jeudi 26 janvier 2023

On a fait du mal à Hugo

Hugo est un petit écureuil comme tous les autres petits écureuils du monde. Il a un papa, une maman, une grande sœur. Il a des copains, il va à l’école. Il aime faire du vélo et jouer à la console.
Des fois, il fait des jeux de société avec ses parents. Il n’aime pas perdre, mais ce n’est pas grave.
Mais un jour, il se passe quelque chose.
On a fait du mal à Hugo, et Hugo n’est plus pareil.
On a fait du mal à Hugo
Clémence Heissat & Sabrina Moguez 2023

Merci à Nats Éditions.

Le titre de ce roman résume tout. On sait globalement quelle sera la thématique de ce roman dès qu’on voit la couverture et on sent que l’émotion sera au rendez-vous. J’avoue que je ne m’attendais pas à une telle métaphore (la morsure), néanmoins cela est nécessaire pour ne pas choquer les plus petits, même si on perd complètement le sens premier de l’histoire : les plus petits ne comprendront pas, et la portée pédagogique disparaît en partie car ils pourraient penser que seule la violence physique est ici abordée, alors que cela va bien plus loin.

Je trouve tout de même que l’histoire est traitée avec finesse et sensibilité. On met bien en avant les conséquences d’une agression physique, et surtout on voit le rôle difficile de la victime : Hugo peut-il parler de son problème ? Et, après tout, même s’il le faisait, est-il en droit de le faire ? Car c’était peut-être tout à fait normal, c’était un simple « jeu » finalement ! Il est donc clair que tout comportement différent peut être le signe d’un mal-être bien plus profond, et les adultes doivent être attentifs.

Côté illustrations, on retrouve Sabrina Moguez, dont j’aime beaucoup les dessins. Elle sait mettre en avant les éléments clef de l’intrigue et nous permet de nous immerger plus dans l’histoire. On veut supporter le petit Hugo, il est tellement mignon. Et puis, un peu de couleurs fait du bien dans cette histoire plutôt sombre.

mercredi 18 janvier 2023

Un dernier adieu

Il y a des périodes dans notre existence où tout semble aller de travers. On a envie de laisser tomber, d’accueillir les ténèbres à bras ouverts et de se noyer dans cette douce mélancolie pour échapper aux affres de la vie, à la dure réalité.
Mais sur le sentier de la vie, pavé de pièges et de nids de poule, le plus important n’est pas d’éviter la chute, mais de savoir se relever.
Un dernier adieu
Maureen Dalla 2022

Merci à Maureen Dalla.

En fait, non, je ne sais pas pourquoi je remercie l’autrice. Quelle idée de nous faire pleurer avec un texte pareil ? Je déteste perdre un animal, j’ai toujours l’impression de l’avoir abandonné, de ne pas avoir fait ce qu’il fallait. C’est un sentiment très difficile, de nombreuses larmes et des journées dans le brouillard pendant lesquelles il faut continuer d’avancer coûte que coûte.

J’ai trouvé que la douleur de la perte était bien représentée ici, bien qu’un peu surjouée par le personnage. En même temps, elle a des circonstances aggravantes avec les pertes cumulées de son emploi (heureusement que les contrats de travail protègent de cela dans la réalité…) et de son mec (quel salaud !). Mais il fallait bien cela pour la décider à se retirer du monde et rejoindre sa grand-mère… pour que l’histoire commence enfin.

Ce périple dans la forêt et cette rencontre étaient fabuleux. J’ai compris tout de suite de quoi il retournait ; en même temps, l’autrice a disséminé des indices pour que l’on comprenne rapidement et que l’on profite encore plus du texte. Pas besoin de suspense et de mystère, ici. On est dans les sentiments, dans la douleur et dans l’amour. Il suffit de se laisser porter et d’apprécier ce dernier adieu.

Mais, un petit plus quand même pour cette phrase finale. Cette fin est juste parfaite !

mardi 10 janvier 2023

Le sixième sommeil

Phase 1 : Assoupissement
Phase 2 : Sommeil léger
Phase 3 : Sommeil lent
Phase 4 : Sommeil très profond
Phase 5 : Sommeil paradoxal
Phase 6 : Le sixième sommeil.
Celui de tous les possibles.
Le sixième sommeil
Bernard Werber 2015

Une petite note sur ce texte de Bernard Werber. Depuis que j’ai découvert cet auteur, je me régale avec ses écrits, parsemés d’informations scientifiques et de belles pensées sur la façon de bien vivre sa vie. Je ressens à chaque fois un grand optimisme et des aspects positifs dans tout ce que j’y lis, même si parfois les événements sont compliqués. Et puis, là, il s’agit quand même de la thématique du sommeil.

