samedi 30 mai 2020

Reboot

178. C'est le chiffre tatoué sur mon bras. C'est le nombre de minutes durant lesquelles je suis restée morte. Je suis une Reboot. Tuée par un virus foudroyant, ressuscitée sous une forme quasi surhumaine. Je ne sens plus la douleur, ni les émotions. 178 minutes de mort clinique ont fait de moi un robot, un soldat. J'obéis aux ordres, je traque, je tue. On me confie les nouveaux Reboots. S'ils échouent, ils meurent. Ça ne me fait rien, je suis Wren 178. Je suis restée sans vie pendant 178 minutes. Pourtant, depuis que j'ai rencontré Callum, un Reboot 22, je ne me suis jamais sentie aussi vivante.

#1 Reboot (2013)
Science-fiction - 326p.

J’ai découvert ce titre il y a plus d’un an aujourd’hui, et lorsque j’ai lu le résumé, j’ai su qu’il me le fallait. Il respirait l’originalité, et mon intérêt en a été tout de suite éveillé. Pourtant, il m’a fallu du temps avant de le lire, plus par manque de temps qu’autre chose, et c’est à l’occasion d’un défi et d’une lecture commune que je me suis enfin lancée dans cette histoire. J’ai aimé, mais il y a tout de même un petit « mais ».

Côté originalité, rien à dire : les Reboots sont des personnages infectés par un virus qui leur permet à leur mort de rebooter, mais un peu différents, moins humains. Chacun revient plus ou moins rapidement, une durée en minutes qui devient leur nombre de désignation. 178 est celle qui a mis le plus de temps à se réveiller. Elle est moins humaine que les autres psychologiquement et a du mal à ressentir des émotions. Tout du moins, c’est ce qu’elle pense, vu qu’il s’agit du discours général. Et elle se rend compte, avec l’arrivée de 22, que ce n’est pas tout à fait aussi simple.

Le monde présenté est très crédible et vraiment très intéressant. Nous évoluons avec 178 et 22 dans un univers dystopique où les faux-semblants et les complots sont de mises, où rien n’est vraiment ce qu’il paraît et où des ennemis naturels peuvent se révéler de grands alliés. Les péripéties sont au rendez-vous, et on ne ressent pas cette impression que donnent certains livres face au vide intersidéral qu’ils nous proposent au niveau de l’histoire. Non, cette dernière est riche et travaillée. Rien à dire, vous ne vous ennuierez pas.

Ce qui m’a gênée, en fait, dans ce roman, c’est 178. Si l’on se fie à ce qu’elle pense elle-même, elle ne peut pas ressentir. Or, c’est ce qu’elle fait, et ses actions parlent d’elles-mêmes, mais son discours ne cadre pas avec ses agissements. Au début, j’ai eu l’impression qu’il s’agissait d’une incompréhension de ses propres sentiments la part de l’héroïne, mais certains détails nous laissent à penser que non… C’est assez subtil, et j’ai eu plusieurs fois l’impression qu’il y avait de petites maladresses au niveau du texte qui m’empêchaient de vraiment me rapprocher du personnage. Comme si quelque chose sonnait faux sans que j’arrive à mettre le doigt dessus.

Heureusement, 22 m’a beaucoup plu. Lui qui s’est réveillé si vite est encore tellement humain et tellement nature que l’on ne peut que sourire de ses répliques. J’ai beaucoup apprécié ce personnage et ce qu’il a permis d’éveiller chez 178. D’ailleurs, je trouve 22 bien plus intéressant que les autres, dans la mesure où il est obligé d’évoluer pour s’adapter, et s’en donne tous les moyens, quitte à utiliser le culot et demander à 178 de le former. Il n’a pas froid aux yeux et ose. J’ai frissonné pour lui, car il est au centre de tout : c’est par lui et pour lui que cette histoire vaut le coup d’être lue.

