lundi 16 mai 2022

Routine de taulards


Bob vient de tuer sa mère.
Néanmoins, il coopère avec les services de la Police suisse, et se laisse interpeller.
Il ne sait pas encore ce qui l’attend en prison, et il se rend très vite compte qu’il n’est pas tout à fait comme les autres taulards…

Routine de taulards
Ernestine Du Colibri - 2022



Merci à Nats Éditions.

Ce texte est du pur délire. J’adore l’humour un peu décalé avec des situations à la limite du surréalisme, et là Ernestine Du Colibri nous en sert de belles. D’ailleurs, on peut s’en douter en lisant la première phrase. Le personnage principal, Bob, nous indique qu’il a tué sa mère, et pourquoi. C’est bon, en quelques mots, on sait tout, on comprend qu’on va passer un moment de pure folie.

Petit à petit, on comprend que Bob est différent : il est autiste et ne réagit pas comme les gens qui l’entourent. Il détonne complètement dans cet univers de neurotypiques, et ce décalage permet de créer des situations absolument dingues, mais en même temps pas si incroyables car, dans un univers carcéral, on peut comprendre que les prisonniers ne soient pas vraiment au fait d’une telle condition.

Ce qui est fou aussi, c’est que le personnage principal s’est énormément adapté à son nouvel univers, par la mise en place de routines (de taulard… bah oui !) qui lui permettent de finalement considérer son incarcération comme normale. L’ambiance générale nous aide bien, d’ailleurs, à réaliser que la différence entre Bob et les autres se réduit petit à petit. Il faut dire que, en prison, tout le monde doit subir une routine, alors…

En plus, tout au long du texte, l’on remarque des petites aberrations. J’entends par là des choses impossibles, qui font tiquer mais qui donnent l’impression que Bob devient complètement fou : sa date de naissance, son nom, le rat… Et puis ce final est juste super amusant. Je m’en doutais un peu, mais malgré tout j’ai quand même été surprise car quelques petits détails disséminés sur le final qui expliquent subtilement les choses. J’ai bien ri, c’était vraiment super !




mardi 10 mai 2022

Nouvelle Babel


2097. Sur une île privée paradisiaque inaccessible, de paisibles retraités sont assassinés…
Trois policiers, un journaliste ambitieux et une institutrice nostalgique s’engagent dans une folle course contre la montre pour préserver l’équilibre d’un monde désormais sans frontières, où la technologie permet aux humains d’être à la fois ici et ailleurs.

Nouvelle Babel
Michel Bussi - 2022



Vous n’imaginez pas ma joie quand j’ai découvert que ce livre se trouvait à la médiathèque du village. Un Bussi, c’est toujours la promesse d’un bon moment, alors il fallait que je le réserve ! (Ben oui, vous pensiez qu’on pouvait l’avoir sans difficulté, vous ?)

Ce livre est un vrai rêve. Je ne sais pas vous mais, moi, j’ai carrément adhéré à l’idée d’un monde où tous les êtres humains sont capables de se téléporter partout sur la planète et où celle-ci appartient à chacun. La présentation du monde est telle qu’on a envie d’y vivre, c’est un futur qui ne peut que me plaire. Mais bien sûr, il s’agit d’une dystopie, alors forcément cela ne pouvait pas être aussi facile que cela…

Et forcément, dès le début, un attentat. Pourquoi les auteurs ne peuvent-ils pas nous inventer un monde parfait où les petits oiseaux chantent, où les chats sont les rois du monde et où les êtres humains acceptent de vivre en harmonie ? Ah bah, oui. Il n’y aurait pas d’histoire, c’est vrai. Du coup, voilà, ça commence par dix morts. Histoire de lancer l’affaire. Et là, je me suis retrouvée dans une sorte de polar futuriste où les codes sont complètement chamboulés. Il fallait comprendre les nouveaux termes, les nouvelles règles, le nouveau monde.

Michel Bussi nous permet de nous plonger dans son univers avec une grande facilité. C’est bien simple, je n’ai jamais été perdue, j’étais dedans tout de suite, comme si ce monde était mon monde. Comme si j’y avais toujours vécu (j’aimerais bien, snif…). Le roman est juste captivant. J’ai aimé découvrir cette histoire qui finalement ne part pas non plus dans l’apocalypse humaine avec chacun qui souhaite détruire son voisin. Au contraire, on reste dans une position très positive, humaine, et l’on tente de préserver l’union des êtres humains.

J’ai particulièrement aimé cette fin. Je ne peux pas divulgâcher, simplement je l’ai trouvée très poétique, parfaite pour conclure ce texte qui m’a transportée, m’a fait voyager et m’a fait rêver à un monde meilleur. Merci !




lundi 2 mai 2022

Sauveur & fils


Comment résoudre tous nos problèmes ? On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants. Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face. Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.
Sauveur & fils (Sauveur & fils T4)
Marie-Aude Murail - 2018



Et voici encore une note sur une de mes sagas préférées du moment. Que j’aime me glisser dans un des textes de Sauveur & fils. J’y suis bien, je ris et j’ai soif de découvrir l’évolution des différents personnages.

Ce tome met en avant la famille. Non pas forcément celle du sang, bien qu’elle y ait sa place aussi, mais celle que l’on se crée. La famille de Sauveur est disparate : outre son fils (le sang), Louise et ses enfants (la famille recomposée en devenir), ainsi que les orphelins qu’il rencontre sur sa route (Gabin, Jovo, Samuel et les autres), la famille de Sauveur n’a jamais été aussi grande et importante. C’est à croire que tout nouveau cœur égaré peut la rejoindre. Et c’est beau.