On aime tous dormir, alors lire un livre sur les différentes phases de sommeil, qui permettent de se reposer, de reconstruire les pensées, mais aussi d’apprendre et de dépasser les limites de l’éveillé, cela ne pouvait que me plaire. J’ai trouvé ce texte passionnant dès le début. J’aimerais tellement m’initier au rêve lucide, à cette capacité de contraindre mon cerveau à apprendre ce que je veux qu’il apprenne pendant la nuit (pour ne pas avoir à le faire moi-même !).

Puis, passée l’enfance de Jacques, j’ai trouvé le récit un peu plus long, l’intérêt était différent. J’ai adoré l’histoire autour de l’île, mais j’avais l’impression de m’éloigner du sujet premier, alors qu’on est pourtant à 100 % dedans. Et puis, sérieusement, ces rencontres de divers Jacques à travers les temps, cela ne pouvait que me captiver. Voyager dans le temps via le sommeil, il fallait y penser !

Petit bémol sur la fin que je trouve un peu rapide, j’aurais aimé un échange entre la mère et le fils, à propos de cette découverte incroyable. Bon, évidemment, je dis ça, mais j’ai dévoré le livre du début à la fin, et même s’il n’y a pas eu cet échange final, comment ne pas adhérer à cette plongée dans l’inconscient ?

lundi 2 janvier 2023

I.R.R.É.E.L

Dans l’univers des livres, il existe une organisation secrète qui veille à ce que les histoires se déroulent comme elles ont été écrites. Elle a pour nom l’IRRÉEL : l’Institution de Régulation Romanesque des Êtres et Énergies des Livres.
Laura, jeune écrivain de science-fiction, découvre son existence lorsqu’elle bascule par hasard dans l’univers qu’elle a créé. Recrutée par l’IRRÉEL, elle en découvre les missions et les secrets. Ses agents, des personnages secondaires de la littérature, ont le pouvoir de voyager d’un livre à l’autre : ils sont là pour lutter contre les anomalies qui perturbent les récits. En plus des modifications accidentelles, des personnages rebelles, menés par le célèbre Arsène Lupin, semblent décidés à semer le désordre.
Laura se retrouve au cœur d’une conspiration qui pourrait bien mettre en danger les milliers d’histoires qui ont traversé les âges…
I.R.R.É.E.L
Claire Hoffer 2022

Merci à Babelio et aux Éditions du Jasmin.

J’ai adoré ce livre, et pourtant j’y ai vu quelques défauts. Commençons par ceux-ci avant de finir sur une note positive. J’ai découvert ce que voulait dire IRRÉEL à l’instant, en lisant le résumé. Je ne me souviens pas que cela ait été mentionné dans le roman. Peut-être rapidement. Trop pour que cela me marque, c’est dommage. Mais c’est finalement un détail. Ce qui m’a le plus perturbée, c’est le contexte. Désolée pour la référence en avant, mais… cette dictature (vous comprendrez en lisant le livre), qu’elle soit là ou pas, je ne vois pas la différence pour les personnages. Il y a un manque d’enjeu énorme, même si on le comprend quand même entre les lignes : c’est juste dommage que les choses n’aient pas été écrites noir sur blanc.

Mais pour tout le reste, c’est gagné. Cette histoire, cette mythologie qui est créée, la façon dont tout est relaté et explicité, tout m’a plu. C’est juste complètement dingue de s’imaginer une romancière qui « rentre » dans un livre pour se retrouver au sein d’une organisation qui cherche à veiller à ce que nos histoires se déroulent toutes de la même façon. Qui n’a pas rêvé, enfant, de lire un livre et que cela ne se passe pas comme à la première lecture ? Pas moi, j’ai toujours voulu redécouvrir chaque histoire différemment !