En bref, une très bonne lecture, mais j’attends de la suite au moins autant de rebondissements, et une fin absolument explosive, pour ne pas faire retomber la pression !

jeudi 28 mai 2020

Absences

Nick et Dara sont deux sœurs aux caractères bien distincts. En quelques mois, leur vie bascule : leurs parents divorcent, un amour se brise, et un accident de voiture a lieu. Nick était au volant mais a tout oublié. Dara a de nombreuses séquelles et se souvient, puis décide de disparaître en laissant un message énigmatique. Nick met tout en œuvre pour la retrouver.

Absences (2015)
Contemporain - 383p.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j'étais partie pour faire une chronique assassine, peu agréable pour montrer à quel point je m'étais ennuyée. C'est bien simple, mon rythme de lecture s'était incroyablement réduit lorsque j'ai parcouru le début de ce livre.

Le style était bavard, insupportable, les filles sans aucune personnalité, les parents incompréhensibles dans leurs réactions... et je ne parle pas des maladresses ayant donné lieu à des incohérences, un fil conducteur qui ne conduit pas ou à des scènes qui, d'après la fin, étaient importantes et pourtant étaient tellement peu mises en valeur que l'on ne s'en rappelait même plus quand il le fallait.

Car oui, ce livre laisse des tas d'indices, petit à petit, perdus dans le fouillis de descriptions sans queue ni tête, qui peuvent nous permettre de comprendre. Mais on ne comprend pas, et la fin du livre nous donne une grande claque, tant on se rend compte que l'histoire va plus loin que ce que l'on pensait au début de la lecture.

Il y a de l'idée, une sacrément bonne idée qui remonte clairement l'estime que j'avais de ce livre au début, et je n'ai pas peur de dire que j'ai aimé cette fin. J'en avais le cœur qui battait à cent à l'heure, quand j'ai compris où l'auteur nous menait. J'en oublie les quelques lettres finales qui ne servent à rien, j'en oublie les nombreux chapitres qui étaient trop longs et relataient des événements inintéressants.

Je retiens cette idée, et je déplore la maladresse de l'auteur qui n'a pas su la mettre en valeur comme il se doit. Cela aurait mérité, selon moi, plus de travail, pour mieux mettre en évidence tous les détails importants, pour nous situer un peu mieux les lieux les uns par rapport aux autres pour qu'on ne s'y perde pas, pour nous permettre de mieux discerner les personnages les uns des autres. Quand je commençais un chapitre, malgré la précision de la date et de la sœur narratrice, il me fallait toujours revenir en arrière pour vérifier de qui il s'agissait, car j'avais toujours l'impression d'avoir affaire à la même.

En bref, un avis donc assez mitigé, tendant quand même vers le positif pour ce dernier tiers de roman qui m'a vraiment étonnée.

mardi 26 mai 2020

Sur la route d'Anvers

Sur la route d'Anvers, Étienne rencontre Nina, une mystérieuse jeune femme pourtant supposée avoir été assassinée la veille.
Ensemble, ils essayent de se joindre à l'enquête de la commissaire Justine Chevalier afin de comprendre pourquoi elle a été tuée.
Mais comment expliquer qu'Étienne soit le seul à voir Nina ? Pourquoi l'a-t-elle choisi lui, un simple chauffeur routier ? Comment la commissaire et son équipe voient-ils cette aide pour le moins... inattendue ?

Sur la route d'Anvers (2015)
Policier - 276p.

Merci à Nats Éditions.

C’est une lecture bien agréable qu’il m’a été donné de lire, mais vous n’imaginez pas à quel point ma chronique sera difficile à écrire, car j'ai vraiment tardé à la rédiger, par manque de temps. Elle sera donc très certainement assez courte, mais je vais essayer d’y retranscrire l’essentiel.

Pour commencer, je vais vous dire que j’ai dévoré ce roman. Je sais, ce n’est pas la première fois, vous en avez l’habitude. Simplement, c’est bien la première fois que j’ai en main un policier fantastique avec un tel niveau de langage. La plume de l’auteur devait glisser sur le papier tout comme les mots sur mes rétines. Le style est vraiment très agréable et, bien qu’il ne soit pas « courant orienté jeunesse », il pourra interpeller tout le monde : les jeunes, comme les moins jeunes.