L’adolescence est aussi un thème abordé énormément et avec beaucoup de délicatesse. On en voit, des éléments autour de ce thème, et j’ai été surprise plus d’une fois de voir comment Sauveur pouvait se dépêtrer de telles situations. Il est fort !

Mais ce qui m’a le plus ébranlée, c’est Jovo. J’ai eu très peur pour lui et j’ai été touchée de l’incidence que son accident a pu avoir sur tous les personnages. Les liens se sont renforcés et certains ont pris conscience de l’importance de la vie et de ce lien particulier qui unit les personnages gravitant autour de notre psy préféré. Je suis vraiment fan de cette saga !



Sauveur & fils »



mardi 26 avril 2022

Eryona Argentis


Depuis la fuite d’Ithilnín sous les bombardements, pour les Passeurs, rien ne va plus. Trahis par le commandement de la ville, perdus sur un caillou désertique au milieu de nulle part, ils se retrouvent à la merci du mystérieux Sandman. Jeffrey Horlaw et Aja Lind tentent de survivre, tandis que Tancredi Vittore, au cœur des marécages, travaille sur un puissant pentagramme… Lorsqu’un ancien allié les rejoint, le trio décide de confronter Eryona Argentis. Protégée par une vaste armée, la régente de Welgaia possède désormais les pouvoirs de l’Oracle de la Vie. Jusqu’où iront ses appétits de conquête ? Alors que l’effondrement du monde s’accélère, Jeff et Aja luttent, prêts à empêcher la catastrophe. Et à foncer tout droit dans le piège qui les attend.
Eryona Argentis (Passeurs T3)
Lucille H. James - 2021



Merci à Lucille H. James qui m’a offert ce tome 3 de Passeurs, cette série explosive que j’adore depuis ses débuts.

Avant tout, je vais demander une chose à l’autrice : les explosions, avoue, c’était une dédicace spéciale pour moi, hein ? Non, car j’ai eu cette impression et j’ai explosé de rire alors que la scène ne cherchait pas à être humoristique. Bref, passons.

Boum. C’est la première chose qui ressort de ce livre. Je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que, hormis les explosions, l’autrice arrive à m’assommer avec toujours plus d’intrigues, de rebondissements, de révélations ou de trahisons. Je m’en suis pris plein la tête pendant toute ma lecture, et c’était vraiment bon. Sauf pour Tan. Alors, là, je ne peux rien dire de plus, juste que je n’aime pas du tout ça. Sérieusement ? Tu oses faire ça ?

Je ne peux pas dire que je ne m’en doutais pas, mais je ne veux pas, je refuse, je pense qu’on devrait faire une pétition pour faire changer cette fin, car c’est juste inimaginable. Le duo Jeff/Tan marche trop bien, je les adore et je ne peux pas imaginer un changement de dynamique entre eux deux. Et en même temps… j’ai trop envie de savoir comment ça va évoluer !

Car cette découverte du troisième monde, c’est pas rien. Cela relance encore plus l’intrigue, et j’ai l’impression que les cartes sont redistribuées. Vous savez, quand on lit une saga, on s’attend à des suites à chaque fois : on a un fil conducteur, il est suivi, et il est rare que l’auteur change du tout au tout sa direction, donc on se doute de la continuité. Au moins un peu. Là, ce qu’il se passe est logique, ça suit le fil conducteur, mais en même temps j’ai l’impression que tout est possible et que plus rien n’est ce qu’il paraît. Je suis incapable d’imaginer ce qu’il va se passer maintenant. Le tome 4 va être une surprise totale, comme quand j’ai ouvert le tome 1. Et vous n’imaginez pas comme j’ai hâte !








lundi 18 avril 2022

L’accompagnateur


À Berlin, peu après 22 heures, Jules est au standard d’un service d’accompagnement dédié aux femmes en danger.
Son premier appel est celui de Klara, terrorisée à l’idée d’être suivie par un psychopathe. Un homme qui a peint en lettres de sang la date de sa mort dans sa propre chambre à coucher. Et ce jour se lèvera dans deux heures !

L’accompagnateur
Sebastian Fitzek - 2022



Merci à Babelio et aux Éditions L’Archipel.

J’ai toujours eu envie de lire Sebastian Fitzek, alors quand j’ai eu l’opportunité de me plonger dans ce texte, je n’ai pas hésité. Mais alors, il y a des moments où j’ai eu un peu peur.

Certains passages étaient vraiment glauques et difficiles à lire. L’horreur, la douleur, la cruauté à l’état pur, voilà ce que j’y ai trouvé. La pauvre Klara est dans une situation complètement inimaginable, et plus j’avançais dans mon récit, plus je trouvais ça fou. Et j’ai douté d’elle, plus d’une fois. Pourtant, c’était évident. Oui, je sais, vous ne me comprenez plus, c’est normal.

Malgré tout, je n’arrivais pas à me détacher du roman. C’est simple, il était captivant, prenant, dingue, intrigant, terrible. Je voulais comprendre et je n’arrivais pas à savoir ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas. Puis les hypothèses de départ ont changé, et là tout est devenu plus clair. Bien sûr, pas forcément tout d’un coup. Certaines informations étaient encore un peu troubles et obscures. Je me demandais pourquoi la narration avait changé d’un seul coup : elle est omnisciente dès le début, donc des indices auraient dû être mis dès le départ… Là, on aurait dit que le narrateur (omniscient !) réalisait des choses en même temps que nous. Bon, ça m’a fait plus sourire qu’autre chose, je n’aurais pas voulu tout savoir dès le début et gâcher la surprise !