Alors, finalement, j’aurais bien voulu que l’organisation de l’IRRÉEL arrête de tout figer comme ça. Et je me suis laissée prendre par l’histoire, à suivre les personnages, l’aventure, à tous les aimer et les redécouvrir, car on parle quand même ici de rencontrer Homère, Arsène Lupin, Peter Pan ou même Roméo et Juliette. Ce roman est un vrai rêve ! Ces grands noms côtoient des inconnus, qui sont eux aussi hauts en couleur et qu’on aime découvrir.

J’ai aimé me perdre dans ce livre et profiter de la plume de l’autrice, fluide et agréable. Elle sait nous emmener dans son univers et nous faire adhérer à son histoire. C’était un super moment, et j’aurais aimé qu’il dure indéfiniment. Comment on fait, déjà, pour rentrer dans un livre ?

mercredi 30 novembre 2022

Dans quel monde vivront nos petits-enfants, demain ?

2046. Le monde a bien changé. Les virus, les désastres économiques et le dérèglement climatique ont presque anéanti population et nature.
Pour faire face, les gouvernements se sont unis en un régime autoritaire pour créer le Nouveau Monde, et sauver ce qu’il en reste : les Hommes sont réunis d’un côté de la Terre, et l’autre côté de la planète est rendu à la Nature, pour tenter d’y rétablir les écosystèmes.
Dans le Finistère, Élise poursuit sa quête d’un monde meilleur pour ses petits-enfants en leur transmettant le goût des traditions, les valeurs d’antan, tout en résistant secrètement contre le régime en place.
Mais, l’ennemi est-il vraiment celui qu’elle imaginait ?
Dans quel monde vivront nos petits-enfants, demain ?
Amy Du Costiou 2022

Merci à Nats Éditions.

Ce texte ne peut pas laisser indifférent face à la situation actuelle. Sur fond de dénonciation écologique, l’autrice nous peint un tableau post-Covid où la prise de conscience écologique semble bien ancrée, mais où finalement beaucoup de dérives subsistent. Comment vous raconter l’importance de ce texte sans trop vous en dévoiler ?

Peut-être en vous disant que si vous aimez les théories du complot vous serez servis ? Peut-être en vous disant que cela parle d’écologie mais sans aucun jugement et avec douceur ? Personne ici ne vous dira ce que vous devez faire ou non. Non, on vous laisse seuls juges. On vous met devant un futur possible, que vous trouverez soit beau soit horrible selon vos aspirations, et vous n’aurez qu’à vous faire votre avis.

Personnellement, je n’avais envie que de pleurer devant l’horreur de certaines scènes (il était beau, ce dauphin !), et de rire face à d’autres tellement hallucinantes (un crieur de rue, vraiment ?). Ce texte vous fera réfléchir de manière intelligente, et j’ai trouvé ça vraiment très bien pensé et réalisé.

Et puis, l’histoire en général est vraiment super. Je ferais un petit clin d’œil aux enfants, qui m’ont tuée, et au voisin, qui décidément est bien plus important qu’on ne le pense au début. Tentez le coup, c’est un roman qui vous fera passer le temps avec une histoire sympa, et qui soulèvera quelques débats !

mardi 22 novembre 2022

La rencontre

Quand elle a décidé d’invoquer un démon pour se venger de ses camarades de classe, Charlie ne s’attendait pas vraiment à ce que cela fonctionne. Et encore moins à ce que le puissant Arioch se retrouve coincé dans le corps de Jumbo, son bouledogue français.
Une catastrophe n’arrivant jamais seule, l’arrivée d’Arioch n’est pas passée inaperçue, et un mystérieux ordre de chevaliers est à leurs trousses. La petite fille et le démon vont devoir collaborer pour se sortir de cette situation périlleuse.
La rencontre
Abigaël Chieux 2022

Merci à Abigaël Chieux.

Ce texte, c’est de la folie ! J’adore cette autrice, elle arrive à nous offrir des histoires toutes plus folles les unes que les autres. Après L’apprentissage du sang, plutôt thriller/fantastique, et Le pays des enfants parfaits, plutôt SF, on se retrouve ici dans mon genre de prédilection : l’ésotérisme.

Les démons, les incantations, c’est mon dada. J’adore ce monde, je trouve juste que les histoires traitant d’ésotérisme sont fascinantes, car j’ai à chaque fois l’impression que je vais découvrir les mystères de l’univers. Et pourtant, je n’y crois pas. Mais quand je lis ces histoires, je suis tellement dedans que cela ne peut qu’être vrai.