Le seul ennui d’un tel niveau de plume consiste dans l’impression de « faux » qui se dégage des paroles des personnages. Qui parle comme ceci dans le langage courant ? Certainement pas un camionneur et des policiers. Mais pour la famille de Nina et ses proches, cela passe tout à fait. Il aurait fallu du coup faire une juste mesure au niveau du langage de chacun. Pour une fois qu’une auteure peut le faire, ce serait un vrai plus au roman.

Concernant l’intrigue en elle-même, ne vous attendez pas à un thriller. Pas de scène de peur ou de fort suspense. Vous aurez ici droit à une affaire policière solide dont les méandres sont extrêmement bien ficelés. Vous accompagnerez les personnages dans leur recherche de la vérité, et vous élaborerez vos hypothèses en même temps qu’eux.

J’ai trouvé que la graduation des événements était également très bien menée. D’un simple meurtre, on arrive à une intrigue bien plus complexe, et le tout est très bien présenté : on ne s’y perd pas, et notre intérêt est capté. J'ai vraiment pris un énorme plaisir à découvrir le pot-aux-roses. Sans compter que l'auteure a agrémenté toute son histoire d'intrigues secondaires concernant les personnages, et c'était vraiment sympathique de les voir évoluer ainsi ! Le côté réaliste en était même touchant, car dans la vie, tout n'est pas rose, tout comme dans ce roman.

En somme, lisez-le. Vous passerez un très bon moment !

dimanche 24 mai 2020

Les Oubliés

An 250 après la IVème guerre mondiale.
Seules quelques grandes villes parviennent à subsister et leurs populations à survivre grâces aux coupoles qui les protègent du monde extérieur.
Chaque année, le Nouvel Ordre Mondial détermine l’avenir des jeunes de seize ans. Et chaque année, certains d’entre eux disparaissent. On les appelle les Oubliés.

#1 Derniers jours (2015)
Jeunesse, Science-fiction - 371p.

Merci au forum Mort-Sûre et aux Éditions Plume blanche pour ce titre.

Depuis le temps que je voyais passer ce titre sur la toile, il me fallait absolument le découvrir. C’est bien simple, toutes les chroniques que j’ai lues étaient, sans exception, fortement positives. Alors, passer à côté de ce titre n’était même pas envisageable. Donc quand j’ai été sélectionnée, j’ai (presque) littéralement sauté de joie. J’allais enfin vérifier si j’étais effectivement d’accord avec le plus grand nombre, ou pas !

Le monde présenté dans ce titre me faisait penser à celui de Never sky. Les gens vivent isolés dans des coupoles car l’air ambiant est devenu toxique et que la planète n’est plus aussi accueillante qu’elle l’est actuellement. Mais la comparaison avec ce titre s’arrête là, car l’univers de Léna Jomahé est bien plus fourni, complexe, et machiavélique. Toutes les explications concernant cet univers dystopique m’ont surprise de par leur quantité et leur précision. Je me suis figurée ce monde, et je m’imaginais absolument tous les lieux, comme si j’y étais. Aucun détail n’a été laissé au hasard, ce qui a permis de mettre en place un contexte crédible et terrifiant.

Du côté de l’intrigue, rien à dire non plus : les événements s’enchaînent, il n’y a pas de temps mort. Quand on pense qu’on va enfin se poser, un nouvel élément est positionné, et on repart de plus belle dans les aventures d’Éléa et de Clara. D’ailleurs, j’ai beaucoup, mais alors beaucoup, apprécié de voir cette histoire parallèle entre les deux jeunes filles. Même si au début je me demandais un peu qui était Clara car elle n’apparaissait que très peu. Mais l’auteure l’évoquait de plus en plus, et son histoire m’interpellait tout particulièrement, alors je m'y suis attachée.