Et puis, je n’ai rien vu venir et, ça, pour moi, c’est juste énorme. Car j’aime être surprise dans ce genre de livre. C’est d’ailleurs pour ça que je les enchaîne. En tout cas, ce texte-là a un petit quelque chose qui fait qu’on n’a pas envie de le lâcher, et cet auteur a un goût de reviens-y. Décidément, c’est clair : je vais en lire d’autres. Reste à savoir lesquels !




mardi 12 avril 2022

Le pays des enfants parfaits


Ruby en est sûre : maintenant que ses parents ont leur bébé parfait, elle n’a plus aucune chance de trouver grâce à leurs yeux.
Samuel, lui, porte un lourd secret. Pour le préserver, il se terre dans les souterrains de New York.
Tous deux sont en quête de vérité, de liberté et surtout d’amour. Leur rencontre va bousculer toutes leurs certitudes et entraîner une réaction en chaîne qui pourrait bien bouleverser plus que leur propre vie, car rien n’est jamais parfait.

Le pays des enfants parfaits
Abigaël Chieux - 2022



Merci à Nats Éditions.

Après L’apprentissage du sang, que j’avais adoré, je ne pouvais que me laisser tenter par ce nouveau texte d’Abigaël Chieux. J’avais eu un petit coup de cœur pour cette autrice, dont j’avais apprécié l’écriture, l’ambiance et l’univers. Et cette fois encore, je me suis régalée.

Une nouvelle fois, je ne savais pas de quoi aller parler ce livre avant de le lire. Dystopie, thriller ? Peu importe, en fait. Je me suis laissée porter dès le début dans le monde de Ruby, et j’ai découvert avec elle ce monde futuriste très particulier, un monde où l’on crée des enfants parfaits à des fins thérapeutiques. Elle est elle-même une enfant parfaite, née dans le seul but de sauver sa sœur. Mais trop tard, ce qui résulte chez elle en un malaise profond. Elle se déteste, et ça se sent. Cette histoire va donc suivre son évolution, son acceptation d’elle-même comme entité unique et non comme « née pour sauver ».

L’histoire est d’abord centrée sur elle, mais sa découverte des souterrains nous permet de découvrir d’autres personnages tous plus intéressants les uns que les autres, ainsi que le côté caché de la mise en place des enfants parfaits : les versions ratées, notamment.

Ce monde est juste ignoble et terrifiant, mais on est embarqué dans notre lecture et on veut en savoir toujours plus, car tout est tellement bien pensé que je me suis dit plus d’une fois que cela pourrait bien être notre avenir, si on ne fait pas attention.

Abigaël, tu nous as écrit une histoire de folie, encore une fois. Ta façon d’aborder les choses, avec sensibilité et intelligence, cette écriture si posée et terre à terre, mais qui nous plonge dans des abysses d’horreur… Tu n’imagines pas l’effet que tu peux produire sur ton lecteur. J’ai hâte de découvrir toutes les nouvelles intrigues que tu vas nous inventer par la suite. Car j’ai un vrai coup de cœur une nouvelle fois !




lundi 4 avril 2022

Sauveur & fils


Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de quarante ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu’il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, quatre ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l’attention de ses parents, Ella, treize ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, dix-sept ans, qui ne va plus au lycée depuis qu’il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, quinze ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa sœur, Blandine, douze ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »…
Sauveur peut-il les sauver ? Il n’a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au père Noël, mais il croit en l’être humain.

Sauveur & fils (Sauveur & fils T3)
Marie-Aude Murail - 2017



Une petite note sur le troisième tome de ma saga chouchou du moment. Avec Sauveur, je sais que je vais toujours passer un instant sympa et agréable… alors, verdict ?

La tristesse et l’espoir. C’est beau de se dire que ce sont les deux éléments que je retiens le plus de ce texte, alors qu’il s’y passe tellement de choses ! Sauveur est plus occupé que jamais, il doit tout gérer et son couple demande de plus en plus de concessions et de sacrifices. Mais comment sacrifier les gens que l’on souhaite sauver ? Pour ce psy, c’est juste impossible.

Ce texte, je l’ai lu comme un rien. J’ai tout aimé et je me suis régalée de toutes les petites péripéties mises en place par Marie-Aude Murail.

Et je vais vous dire, j’ai tellement aimé ce livre que j’ai enchaîné avec le tome suivant… et qu’aujourd’hui je mélange les événements. Telle chose s’est passée dans le tome 3 ou le 4 ? Mince, j’ai oublié. C’est une saga qu'on peut enquiller, et on ne s’ennuie pas un seul instant.

Bon, je vais quand même vous donner un indice… Il y a eu un petit moment de crainte quant à l’avenir de Sauveur et Louise. Mais que s’est-il passé ? Eh bien, à vous de le découvrir !






lundi 28 mars 2022

L’amour est une brume matinale


Elle voudrait ne plus aimer, mais l’amour insiste.
Elle voudrait oublier cet homme, mais il la hante.
Elle voudrait se réfugier dans ses rêves, mais la réalité la rattrape.
Il pensait l’avoir oubliée, mais il se trompe.
Il pensait avoir fait le choix le plus sage, mais la folie le guette.
Ils croyaient avoir dompté Éros et Cupidon, mais ils sont aussi insaisissables qu’une brume matinale.
Ils croyaient que leurs chemins ne se recroiseraient jamais…

L’amour est une brume matinale
Valérie Bel - 2022



Merci à Valérie Bel.