Dans ce texte, Charlie, dix ans, surdouée et un peu autiste sur les bords, décide d’invoquer un démon pour se venger de ses camarades de classe qui la harcèlent. Après tout, c’est une réaction complètement terre-à-terre, non ? Mais qui aurait pu prédire qu’Arioch, ce seigneur démon, se retrouve coincé dans Jumbo, un petit chien tout petit et pas du tout effrayant.

Vous l’aurez compris, l’humour est au rendez-vous dans cette histoire et, même si je n’irais pas jusqu’à laisser lire ce texte à des jeunes enfants, je pense que tout ado ou adulte saura y trouver son compte : Charlie est tellement mature qu’un adulte pourra s’identifier à elle ! Quant à Arioch, il est cruellement adorable et tellement mignon (il va se fâcher s’il me lit !). Et regardez un peu cette magnifique couverture ! Je l’adore !

Entre humour, aventure, démons malfaisants, on ne s’ennuie pas dans ce premier tome des aventures de Charlie et Arioch, et j’attends avec énormément d’impatience la suite ! Vite, vite !

vendredi 18 novembre 2022

No name bay

Alors que Rinn s’éloigne discrètement des lieux d’un sabotage pour se réfugier dans la forêt, il ignore qu’un homme est sur le point de mourir. Lorsque son ancienne compagne, Kit Olinsky, une militante écologiste, est accusée puis arrêtée pour le meurtre, il découvre que les preuves contre elle sont accablantes. Mais l’incarcération de Kit semble arranger un sénateur local corrompu qui, désormais débarrassé d’elle, peut se tracer un chemin jusqu’au poste de gouverneur. Lorsque celle-ci est libérée sous caution, elle est plus déterminée que jamais à faire tout ce qui est en son pouvoir pour rétablir son nom et arrêter la mécanique implacable et destructrice, qui une fois lancée semble vouloir tout écraser sur son passage. Rongé par la culpabilité d’avoir laissé des preuves l’ayant incriminée, Rinn décide de laisser derrière lui sa vie isolée dans les montagnes pour lui venir en aide. Il est prêt à tout sacrifier pour sauver Kit, mais ce qu’elle va lui révéler bouleversera sa vie à jamais.
No name bay
Russell Heath 2022

Merci à Mera Éditions.

Je suis désolée, ma chronique sera courte et assez négative, car je n’ai pas su rentrer dans l’histoire. Je trouvais l’idée générale et le contexte intéressants. C’était sympa de découvrir un peu les clivages entre les Amérindiens et les Blancs, dans un contexte plutôt actuel, ce qui nous permet de nous interroger sur des sujets tels que la cohabitation, la différence, et l’humanité, tout simplement.

Là où j’aurais dû me méfier, c’est cet aspect un peu trop politique qui était pourtant clairement indiqué dans le résumé. Dès qu’on arrive sur ce terrain, en littérature, j’ai tendance à lâcher l’affaire. C’est ma faute, j’aurais dû savoir que cela ne me plairait pas… J’aurais préféré qu’on n’effleure qu’un peu cet aspect pour rester concentré sur les personnages, sur leurs liens, sur leurs haines et désirs. Au lieu de cela, les personnages et les relations n’étaient que peu abordés ou, tout du moins, pas assez pour que je puisse m’identifier et m’attacher à eux.

Cela a rendu mon début de lecture un peu compliqué car je n’aimais pas l’orientation politique donnée au texte, et je ne trouvais pas d’enjeu quant à la résolution de l’enquête. En bref, comme je le disais, je ne suis pas « rentrée » dans l’histoire, ce qui m’a fait l’abandonner à un tiers. C’est triste mais c’est comme ça. Enfin, peut-être y trouverez-vous votre compte ?

lundi 14 novembre 2022

Friendskill

Jess, lycéenne, s’ennuie. Pour mettre un peu de piment dans sa vie, elle s’inscrit sur Friendskill, une application mobile. Les règles sont simples : relever les défis de l’énigmatique maître du jeu, The Reaper, dans le temps imparti. Si les premières missions sont anodines, la donne se complexifie rapidement. Violence, chantage, les situations sont de plus en plus dangereuses, les défis deviennent mortels. Prise au piège, rattrapée par les démons de son passé, Jess s’enferre. Peut-elle encore échapper au terrible engrenage qui tente de la broyer ?
Friendskill
Shauna Cox 2020

Merci à la Masse Critique de Babelio et aux Éditions Jet d’Encre.

