman. J’ai vraiment ressenti la détresse des parents et des proches de Corentin.

En bref, un petit livre bien sympathique que vous aurez sûrement envie de parcourir pour vous détendre. Pas de prise de tête, des sourires et une enquête très amusante à suivre !

vendredi 4 avril 2014

L’accident

Daniel Montvillard rentre de week-end avec sa femme et son fils lorsqu’un terrible accident, survenu dans de mystérieuses circonstances, brise sa vie.
Convaincu qu’un événement extérieur a provoqué le drame dont il est le seul survivant, il décide de tout faire pour retrouver le responsable.
Son enquête l’entraîne alors au cœur de la sombre forêt lozèrienne, dans l’univers inquiétant des romans de HP Lovecraft. Il y découvrira un secret terrifiant qui menace l’humanité tout entière, le faisant sombrer peu à peu dans la folie…
L’accident
Jean-Luc Espinasse 2014

Tout d’abord, je souhaite remercier Harald et IS Édition, pour cette nouvelle lecture très particulière.

C’est la deuxième fois que je me retrouve à parcourir un roman dont l’auteur clame s’inspirer directement de HP Lovecraft, et je dois vous avouer que je retrouve des similitudes avec le premier que j’ai lu. Étant donné que je ne connais pas grand-chose de cet auteur, ce doit être bon signe. Mais autant pour le premier texte je n’avais pas été emballée plus que cela, autant là je me dis, depuis que j’ai refermé le livre, que je devrais vraiment me procurer un écrit de Lovecraft.

Dans L’accident, Jean-Luc Espinasse nous a concocté une histoire entre réalité et fantastique, dont les frontières sont assez floues et où il faut démêler le vrai du faux. Les faux-semblants sont de mises, et l’on ne sait trop qui croire du début à la fin. C’est assez intrigant : on veut croire, mais on se dit que non, ce n’est pas possible. Pourtant, tout laisse à penser que si : le monde de Lovecraft n’est pas un délire paranoïaque.

Pour étayer ses propos, l’auteur mêle à son texte des paragraphes extraits directement de l’œuvre de Lovecraft : ils sont signalés par un italique, mais se fondent tellement bien dans l’histoire qu’on en vient à oublier qu’ils sont issus d’un autre auteur. J’ai trouvé cette façon de faire à la fois osée mais aussi très efficace, car elle est très bien menée. Elle permet notamment de renforcer la base de l’intrigue, qui en devient très solide, et bien ficelée.

Toutefois, je déplore un peu le style très froid de l’auteur. Peut-être est-ce le côté « inspiration de Lovecraft » qui veut cela, mais je trouve que l’auteur nous explique son histoire sans nous faire passer d’émotions ou de sensations. Le narrateur perd tout de même son fils et sa femme, mais il est plus obnubilé par son enquête, afin de savoir ce qu’il s’est passé avant l’accident pour prouver que c’est un concours de circonstances et non de son fait, que par la mort de ses proches. Il ne les pleure pas et les évoque avec une indifférence et un détachement qui m’ont perturbée.

Mais c’est un livre qui a toutefois le mérite de m’avoir intéressée à cet univers particulier qu’il faut que je découvre, et qui m’a permis de voyager entre rêve et réalité. En bref, une bonne histoire qui aurait pu gagner en profondeur et en sensations si le narrateur n’avait pas été rendu aussi distant.

dimanche 4 août 2013

Errances d’un esprit malfaisant

« Hugo. Trente ans. Célibataire. Professeur de mathématiques. » Voilà une présentation officielle de ma vie. Certes succincte, claire et honnête, mais… incomplète. Un résumé en une ligne de mon existence aurait mérité une petite description supplémentaire : « Hugo. Trente ans. Célibataire. Professeur de mathématiques. Tueur. » Comme vous pouvez le constater, je ne suis effectivement pas un homme comme les autres. Je me diffère par ma grande passion : le meurtre.
Pour moi, tuer n’est pas forcément un besoin ou une drogue dure, mais plutôt un plaisir passionnel que j'exécute froidement. À part moi-même, je n’apprécie personne, que ce soit au sein de ma famille, de mes élèves, de mes collègues de travail ou enfin de mes partenaires sexuels, hommes ou femmes, que je méprise et aime maltraiter. Un soir, j'ai décidé de m’installer devant mon ordinateur pour me raconter. Sous mes doigts d’assassin, je vais porter un regard cru, cynique et sans concession sur la société dans laquelle j’évolue, tout en complétant mon récit par les crimes abominables que j’ai commis et le plus appréciés. Que vous soyez choqués ou pas, une chose est sûre : vous allez adorer détester mes ignobles confessions…
Errances d’un esprit malfaisant
Frédéric Rochigneux 2013

Avant toute chose, je souhaite remercier très chaleureusement Harald, de IS Édition, pour sa confiance quant à notre nouveau partenariat. J’espère que mes chroniques seront à la hauteur de la qualité des écrits que vous m’avez confiés.