Cela fait un moment que je reçois les livres de cette super autrice en partenariat, et c’est toujours un plaisir de découvrir un autre de ses textes. Mais cette fois, la chronique est un peu différente.

Ce qui ressort de ce livre, c’est l’écriture et l’amour. On a ici une double histoire. La narratrice s’est séparée de son mari car elle vit une relation avec un de ses personnages (imaginaire, oui, vous avez compris !) qui prenait trop de place… et elle écrit un livre mettant en scène ce personnage dans une histoire d’amour compliquée, entre tentative de suicide et adultère. C’était à la fois sympa et ennuyant.

Quoi ?! Comment ça, ennuyant ? Mais non, tout va bien. L’histoire dans l’histoire (celle d’Isabelle et Laurent) était du « déjà lu ». J’ai eu l’impression de retrouver toutes les thématiques déjà abordées par l’autrice (alors que non), et les mêmes personnages (alors que non). Cette sensation est due au fait que je suis peut-être trop habituée à la plume de l’autrice ? Petit aparté : j’aimerais tellement lire Valérie Bel dans un roman qui ne traite pas uniquement d’amour… Un thriller ? Un SF ? Peu importe, c’est un petit challenge !

Et finalement, c’était pourtant différent. Où est Marie ? Elle n’est pas là donc cela aurait dû changer. Mais cela n’a pas changé, car peu importe le nom, le personnage est le même : même façon de penser, de réagir, de parler. Isabelle ou Marie, c’est la même. D’où cette impression de monotonie agréable tout à fait personnelle.

Là où j’ai été emballée, c’était pour l’histoire de la narratrice, quand on en est revenue à elle et qu’elle arrêtait de se perdre dans l’écriture de son roman. Le parallèle est là, mais on sent un vent de fraîcheur qui nous entoure et on souhaite voir comment le réel va influencer l’écrit. C’était grisant de découvrir ces deux histoires en parallèle, et il aurait même été super sympa de plus les entrelacer, pour accentuer encore cet effet.

Ce texte m’a touchée et m’a ennuyée. C’est paradoxal, mais c’est aussi ce qui fait la réussite d’un roman. Je n’y ai pas été indifférente : quand j’étais touchée, je voulais en savoir plus ; quand j’étais ennuyée, j’insultais les personnages. Ce livre, je l’ai vécu, tout simplement. Et c’est bon !




mardi 22 mars 2022

Sauveur & fils


Côté jardin, Sauveur mène sa vie avec son fils Lazare, neuf ans, et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise et ses deux enfants. Côté ville, Sauveur reçoit ses patients : Ella, qui se travestit en garçon, Blandine, qui se shoote aux bonbons, Samuel, qui ne se lave plus, etc. Mais n’oublions pas pour autant les autres espèces animales dans cette saison 2. Vivent les hamsters, les ouistitis et en guest-star : Pépé le putois !
Sauveur & fils (Sauveur & fils T2)
Marie-Aude Murail - 2016



Vous vous en souvenez, il n’y a pas longtemps j’ai publié un article sur le tome 1 de Sauveur & fils. Comme j’avais adoré ce texte, j’ai décidé de me plonger dans la suite. Alors, en voici une petite note.

Cet opus est dans la lignée du précédent. Il est à la fois triste, car les personnages vivent des choses compliquées, et sympa, car c’est toujours un plaisir que de parcourir ces pages.

Mais je me demande, parfois, comment je peux trouver du plaisir à lire ce genre de texte. Certes, Sauveur est super amusant et intéressant, mais toutes ces consultations racontent des faits difficiles, que l’on ne souhaite à personne, et même si certains arrivent à se reconstruire grâce à notre psy préféré, cela reste un ouvrage basé sur le malheur humain.

Peut-être que c’est l’humour qui permet de contrebalancer, mais aussi l’histoire de Sauveur, qui en parallèle vit une vie des plus folles. Il est le sauveur du monde entier, ne sait pas s’empêcher d’aider les gens qui l’entourent, quitte à presque adopter un ado et un vieux SDF. Il est top, ce Sauveur !

Ou alors, c’est le hamster. C’est possible aussi.






lundi 14 mars 2022

L’ombre des oiseaux


Dans une mégalopole saturée par la pollution, deux jeunes filles de milieux opposés se rencontrent lorsqu’un programme écologique qui leur est cher menace d’être formaté.
Pour protéger ces oiseaux virtuels qui pourraient sauver la biodiversité, les adolescentes s’infiltrent dans le milieu du terrorisme écologiste et cherchent une manière de contrecarrer les plans de Texxon, l’entreprise propriétaire de ces animaux.

L’ombre des oiseaux
Léa Fizzala - 2022



Merci à Nats Éditions.

Voici une petite dystopie comme je les aime. Et pas tout à fait comme je les aime, également, car celle-ci est vraiment particulière et a clairement son identité. J’ai eu une grosse impression de fraîcheur et de nouveauté en la lisant, j’avais vraiment le sentiment que ce n’était pas « n’importe quelle dystopie » et qu’il y avait un travail de fond qui était à la fois similaire et différent des autres romans du même genre. C’est assez spécial à décrire, mais en tout cas cela ne peut que vous faire adhérer à cette histoire.

Dans ce texte, Anna et Ellie sont nos héroïnes. Elles ne se connaissent pas mais sont toutes les deux impliquées dans une histoire tellement incroyable et hallucinante qu’on ignore comment elles vont se dépatouiller de tout ça. Je ne veux pas trop en dire à ce sujet, car je ne voudrais pas trop gâcher le plaisir de la découverte de l’intrigue principale…

Mais je peux vous parler du contexte. Les oiseaux. Ils n’existent plus car le monde est trop pollué, mais Anna, notamment, les aime tellement qu’elle continue à les voir au sein d’un logiciel de type réalité augmentée. Ils continuent donc à vivre virtuellement. Et toute l’intrigue, les personnages, le monde en somme tournent autour de cet élément disparu mais qui est toujours bien présent. L’ombre des oiseaux, ce titre est vraiment bien choisi.