J’ai beaucoup aimé ce titre, et pourtant j’avais peur qu’il n’aille pas aussi loin que le promettait le résumé. J’ai déjà lu des livres de ce type : une ado qui se retrouve prise dans un engrenage infernal et qui ne peut pas en sortir. Mais tout ce que j’ai lu jusqu’à présent était très gentillet, n’allait finalement jamais très loin, donc on n’avait pas vraiment peur pour le personnage principal, on n’avait pas de crainte. Là, si.

Clairement, Jess s’est mise dans le pétrin. Vraiment. Le début était gentil. Envoyer des textos, regarder des vidéos de suicide… Why not? Mais déjà, quand on en arrive à la scarification, au sang, on se dit : OK, l’autrice commence à y aller. Mais va-t-elle s’arrêter là (qui est déjà plus loin que ce que j’ai lu), ou va-t-elle aller plus loin ? Eh bien, elle y va. Et même au-delà de ce que j’aurais pu espérer. Espérer, est-ce le bon terme ? Je ne sais pas, j’ai été choquée par certaines scènes mais, franchement, si on lit un livre comme ça, c’est pour être perturbé, non ?

Ce qui m’a achevée, ce sont les fours. Et aussi l’intrigue de la mère de Jess. Je n’en dirai pas plus pour ne rien gâcher à votre lecture, mais c’étaient LES trucs que je n’attendais pas du tout. Et, finalement, si l’autrice était capable d’aller dans cette direction, elle pouvait aller n’importe où à partir de là ! La fin m’a tuée, totalement. L’autrice n’a peur de rien et ose tout, jusqu’à cette dernière phrase, concluant le livre, et qui nous fait pousser un cri de frustration.

J’en voulais plus, et pourtant je suis extrêmement satisfaite de ma lecture. Comment dire, j’ai eu tout ce que je voulais, et même plus. Alors, c’est un succès !

mercredi 2 novembre 2022

Toi, moi & l’univers

Quand Sara rencontre Matt, elle n’a qu’une envie : fuir. Hors de question qu’elle laisse entrer un garçon dans sa vie, elle est bien trop secrète pour ça. Il ne comprendrait pas toutes ses petites manies, sa façon de voir la vie, et son besoin constant de parler à ses guides et à l’univers.
Quand Matt rencontre Sara, il n’a qu’une envie : découvrir qui se cache derrière cette jeune fille réservée qui vient tout juste d’atterrir à Paris, et qui ne cesse de croiser son chemin en boîte et à la fac.
De Paris à Barcelone, les univers de Sara et Matt vont entrer en collision pour ne faire plus qu’un.
Toi, moi & l’univers
Inès LB 2022

Merci à Inès LB.

J’ai déjà lu une saga de cette autrice, que j’avais beaucoup aimée car elle parlait d’amour et d’anges. Que voulez-vous, on a bien besoin de beaux sentiments dans cette époque un peu sombre. Alors, quand Inès LB m’a proposé de découvrir son nouveau texte, j’étais plutôt très partante. Ici, on n’a plus d’anges, mais par contre on a une belle romance bien mature et agréable à lire.

Et, surtout, on a un fond de fantastique, sans en avoir. Je m’explique. Dans cette histoire, Sara est une sorcière des temps modernes. Elle croit en l’Univers, aux énergies de toute chose et de chacun qui se croisent. Pour elle, il n’y a pas de coïncidences, mais des événements qui doivent arriver pour accéder à un niveau supérieur de spiritualité. Elle est positive et secrète à la fois, car elle cache un secret.

Matt, lui, est un étudiant comme les autres, mais avec une vision des femmes un peu plus évoluée que celle de ses meilleurs potes et des garçons de sa génération, osons le dire. Il la rencontre, et c’est le coup de foudre. Elle dirait que c’est plutôt leurs énergies qui se sont cherchées, croisées, liées. Mais elle ne semble pas réceptive au début. Il part donc en quête de la conquérir, avec tout le respect possible dans une situation comme celle-ci.