Ce titre m’avait interpellée depuis que j’avais vu mon amie Cookies en faire la chronique sur son blog. Une histoire apparemment atypique d’un tueur en série, Hugo, partageant ses opinions sur la société. J’avoue que je m’attendais à un thriller, et j’ai finalement eu le droit à un roman qui oscille entre la fiction, légèrement thriller, et le document, qui donne un avis éclairé et somme toute assez objectif sur notre société actuelle.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, car Frédéric Rochigneux a su me secouer un peu, en me faisant adhérer à certaines de ses pensées, ce qui n’était pas vraiment pour me rassurer… Alors, non, je n’ai toujours pas des envies de meurtres (ouf !), mais je trouve que la démarche est bien menée, même si l’utilisation du tueur en série n’est finalement qu’un prétexte pour donner son opinion en attirant et secouant le lecteur par des opinions parfois un peu limites. Un quidam ne peut pas se permettre de juger de la beauté du meurtre gratuit, mais Hugo le peut.

Étant un assassin, il n’a pas d’interdits moraux et peut se permettre en toute impunité de raconter ses premiers pas dans le monde des meurtres, son adoration d’émissions de téléréalité ridicules, son opinion quant à la peine de mort – ce qui va même jusqu’à la forme de la sentence employée – ou même ses frasques et débauches. Il va même jusqu’à se considérer comme un être supérieur entouré de débiles profonds… Oui, c’est bien de nous dont il parle.

Le style est quant à lui très agréable et assez caustique. J’aime beaucoup le cynisme dont fait preuve le narrateur quant à tous les faits de société, allant de la politique aux simples jeux télévisés. Tout y passe, tout est critiqué et, que l’on soit d’accord ou non, ses pensées sont tellement bien expliquées et illustrées qu’on ne peut qu’apprécier notre lecture du début à la fin.

Alors, oui, j’ai passé un bon moment avec Hugo, même si je dois avouer que… j’ai parfois eu envie de l’étrangler !

jeudi 6 décembre 2012

Le trésor du père Maurin

1943-1944.
En pleine Seconde Guerre mondiale, la France lutte pour sauver son indépendance des griffes des Allemands. Une histoire romanesque en Provence se transforme alors en tragédie suite à un événement dramatique et inattendu. Dix-huit ans plus tard et suite au vol d’un trésor, une famille apparemment sans soucis va être rattrapée par les secrets de son passé.
Le scandale va alors la plonger dans une spirale médiatique infernale qui divisera la France entière…
Le trésor du père Maurin
Jean-Paul Gonzalvez 2012

Merci à IS Édition.

Je pense que je vais avoir du mal à écrire cette chronique. En effet, si ma lecture a été agréable, au final je ne trouve pas grand-chose à en dire. Cela peut paraître étrange, mais j’ai lu ce roman sans l’analyser. J’ai juste profité du moment et me suis laissée embarquer dans l’intrigue, dans cette période en Provence.

On s’y croirait. Le contexte du roman est bien positionné, et l’on voit bien la différence entre les événements pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’intrigue qui se situe des années plus tard. Le lien entre passé et « présent » est somme toute assez clair dès le début, mais ce n’est pas grave : les péripéties suivent leur cours, et l’on se plaît à vivre ce moment tranquillement, un peu comme les gens du sud qui laissent venir les choses à eux passivement.

En plus, ce qui est intéressant avec ce roman, c’est que, en se laissant aller, on ne se rend pas compte tout de suite qu’on est complètement piégé par les faux-semblants de l’auteur. Il nous emmène sur une piste, avec des allusions bien trouvées, et finalement on se rend compte que rien n’est ce qu’il paraît. Et pourtant ! La conclusion a tellement été exploitée que l’on pourrait se dire : tiens, encore un ! Mais non, j’ai souri, car je ne m’y attendais absolument pas.

Ma chronique est donc assez brève, mais il y a une chose à retenir concernant ce roman : si vous voulez passer un moment simple, agréable et reposant, il est fait pour vous. Il ne cherche pas à vous faire réfléchir et vous propose une histoire sympathique pavée de très bonnes intentions, que ce soit au niveau de l’écriture, comme des personnages.