En somme, jusque-là, rien que du très positif... Il y a juste un petit « mais ». Je vais passer pour une rabats-joie, peut-être, ou pour une fille un peu trop sévère, mais je n’ai pas été du tout convaincue par les « Inséparables » et les personnages dans leur globalité (oui, oui !). J’ai trouvé leur comportement (ainsi que celui de ceux qui les entourent, à l'exception de Clara qui est la seule à m'avoir touchée) très immature et peu adapté à la gravité de l’univers dans lequel ils évoluent : le décalage est bien trop flagrant et mon scepticisme m’a rattrapée à une vitesse inouïe. J’ai dû difficilement avaler des « ma belle », « ma moitié », qui donnaient un côté vraiment gnan gnan aux dialogues de cette bande de gosses, ce qui finalement décrédibilise tout ce qui a de bon et de soigné dans cette histoire…

En bref, ce livre est vraiment très bon. Je suis en effet réellement conquise par cet univers, par ce style de l’auteur qui est très fluide et agréable à lire, par ces intrigues qui m’ont surprise et captivée du début à la fin. Mais je n’ai pas supporté ces jeunes sans saveur, qui ne m’ont fait ressentir absolument aucune émotion, et qui étaient à la limite de me donner envie de les baffer de par leur niaiserie. C’est dommage, car sans eux, je n’étais vraiment pas loin du coup de cœur !

vendredi 22 mai 2020

A kiss in the dark

Lorsqu'Alex et Kate se rencontrent, l'attirance est immédiate.
Il a de l'humour, un beau visage et un brin de timidité : tout ce que Kate recherche chez un petit ami.
Elle est jolie, craquante, avec un irrésistible soupçon de naïveté : Alex ne peut résister à son charme.
L'un des deux cache pourtant un lourd secret qui va non seulement peser sur leur amour naissant, mais aussi menacer leur vie...

A kiss in the dark (2014)
Contemporain - 393p.

Cat Clarke est une auteure que j'ai découverte il y a quelque temps déjà, et ouvrir un de ces romans correspond toujours à la promesse de se prendre une claque gigantesque. Les thèmes qu'elle traite sont toujours très forts, et très bien mis en place, avec une émotion à fleur de peau. Ça a aussi été le cas dans ce roman, mais c'est clairement le moins bon de ceux que j'ai lus.

Première raison : ce résumé... Pourquoi vouloir cacher le secret alors que celui-ci nous est révélé à la fin du chapitre 2 ? C'est un non-secret, et finalement le fait de savoir donne encore plus envie de découvrir l'histoire. Car ce n'est pas du mystère qui vous attend dans ce roman, mais plutôt l'oppression de savoir si les personnages vont savoir aller au bout, s'ils vont finalement arrêter de mentir et ouvrir les yeux ! Alors, si vous avez peur du spoiler, ne lisez pas plus bas...

La deuxième raison qui me fait dire que ce roman est moins bon que les précédents : Alex. Ce personnage est insupportable de niaiserie et de stupidité. Je ne la comprends pas. Elle n'a aucune once de courage en elle et laisse les choses se faire : Kate pense qu'elle est un garçon, alors elle fait tout pour qu'elle y croit. Non mais, dans quel monde vit-elle ? Celui des Bisounours ? Je peux comprendre qu'un manque affectif peut pousser à l'extrême les idées des gens, mais je n'y ai pas cru une seconde. Son personnage est aussi peu crédible qu'elle est intéressante.

Par contre, Kate, c'est une autre histoire ! J'ai adoré sa réaction, et je me suis surprise moi-même à lui trouver des excuses, et à la prendre en pitié... jusqu'à ce qu'elle se venge. Bien sûr, elle s'est laissé entraîner elle aussi dans les mensonges, mais le personnage était crédible, et même si je ne cautionne pas du tout son attitude, je la comprends mieux. Du coup, la seconde partie du roman a été plus agréable à lire, et plus intéressante également.