Histoire peu originale, déjà vue ? Peut-être. Mais les deux personnages portent ici tellement bien l’intrigue de ce roman que je n’ai pas senti de « déjà vu » ou de « déjà lu ». J’ai juste apprécié ma lecture, du début à la fin. Et surtout, il y a une part de mystères et de danger sur toute la seconde partie du roman, ce qui m’a bien fait plaisir ! Cela a mis du piquant, même si j’ai un peu frissonné pour les personnages.

En bref, je dirais que ce titre m’a tout à fait convenu. Il était agréable à lire, m’a permis d’ouvrir mes connaissances sur une forme de spiritualité très intéressante et, surtout, m’a fait passer un très bon moment.

lundi 24 octobre 2022

La révolution des fourmis

D’un côté, les fourmis. Elles se demandent si nous sommes des monstres géants ou des dieux infinis. De l’autre, nous, les hommes. Au mieux, nous sommes indifférents à ces êtres minuscules. Au pire, nous nous acharnons à les écraser. Pourtant, après des millénaires d’incompréhension, les deux civilisations les plus évoluées de la planète vont peut-être se rencontrer, se comprendre, se connaître enfin.
La révolution des fourmis
Bernard Werber 1996

Troisième et dernier tome de cette trilogie incroyable. J’ai beaucoup aimé ce dernier texte, et pourtant sa taille m’avait bien fait peur au début. Presque sept cents pages. Je me demandais si j’arriverais à en venir à bout, surtout que le début m’avait semblé un peu moins intrigant que les deux premiers opus. L’intrigue de Julie ne m’intéressait pas trop au début, je la trouvais un peu pénible avec ses états d’âme et son renfermement sur elle-même… J’étais plutôt à fond dans l’histoire de 103e. Cette petite fourmi évolue tellement d’un tome à l’autre, et là je m’attendais à ce que cela devienne complètement fou. Ce fut le cas !

Sans trop vouloir divulgâcher, disons que 103e prend du galon et devient l’héroïne incontestée de cette trilogie. De simple figurante à personnage principal, elle devient ma petite chouchou de l’histoire. J’ai été effrayée pour elle (surtout à la fin !), et j’aime tellement voir son analyse du monde des Doigts au fur et à mesure du texte. Elle est résiliante et fait sa révolution pour regrouper Doigts et fourmis. La paix, l’entraide et le partage sont ses buts. Je l’adore, cette petite fourmi !

J’ai dit plus haut que le début m’avait semblé un peu long avec Julie. Elle a pourtant été le deuxième point d’ancrage de ce texte, surtout sur la seconde moitié du roman. Une fois que la partie du lycée s’est terminée, j’ai enfin pu apprécier ce personnage qui crée son bonhomme de chemin et sa propre révolution des fourmis, celle qui permettra de changer les choses chez les humains, mais en se basant sur l’Encyclopédie et ce que peut apporter l’exemple magnifique de la communauté des fourmis.

Sept cents pages, c’est finalement trop court aussi. Car, à la fin, j’avais ce petit pincement au cœur de quitter cet univers qui m’a vraiment plu du début à la fin. Je ne veux pas quitter 103e, je voudrais la retrouver dans d’autres textes de Bernard Werber. J’ai le même sentiment ici qu’avec Bastet et Pythagore. On dirait que c’est une constante dans les histoires de cet auteur : on s’attache énormément aux personnages… et c’est bon !

jeudi 20 octobre 2022

Les cicatrices

Centralia, État de Washington. La vie d’Owen Maker est une pénitence. Pour s’acheter la paix, il a renoncé à toute tentative de rébellion.
En attendant le moment où il pourra se réinventer, cet homme pour ainsi dire ordinaire partage avec son ancienne compagne une maison divisée en deux. Il est l’ex patient, le gendre idéal, le vendeur préféré de son beau-père qui lui a créé un poste sur mesure. Un type docile. Enfin, presque. Car, si Owen a renoncé à toute vie sociale, il résiste sur un point : ni le chantage au suicide de Sally ni les scènes qu'elle lui inflige quotidiennement et qui le désignent comme bourreau aux yeux des autres ne le feront revenir sur sa décision de se séparer d’elle.
Mais, alors qu’une éclaircie venait d’illuminer son existence, Owen est vite ramené à sa juste place. Son ADN a été prélevé sur la scène de crime d’un tueur qui sévit en toute impunité dans la région, et ce depuis des années. La police et le FBI sont sur son dos. L’enfer qu’était son quotidien n’est rien à côté de la tempête qu’il s’apprête à affronter.
Les cicatrices
Claire Favan 2020

Une petite note sur ce texte de Claire Favan. Après avoir adoré Dompteur d’anges et Serre-moi fort, je n’ai pas pu résister à attraper ce livre à la bibliothèque. Et pourtant, je sentais qu’il y aurait des passages très difficiles à lire… Je me souviens du dernier que j’ai lu, et j’avais eu des sueurs froides. Mais qu’importe, l’autrice me fait vivre ses textes, elle me percute et me chamboule. Je ne peux pas y être indifférente.