Je ne sais pas trop quoi dire de plus sans trop vous en dire tout en vous donnant envie de le lire. Peut-être que je peux vous dire qu’il s’agit d’un roman frais, qui se dévore, dont l’intrigue est inventive et originale, mais qui suit un parcours logique pour tout fan de science-fiction qui se respecte… Je peux vous dire que j’ai adoré ce livre dès les premières pages, que j’ai été conquise et que j’ai voulu le terminer rapidement car je voulais savoir ce qui allait advenir de nos héroïnes, des oiseaux, de ce monde nouveau. En bref, que dire ?… Lisez-le.






lundi 28 février 2022

Serre-moi fort


Méfiez-vous de qui vous tend les bras… « Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…
Serre-moi fort
Claire Favan - 2016



J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque avec un autre texte de Claire Favan que j’ai chroniqué la semaine dernière. Et je dois avouer que j’ai été chanceuse dans mon ordre de lecture, car j’ai pu y aller crescendo. Ce titre est d’un tout autre niveau que Dompteur d’anges !

Il est tout d’abord triste. Car on suit dès le début Nick. Nick, dont la sœur, Lana, a disparu. Nick, dont les parents se fichent royalement car ils ne pensent qu’à leur déchéance, d’abord, et à leur fille disparue, ensuite. Nick, qui se débat pour exister dans un monde qui semble le rejeter. Je l’ai plaint, j’ai été écœurée pour lui, de voir que ses parents pouvaient aussi peu faire cas de son existence.

Jusqu’à la grande bombe atomique de fin de première partie de ce roman. C’est ce fameux what ? que j’ai sorti du fond du cœur. J’étais tellement incrédule quant à ce que j’ai découvert que j’ai eu un temps d’arrêt. Je n’avais rien vu, rien compris. Et j’ai été scotchée par cette révélation alors qu’il me restait encore deux cents bonnes pages à lire.

Soit, j’ai continué. Puis le soufflé est un peu retombé, car on découvre un nouveau personnage, on oublie complètement Nick et Lana… Enfin, pas tant que ça, car le personnage que l’on découvre est un flic qui se retrouve sur la piste du tueur de Lana. Alors, les connexions se refont, et puis il faut dire que le passé de ce personnage est tel qu’on a envie de le suivre, de le plaindre. Quoi, encore ? Ben oui, je pense que l’autrice sait y faire pour nous rendre compatissant envers ses personnages !

Puis j’ai été choquée, déstabilisée, perdue, écœurée par un événement… qui nous précipite sur une fin qui fait froid dans le dos.

Ce texte est une pépite, mais il est en même temps tellement dur et violent. Tout le monde ne peut pas se lancer dans cette lecture, car on en ressort un peu ébranlé, malgré tout… Et pourtant, je suis une lectrice de Karine Giebel, donc je suis vaccinée contre cette dureté… Mais, tout de même, faites attention si vous êtes sensible à la violence et à la dureté de la vie. Et si vous n’avez pas peur, foncez, car il y a de quoi passer un excellent moment… enfin, voilà, vous me comprenez, quoi !




mardi 22 février 2022

Dompteur d’anges


On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur…
Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au cœur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu’à ce qu’une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature…

Dompteur d’anges
Claire Favan - 2017



J’étais partie à la bibliothèque pour chercher des livres de mon autrice préférée, Karine Giebel, mais j’avais tout lu… Du coup, j’ai demandé à ma bibliothécaire si de nouveaux allaient arriver et, au fil de la conversation, elle m’a conseillé de lire Claire Favan, dont les titres sont assez noirs également selon elle. Alors, je suis sortie avec deux de ses livres et l’espoir de découvrir à nouveau une autrice sadique qui m’horrifierait et me ferait frissonner. Cela a fonctionné !

Alors, qu’ai-je donc pensé de ce premier texte… Il y a eu du suspense dans ce roman. Au début, j’ai découvert Max, un personnage qui me semblait sympathique. Mais tout ce qui lui arrive finit par le changer. Je ne savais jamais à quoi m’attendre avec lui, si ce n’est que ce serait de pire en pire.

Il finit par manipuler tous les gens qui lui tournent autour, et c’est grâce à ça qu’on découvre Cameron, qui est le second personnage principal de cette histoire. J’ai adoré ce personnage, il était vraiment mon préféré de ce texte. J’avais envie qu’il s’en sorte, qu’il trouve le moyen de se reconstruire une vie. C’était un vrai plaisir de le suivre.

Ce texte est clairement prenant. Du moment que je l’ai commencé, je n’ai plus été capable de m’arrêter, je voulais connaître la fin. Pourtant, une grande partie du texte y est dure psychologiquement. Il faut s’imaginer quand même la finalité des actes de Max, tout est juste complètement fou et dingue !