Moins d'Alex, plus de Kate. Et une fin qui m'a surprise et que j'ai beaucoup aimée, car elle ne ressemble à aucune des fins des livres de Cat Clarke.

mercredi 20 mai 2020

Le bout du tunnel

Changer sa vie… qui n’en a jamais rêvé ? David Atlan, un homme sans histoires, va se voir offrir cette chance, alors qu’il ne l’espérait même plus. Mais à quel prix ? Propulsé d’une monotonie soporifique à l’inattendu d’une enquête aux multiples facettes, il devra composer avec une partenaire – très – particulière et endosser différents rôles pour parvenir à ses fins. Il réalisera qu’au-delà des simples apparences, cette transformation l’emmènera à s’impliquer bien plus que ce qu’il avait pu imaginer, payant d’une contrepartie indélébile sa nouvelle vie.

Le bout du tunnel (2015)
Thriller - 247p.

Merci à Livraddict et à Jérôme Dumont.

Généralement, je ne postule pas pour des livres autoédités. En effet, les ouvrages sont généralement moins « soignés » que les romans sortant de maison d’édition (encore que cela ne soit pas vrai tout le temps). Mais dans ce cas présent, le résumé m’avait particulièrement interpellée, et je voulais vraiment découvrir cette histoire, alors je me suis lancée, et je ne le regrette absolument pas !

Certes, on retrouve les marques d’un roman autoédité – une mise en page non conventionnelle avec des sauts de ligne superflus et des coquilles qui auraient été tout de suite repérées par un correcteur professionnel – mais dans l’ensemble, l’histoire tient la route. Dès les premières pages, je me suis rendue compte que l’auteur avait un style tout à fait particulier, et un humour assez caustique, qui ont apporté une atmosphère vraiment appréciable.

Les personnages, s’ils n’ont pas une personnalité réellement atypique, ont tout de même leurs tics et habitudes, et j’ai aimé suivre les aventures de Lisa et David. J’ai d’ailleurs préféré Lisa, dont le côté bad ass est plus que flagrant. David est un peu plus effacé, mais son envie de faire ses preuves lui permet d’obtenir petit à petit sa place dans l’équipe.

L’intrigue en elle-même tient généralement la route, même si certains événements étaient assez prévisibles. Un peu plus de suspense aurait été le bienvenu pour étoffer un peu le roman et supprimer ce côté lisse qui nous oblige à lire passivement le texte. Passivement, mais avec intérêt tout de même, je le précise à nouveau !

En somme, c’était une bonne lecture que je recommande pour passer un moment sympa, bien que trop court tant le roman se lit vite, au sein d’une mission secrète atypique. J’ai cru comprendre qu’il était prévu une suite aux aventures de Lisa et David, et j’espère pouvoir la découvrir très bientôt !

lundi 18 mai 2020

La planète rêvée

Les habitants de Starie ont perdu leur sourire. Leur planète est en train de mourir. Bouquinéo, le vieux bibliothécaire conseille alors aux habitants de partir pour la planète bleue.
Malheureusement, elle aussi a changé. Il faut aider ces personnes à prendre conscience du danger qui les attend. Mais une cohabitation entre stariens et terriens est-elle vraiment possible ?

La planète rêvée (2020)
Jeunesse - 38p.

Merci à Nats Éditions.

J'ai bien aimé ce petit jeunesse éducatif montrant quelles dérives vit notre pauvre planète. Au travers des yeux de petits aliens, on (re)découvre la Terre d'une manière fraîche et ludique, qui tend à faire réfléchir aux conséquences des actes de ses habitants. C'était vraiment bien trouvé.