Encore une fois, la trame générale est à peu près la même. On fait la connaissance des personnages, ils nous sont peints comme attachants… et l’autrice démolit tout, pour notre plus grand plaisir. Je m’y attendais, mais je ne m’attendais pas forcément à cela. Comment dire, cette autrice est vraiment démoniaque. C’était douloureux à souhait, mais j’ai tourné les pages à une vitesse folle car, forcément, je voulais savoir comment cela allait se terminer, si tous les gentils allaient s’en sortir, si tous les méchants allaient payer… ou l’inverse.

L’histoire est magnifiquement construite, et j’ai été emballée du début à la fin. J’ai hâte de lire à nouveau un texte de cette autrice !

dimanche 16 octobre 2022

Ambre

Ambre Caldero vit dans un mobil-home au milieu des bois. Sa mère n’est jamais là, préférant fuir. Son beau-père est une menace permanente. Mais elle a la lecture. Chaque page est une petite victoire sur la réalité. Chaque roman est une nouvelle vie qui lui redonne de l’espoir. Son imaginaire est devenu une béquille essentielle pour affronter le quotidien. Mais lorsque Ambre comprend qu’elle est la seule à s’intéresser aux étranges disparitions qui frappent Carson Mills, son meilleur allié devient son pire ennemi. L’explication de tous ces mystères serait-elle fantastique ? Ou son imagination lui joue-t-elle des tours ?
Ambre
Maxime Chattam 2018

Il y a quelque temps, j’ai terminé la superbe saga Autre-Monde de Maxime Chattam, et je m’étais dit que j’allais faire durer un peu le plaisir avant de lire Ambre, cet hors-série consacré à Ambre, notre héroïne préférée. Alors, outre le fait que je suis toujours triste que la saga soit finie (une suite, je veux une suite !), j’ai trouvé que ce petit texte était un peu à contre-courant du reste de la saga.

C’est normal, cela se passe avant les événements, donc on ne peut pas avoir cette atmosphère étrange et omniprésente. Mais on a quand même Ambre, on apprend à la connaître et à la comprendre. J’imagine que de lire ce texte avant la saga devrait nous donner une vision un peu différente d’elle… mais après, c’est bien aussi. Vous savez pourquoi ? Car je vais devoir relire la saga pour voir l’effet que cela fait. Comment ça, je profite de la situation ?

mercredi 12 octobre 2022

Le journal de Stanislas K

Si vous trouviez un vieux journal intime dans une ruine un soir d’orage, que feriez-vous ? Vous empresseriez-vous de le lire ? Mais… seriez-vous prêt à voyager à travers les âges aux côtés d’un personnage d’une autre époque et à le suivre jusqu’au fin fond des galaxies ?
Si Romy et Téo s’attendaient à passer un été tranquille dans le Gers en compagnie de leurs grands-parents, ils vont découvrir que cet endroit leur réserve bien des surprises insoupçonnées. Au programme : voisin coléreux, amour perdu, circuit touristique, étrange prophétie et décollage vers les étoiles. Alors ? Vous embarquez ?
Le journal de Stanislas K
Marie H Marathée 2022

Merci à Nats Éditions.

Il n’est plus nécessaire de présenter cette autrice. Marie H Marathée est une de mes valeurs sûres sur ce blog. J’ai tout lu (ou presque) d’elle, et à chaque fois je me suis régalée. Que ce soit jeunesse, fantastique, contemporain, feel good ou peu importe le thème qu’elle choisit d’aborder, je trouve ça percutant, magnifiquement écrit et intéressant.