Bon, évidemment, je ne peux pas vous dire en quoi… Je refuse de divulgâcher un si bon roman, vous devez le lire pour découvrir de quoi il retourne. En tout cas, de mon côté, je compte bien découvrir d’autres textes de cette autrice, je suis convaincue !




lundi 14 février 2022

Sauveur & fils


Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, quatorze ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, douze ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, neuf ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, seize ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, cinq, quatorze et seize ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, huit ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

Sauveur & fils (Sauveur & fils T1)
Marie-Aude Murail - 2016



Comme souvent, quand je passe à la bibliothèque, je ressors avec des ouvrages imprévus. Celui-ci, je ne m’y serais pas arrêtée si ma bibliothécaire ne m’avait pas demandé mon avis sur ce texte. Pourtant, la couverture est mignonne, mais je ne l’avais pas remarqué. Pas assez percutante, peut-être. En tout cas, ce fut une sacrée découverte, et ça m’a amené pas mal de mots-clefs en tête.

Il s’y passe beaucoup de choses et, même si ce titre est un jeunesse, il traite énormément de sujets difficiles, lourds, allant de l’automutilation à la dépression, en passant par la découverte de soi et des autres. Le caractère psy est omniprésent, mais est bien amené : l’humour et la légèreté ajoutés par ailleurs permettent de contrebalancer les moments d’aveux difficiles.

Je ne peux pas oublier le hamster. Ben oui, il est sur la couverture et finalement il a un rôle dans l’histoire. Il, ou plutôt elle, permet de faire le lien entre les personnages et permet d’amener aussi d’autres éléments : le deuil, l’amitié, la responsabilité. On ne parle que peu de ce hamster, mais il est lui aussi partout, et j’ai beaucoup aimé les passages qui parlaient de lui…

Et ensuite, que dire de plus ? Pêle-mêle, on trouve la psycho, le mystère, le deuil, les enfants, l’humour omniprésent, les blagues. Je ne vais pas détailler chacun de ces éléments, car je les ai brièvement évoqués : c’est un roman à la fois profond et léger. Il envoie du lourd, mais on a envie de continuer à le lire, car il est décalé, et Sauveur est un vrai sauveur. Surbooké et avec un passé très mystérieux, mais un personnage que l’on veut suivre encore plus. Et avec son fils, la relève est assurée ! En tout cas, je compte bien lire la suite, car j’ai été convaincue par ce premier texte !






jeudi 10 février 2022

2022 : on change un peu !

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je ne vous propose pas une chronique, car j’ai une petite annonce à faire. Il y a trois ans, j’avais entrepris de déménager complètement mon blog, ce qui représente des centaines et des centaines de chroniques… et aujourd’hui, c’est fini ! C’est fait, le blog est totalement déménagé. Alors, bien sûr, il y a toujours des mises en page et des petites choses à corriger à droite et à gauche, mais toutes les anciennes chroniques sont ici, et ça me fait un bien fou !

Du coup, je profite un peu de ce moment pour décider de quelques changements sur ce blog (non, je ne vais pas déménager à nouveau…). En fait, avec le temps, les priorités changent, tout comme les envies. Je lis moins qu’avant. Bien sûr, j’ai quelques moments de folie où je peux enchaîner trois livres sur une journée, mais ces instants sont plus rares. Alors, c’est le signe qu’il est temps de changer un peu.


Donc, à partir d’aujourd’hui, il n’y aura plus une chronique tous les deux jours. Elles apparaîtront au gré de mes lectures, de manière moins mécanique et forcément moins régulière. Mais ce n’est pas une mauvaise chose, car plus c’est rare plus on apprécie !

De même, sur les nouveaux livres que je vais lire (à partir de maintenant), j’ai décidé de changer un peu mon concept de chroniques. Avant, j’essayais en peu de paragraphes de parler de tout… mais finalement, on tombe vite dans le superficiel car on ne peut pas tout dire en seulement une vingtaine de lignes. Mes chroniques resteront courtes, car je ne suis pas fan des longs discours : je reste persuadée qu’il est préférable de lire le livre plutôt qu’un avis.

Je vais plutôt les recentrer sur un ou deux aspects, pourquoi pas en créant un nuage de mots-clefs qui correspondent au livre et qui me seront venus au cours de ma lecture. L’idée est donc que, en un simple coup d'œil, vous ayez une petite idée de mon ressenti (ça plaira à ceux qui n’ont pas envie de lire des dizaines de lignes…).

Il y aura évidemment toujours quelques chroniques à l’ancienne, car elles sont déjà écrites depuis longtemps et sont programmées mais, pour les nouvelles, je vais tâcher de procéder à ces quelques changements, qui j’espère vous plairont !

Voilà pour les nouvelles ! N’hésitez pas à réagir ! Et comme je discute peu avec vous sur ce blog et que je ne participe pas aux rendez-vous des blogueurs, j’en profite pour vous remercier de me suivre (dans l’ombre) et de commenter (dans la lumière) mes articles depuis toutes ces années. Merci, sincèrement, ça me touche énormément !

Merry


mardi 8 février 2022

Terence, l’apprenti magicien


Découvre les aventures de Terence Tournefeuille, un jeune magicien malicieux. Avec Malidjaï, son amoureuse, et Romuald, son meilleur ami, il fréquente l’école de Merlin. Terence aime beaucoup faire des blagues…
Terence, l’apprenti magicien
Sylvie Arnoux & Ko-Hsin Hsu - 2022



Merci à Nats Éditions.

Je ne lis pas souvent de BD car ce format plus visuel qu’écrit ne m’emballe généralement pas trop. J’ai vraiment besoin d’avoir un déclic ou une attirance particulière pour les illustrations pour être vraiment dedans. Là, cela a été le cas, le plus souvent. Les illustrations sont pour la majorité très sympathiques et agréables à regarder. Certaines, par contre, étaient difficilement lisibles, je pense que je ne suis pas assez habituée à ce style. Mais, au global, mon œil était attiré.