En plus, j'ai trouvé les petits aliens trop mignons ! Leur bouille m'a beaucoup plu, et du coup j'avais envie de les regarder plutôt que de lire. Et pourtant, ce que je lisais était intéressant. Comme quoi ! En bref, ce petit livre permet de mettre en avant le comportement de chacun et l'importance de faire des petits gestes pour notre belle planète.

samedi 16 mai 2020

Au soleil redouté

Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, cinq lectrices participent à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers. Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ?
Au plus profond de la forêt tropicale, d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur rôde. Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, une disparition transforme le séjour en jeu... meurtrier ?
Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir... et mourir.
Yann, flic déboussolé, et Maïma, ado futée, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté... est venu pour tuer ?

Au soleil redouté (2020)
Thriller - 432p.

Je me suis ennuyée ! Voilà, c'est dit, je suis désolée, M. Bussi, mais, pour la première fois de ma vie, je n'ai pas du tout adhéré à votre roman ! J'en suis triste, déçue, effondrée, car avec vous je m'attends toujours à avoir une claque, à adorer ma lecture, à passer un moment magnifique et terrible à la fois. À me sentir mal pour les personnages, à ne pas vouloir terminer ma lecture. Là, ce fut l'inverse.

J'avais hâte de terminer, car cela n'avait, pour moi, ni queue ni tête. Je n'ai pas su m'attacher aux personnages (très nombreux quand même), et donc je n'ai pas suivi avec passions leurs histoires, qui me paraissaient tellement disparates. J'ai lu cette histoire de façon détachée, et je pense que je suis donc passée à côté de quelque chose. La narration me semblait brouillonne, j'avais l'impression de changer de points de vue sans arrêt, et donc de ne pas réussir à me fixer sur un personnage en particulier. Pour moi, aucun n'était innocent ou coupable, j'avais l'impression d'une vaste supercherie.

Pourtant, quand on découvre la fin, on comprend ce qu'a voulu écrire l'auteur, et je suis tellement déçue de n'avoir pas su apprécier ma lecture pendant ma lecture. Car cette révélation aurait dû me scier, me scotcher. Comme pour tous les livres de Bussi, en fait. Et là, je suis juste blasée d'être passée à côté. Je suis vraiment triste, mais c'est comme ça. J'ai eu l'impression de ne pas lire un Bussi, ce qui est fou !

Par contre, sachez que beaucoup de lecteurs ont aimé ce nouveau texte, car ils ont certainement dû rentrer dans l'histoire et se complaire dans l'ambiance des îles. Donc tout n'est pas perdu, vous pourrez peut-être aimer !


jeudi 14 mai 2020

Inconsolables

Une perte insurmontable
Des destins qui se croisent
Que reste-t-il quand la vie nous a tout enlevé ?

Inconsolables (2020)
Thriller - 176p.



Merci à D.F. Novel.

Ce n'est pas la première fois que je lis cet auteur. J'avais beaucoup adhéré à une de ses nouvelles, Survivantes, pour laquelle j'avais été très emballée, même si j'avais été un peu critique sur le développement. J'avais ressenti du potentiel dans cette histoire, et j'en voulais alors plus, car l'intrigue le méritait.

Ici, on a du développement, ça c'est bon ! Il y a un certain nombre de personnages, chacun à son histoire, on peut effectivement les découvrir, ressentir leur peine, leur souffrance. J'avoue que c'est négatif, dit comme ça, mais on ne peut pas vraiment dire qu'ils respirent la joie de vivre, alors si vous souhaitez lire des histoires de bisous, de câlins et de licornes, passez votre chemin. Dans ce texte, on a du noir, du très noir. Et j'avoue que c'est plutôt bien exprimé !

Le style est assez percutant, et j'ai aimé suivre les événements successifs de cette intrigue. Mais j'ai été un peu perdue par moment. Car dans chaque chapitre, au demeurant très long, on part sur la description de plusieurs personnages, différents du chapitre précédent, mais sans qu'on ait un réel lien évoqué tout de suite. Alors, la lumière se fait au fur et à mesure, mais sur le coup, c'est plutôt perturbant.