Concernant l’histoire, maintenant, il ne s’agit pas vraiment d’une intrigue qui file tout le long de la BD. On a plusieurs planches racontant des petites tranches de vie humoristiques. La plupart prêtent à sourire, et on se fait plaisir en en lisant une de plus, puis une de plus, puis encore une autre.

Au final, il s’agit d’une bande dessinée sympathique et qu’on prend plaisir à découvrir. Certaines planches sont certes plus amusantes que d’autres, mais on passe un bon moment, et c’est l’essentiel.






vendredi 4 février 2022

Stay alive


« C’est une journée ensoleillée et vous êtes parti en pleine nature avec votre famille pour descendre une rivière en canoë-kayak. L’après-midi touche paisiblement à sa fin quand soudain un coup de feu retentit… et votre vie bascule en un instant. Une femme court dans votre direction, poursuivie par trois hommes armés. Il est évident qu’elle se trouve en danger de mort. Et maintenant, vous aussi. Vous ne le savez pas, mais elle cache un lourd secret. La nuit tombe. Vous courez, terrifié, désespérant de trouver un endroit sûr. Tout ce que vous savez, c’est que les hommes qui vous poursuivent ont déjà tué. Et s’ils vous rattrapent, vous serez le prochain… »
Amanda, une jeune femme apparemment sans histoire, découvre avec horreur en rentrant chez elle deux corps sauvagement assassinés dans le lit conjugal : son mari et une jeune femme inconnue qui était manifestement sa maîtresse. Mais le cauchemar ne fait que commencer : le meurtrier est encore sur place et la prend en chasse. Démarre alors une course poursuite extrême dans une nature sauvage dans laquelle Amanda entraîne malgré elle une famille ordinaire.

Stay alive
Simon Kernick - 2015



Merci à Babelio et aux Éditions Prisma.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai adoré. Le début est fracassant, et le suspense est à son comble dès les premières pages. Je me suis immergée dans le roman à une vitesse phénoménale, suivant Amanda et ses périples. J’ai eu peur avec elle lorsqu’elle est rentrée chez elle, pour découvrir… ce qu’elle y a découvert ! Je ne vais quand même pas divulgâcher, vu que vous devez le lire.

Puis, les événements se sont enchaînés, et le périple dans la nature a commencé. Tout le monde doute de tout le monde. Jess et Casey ne font pas confiance à Amanda, et on peut comprendre pourquoi. Mais, à partir de ce moment, je me suis rendue compte que ce n’était plus de l’histoire d’Amanda dont il était question. Jess et Casey sont le point central de cette histoire. Des enfants qui étaient là au mauvais endroit, au mauvais moment, et qui plongent dans un cauchemar sans nom.

Dès cet instant, Amanda ne m’intéressait plus autant et, comme en écho à mon ressenti, Simon Kernick l’a rendue plus effacée, comme un personnage secondaire qui ne savait plus trop quoi faire pour sortir de cette situation hallucinante, mais sur qui on se repose sans aucun doute.

Je n’en dirai pas plus, car sinon je risque de dévoiler trop de choses sur ce roman. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a tout ! Du suspense, des péripéties, un héros malgré lui qui n’hésite pas à foncer dans le tas pour aider les deux gamines alors que cela pourrait lui être reproché (j’adore Scope !), mais aussi des moments d’intense peur. Plusieurs fois, j’ai cru que l’auteur allait réaliser l’impensable. Et la sueur coulait, car j’espérais que non.

Le seul bémol concerne le nœud de l’histoire, que j’ai trouvé un peu facile, car aucun indice n’était vraiment flagrant. Cela aurait très bien pu être quelqu’un d’autre, en fait. Je ne sais pas trop si je me fais comprendre, car c’est difficile de l’expliquer sans trop en dire. En fait, j’ai été un peu (mais très peu !) déçue, car j’aurais aimé que cela soit plus complexe. Mais peu importe : le style est vraiment top, et les pages se tournent à une vitesse folle. Je retiens le nom de cet auteur, car je pense que je le relirai !




mercredi 2 février 2022

Parfaite


Est-ce de l’amour ? De l’obsession ? Glissez-vous dans la peau d’un psychopathe pour qui la différence entre les deux est si infime… Lorsque Beck pousse la porte de sa librairie, Joe est immédiatement sous le charme. Ravissante, effrontée, sexy, elle est tout simplement tout ce qu’il cherche chez une femme. Et quand Joe aime, c’est d’un amour total, inconditionnel. Obsessionnel. Dangereux ? Il commence par infiltrer la vie de Beck par tous les moyens. Il se procure accès à ses mails, la suit virtuellement sur les réseaux sociaux et physiquement dans les rues de New York. Comme il sait tout d’elle, il devance ses moindres désirs. Il est sensible, romantique, toujours au bon moment au bon endroit. Mais si Beck ignore l’ampleur de l’obsession de son nouveau petit ami, Joe ne connaît pas non plus toutes les facettes de sa proie…
Parfaite (You T1)
Caroline Kepnes - 2014



Merci aux Éditions Kero.

J’avoue que je ne m’attendais pas vraiment à cela en lisant ce résumé. Je m’attendais bien à suivre un fou obsédé par Beck, je m’attendais à une histoire qui me ferait froid dans le dos, je m’attendais à avoir peur et frissonner et, au final, j’ai eu droit à tout autre chose. Alors, pour l’originalité, on est pile dedans, bravo.