Heureusement, ce petit détail ne m'a pas ralentie dans ma lecture... au contraire, je voulais savoir où l'auteur voulait en venir ! Car j'étais parfois perplexe au point de ne pas comprendre et de me demander s'il s'agissait d'un recueil de nouvelles. Oui, oui, je suis allée jusque-là dans mon incertitude. Au final, c'est un livre plutôt sympa, mais très axé sur le deuil et sur le côté pessimiste des événements relatés. Quand on apprécie ce genre, on est bien en lisant ce récit. Mais il vaut mieux ne pas le lire quand on est déprimé !

mardi 12 mai 2020

U4

Cela fait 10 jours que le virus U4 accomplit ses ravages. Plus de 90% de la population mondiale est décimée. les seuls survivants sont des adolescents. L’électricité et l’eau potable commencent à manquer, tous les réseaux de communication s’éteignent. Dans ce monde dévasté, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane se rendent, sans se connaître, à un même rendez-vous. Parviendront-ils à survivre, et pourront-ils changer le cours des choses ?
Koridwen a survécu à tous les habitants de son hameau de Bretagne. Avec l'aide d'Yffig, elle les a inhumés les uns après les autres, puis le vieil homme est lui aussi décédé. Le jour de ses 15 ans, suivant les dernières volontés de sa mère, la jeune fille ouvre une enveloppe laissée par sa grand-mère. Dans ce courrier, il est question d'un long voyage et de mondes parallèles.

#2 Koridwen (2015)
Science-fiction - 362p.

Merci à Nathan/Syros et à la Masse critique de Babelio.

En effet, il y a un mois, je vous avais chroniqué Yannis, et vous faisais alors part de mes craintes concernant la lecture d’un autre titre de cette saga. Je doutais car les quatre personnages principaux, dont chacun fait l’objet d’un titre, se rencontraient dans Yannis et passaient un certain temps ensemble. Du coup, les répétitions me hantaient. Et je peux vous dire que, même si elles sont très bien gérées, on les sent passer.

Les deux premiers tiers du livre sont passés comme une lettre à la Poste. Mais quand Yannis et Stéphane ont fait leur apparition, mon débit de lecture s’est réduit. Je savais ce qu’il allait se passer, et j’attendais ce moment particulier où Koridwen s’éloignerait, pour voir sa fin. Alors, certes, on ne nous ressert pas les dialogues tels quels, et l’utilisation du point de vue de Koridwen est opportun car on voit la scène différemment. Mais je ne suis pas très fan des « mêmes histoires vues par les yeux d’un autre ». J’ai besoin d’inédit et d’originalité pour avancer.

Toutefois, au global, rassurez-vous : ma lecture de Koridwen était fantastique. J’ai trouvé l’univers de l’auteur absolument incroyable : c’est U4, je savais donc que Kori devait rejoindre Paris, etc. etc. Tout comme dans Yannis. Mais si Yannis m’avait plu, Koridwen m’a quant à lui enchanté ! Dans ce titre, Yves Grevet a ajouté l’univers de la Bretagne, avec des légendes et des croyances sympathiques, qui ont ponctué la quête de la jeune fille, la poussant à aller jusqu’au bout de ses convictions et donnant un petit effet imaginaire et fantastique à cet opus.

L’originalité est indiscutablement au rendez-vous, et amène en fait un autre problème : cette fin est tout simplement parfaite. Mais voilà : c’est la fin, justement ! Elle m’a apporté des frissons et ce cri (« C’est pas vrai !! ») que j’attendais de pousser pour Yannis et que je n’ai pas émis car il m’a laissé un sentiment d’inachevé.

Je n’ai pas encore lu Jules et Stéphane (et peut-être ne le ferai-je pas, du coup), mais je ressors de ce roman avec la certitude – peut-être ai-je tort ? – que Koridwen est le seul roman à donner la clef de l’énigme, cette fin que l’on attend. J’aurais voulu que ce soit le dernier roman de cette série, pour finir sur cette touche magistrale, à laquelle on refuse de croire pendant tout le livre et qui nous arrive comme une claque en parcourant les dernières lignes.

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