Par contre, j’ai un peu eu du mal avec les personnages. C’est assez difficile de se mettre dans la tête de Joe, car c’est quand même un sacré obsédé frustré sexuellement, et qui pense être tout à fait sain d’esprit. Il ne peut pas se tromper plus. Il est cinglé, et tout son cheminement d’esprit le montre. Il faut s’imaginer quand même qu’un tel malade puisse disposer de la vie des gens ainsi et se trouver des excuses pour le faire. Il cherche à protéger Beck des autres. La bonne blague !

Je ne peux que saluer la prouesse de Caroline Kepnes de m’avoir mise si mal à l’aise dans la peau de ce fou furieux. J’ai détesté ce type d’emblée et je me suis raccrochée à Beck. Le problème, c’est que je ne l’ai pas aimée non plus. Elle passe vraiment pour une égocentrique qui aime que tout tourne autour d’elle et qui enchaîne les conquêtes, car rien ne semble plus la passionner que le sexe. Beaucoup de sexe. Trop de sexe.

Honnêtement, ces deux-là ne peuvent former qu’un beau couple, finalement. Du coup, ce qui m’a un peu embêtée dans l’histoire, c’est que le côté thriller soit si peu présent. Un fou d’un côté, une folle de l’autre, mais pas de scène qui font monter mon taux d’adrénaline. Tout est plat et naturel, car c’est comme cela que cela se passe dans la tête de Joe.

Le frisson m’a manqué, et c’est bien la seule chose qui manquait à ce roman pour qu’il soit parfait, selon moi. Un thriller où tout est plat ne peut pas me passionner, et pourtant l’esprit de Joe était passionnant. Malade car il partait dans des délires qui me flanquaient le fou rire tellement il était hallucinant, possessif et aussi intelligent qu’il était stupide (franchement, pour trouver Beck parfaite…). Mais pas flippant, car prévisible. On le voyait venir à dix kilomètres, le Joe. Et c'est bien dommage.

Du coup, je ne vous dirai pas de foncer l’acheter absolument dans les trois minutes qui viennent, mais si jamais vous avez l’occasion un jour de le lire, vous aurez clairement entre les mains un roman atypique et assez particulier pour qu’on lui laisse une petite chance tout de même.



Les corps cachés »



dimanche 30 janvier 2022

Night school


Qui croire quand tout le monde vous ment ?
Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Elle vient d’être arrêtée. Une énième fois. C’en est trop pour ses parents qui l’envoient dans un internat aux règles quasi militaire. Contre toute attente, Allie s’y plaît. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire et ténébreux, aussi fascinant que difficile à apprivoiser…
Mais l’école privée Cimmeria n’a vraiment rien d’ordinaire. L’établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d’enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par la très discrète « Night School », dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n’y participe pas.
Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs et peut-être même ses parents lui cachent d’inavouables secrets. Elle devra vite choisir à qui se fier, et surtout qui aimer.

Night school (Night school T1)
C.J Daugherty - 2012



Cette collection n’aura de cesse de m’étonner. Non seulement elle propose de très bonnes dystopies, des romans fantastiques originaux mais, en plus, elle m’offre aussi des thrillers palpitants, pleins de suspense et de non-dits.

Ce roman m’a plu, de la première à la dernière ligne. C.J Daugherty a su me mettre dans l’ambiance dès la première page, en me faisant découvrir une Allie qui n’a pas froid aux yeux et qui se met d’elle-même dans des situations pour le moins inconfortables. Être arrêtée ne doit effectivement pas être drôle. Toujours est-il que ses parents décident donc de la punir. Très sévèrement. Ils l’envoient en internat dans une école spécialisée, en cours d’été. Et elle n’a pas le droit d’en parler à qui que ce soit !

Jusque-là, le schéma reste classique, mais d’emblée les bases sont posées. L’école est inconnue, Allie n’a pas le droit d’en parler. Le mystère autour de cette école est pesant. Et quand Allie s’y retrouve enfin, les gens sont gentils. Anormalement gentils ? Et, là, j’ai été surprise. Que l’on coupe notre personnage principal du monde réel est une chose. Qu’on l’envoie dans une école qui semble d’emblée parfaite, cela veut forcément dire qu’il y a anguille sous roche. Les bases pour un complot hors du commun ? Et, bien sûr, les événements étranges se succèdent. Allie est mise dans une position bien plus difficile qu’avant, car elle doit jongler entre son adaptation à cet endroit, au milieu de ces personnes qui cachent beaucoup de choses, et la découverte d’elle-même.

Évidemment, énormément de scènes sont téléphonées. Il était évident que le mystère tourne autant autour d’Allie, par exemple. Sinon quel intérêt y aurait-il au roman ? Mais il n’empêche que j’ai tout de même eu quelques petites surprises au cours de ma lecture. Car, à force de chercher à dénouer le mystère de Cimmeria, on ne s’attend pas à certaines explosions de vérité, même si la solution finale reste « classique ». Il faut dire que l’autrice sait parfaitement mener le lecteur par le bout du nez pour l’amener où elle le souhaite. Mais, avec le recul, j’avoue qu’elle aurait pu aller encore plus loin dans la folie qui entoure l’école et la famille d’Allie. Peut-être que cela nous est réservé pour le prochain tome ?

En bref, j’ai eu mon lot de sensations fortes, d’arrachages de cheveux pour découvrir la vérité, et de mystère. J’ai eu envie d’étrangler Sylvain et Carter à de nombreuses reprises pour nous cacher tant de choses (et pour être aussi bêtes !), et d’écarteler Jo pour son idiotie. Mais tout est tellement bien ficelé que, au final, on comprend absolument tout. En tout cas, le tome 2 s’annonce particulièrement riche en action, vu la fin de ce tome !



Héritage »