J’ai été embarquée dans cette histoire à une vitesse hallucinante. Et pourtant, c’est toujours difficile de traiter une intrigue comme celle-ci : un double récit. L’un correspond au temps présent, des enfants qui ont leur propre intrigue, des vacances chez les grands-parents avec au menu des randonnées, des discussions inoubliables et des batailles de pommes pourries. L’autre, c’est le récit de Stanislas, cet auteur dont les enfants ont trouvé le journal et qui vit des choses juste… absolument… incroyables. On n’y croit pas, mais on y croit, car c’est juste trop beau pour être faux !

Avec les enfants, on a le côté jeunesse, le côté léger et déluré qui nous permet de reprendre notre souffle ; avec Stanislas, on a ce côté adulte et bien ancré dans la réalité des adultes, avec une romance et des problématiques actuelles (et passées !), mais aussi du fantastique, de l’imaginaire et une histoire improbable. Avec Stanislas, on retient notre souffle devant tant de beauté et de magnificence, on aimerait vivre une vie aussi folle que la sienne.

Comment l’autrice a-t-elle pu réussir cet exploit de nous faire lire deux histoires en une sans nous ennuyer ? Sûrement car sa plume est magique, qu’elle manie les mots avec une aisance dingue et qu’on ne se rend pas compte de ce qu’elle nous fait vivre. C’est une magicienne et, avec elle, tout devient possible. C’est peut-être aussi pour ça que j’attendais tellement cette fin ouverte, qui nous laisse imaginer tout ce que l’on souhaite pour la suite. Car il va y avoir une suite, c’est obligé… Ben oui, je suis au bout de ma vie, là !

samedi 8 octobre 2022

Jurassic Park

Isla Nublar. L’armée doit venir « faire le ménage ». Le programme dont cette île est le théâtre avait pourtant tout du paradis scientifique : un immense complexe naturel où s’ébattent, aux yeux de tous, les plus féroces sauriens du Jurassique, génétiquement ramenés à la vie…
Quelques jours avant le chaos, le paléontologue Alan Grant et Ian Malcolm, mathématicien de renom, embarquent pour ce bout de terre perdu au large du Pacifique. Bientôt, le petit groupe invité par le créateur du parc doit se rendre à l’évidence : au cœur d’une jungle primitive et hostile, l’être humain n’est plus l’espèce dominante, mais la proie…
Jurassic Park
Michael Crichton 1990

Et voilà, j’ai réparé une injustice mondiale, un vortex interdimensionnel impensable, un trou noir inimaginable. J’ai enfin lu Jurassic Park. Il faut savoir que le film du même nom est un de mes préférés. Je l’ai vu plus d’une vingtaine de fois et je trouve qu’il a très bien vieilli. Et, à chaque fois qu’il repasse à la télé, je le regarde. Les frissons, à la vue de ce magnifique brachiosaure… Et son cri… Et la musique… Bref, je m'emballe.

Récemment, j’ai découvert Michael Crichton avec La variété Andromède et j’avais été agréablement surprise par le côté très « scientifique » de son texte. Il était à la fois si vieux et tellement moderne en même temps. Et puis j’aime quand des informations scientifiques sont disséminées dans le texte, cela donne tellement de crédibilité à un ouvrage. Je n’attendais que ça pour Jurassic Park. Et c’est ce que j’ai eu.

Certains m’ont dit que ce texte était dur à lire à cause de cela, et pourtant j’ai adoré. J’ai goûté chaque mot, je me suis régalée de toutes ces preuves scientifiques, de cette théorie du chaos tellement bien exploitée tout au long du récit, comme un fil rouge qui nous montrait la fin inévitable de cette histoire que j’aime tant.

Je m’imaginais les petites bébêtes adorables que sont mes dinosaures chéris, j’ai été amusée de voir les changements opérés par le film quant à Grant, Lex, Tim, Ian… et tous les autres. À l’écran, c’est tellement logique. Mais dans le livre, c’est encore mieux. Cela me donne l’impression de lire une autre histoire que celle que je connais, que j’ai aimée encore plus ! Mais, heureusement, le film est toujours aussi magnifique à mes yeux. Je l’ai regardé après, pour m’en assurer. Une perle. Non. Deux perles !

Le monde perdu »

mardi 4 octobre 2022

La plume d’or

Seriez vous capable du pire pour protéger un miracle ?
La plume d’or
Maureen Dalla 2022

Merci à Maureen Dalla.

Voici le tout premier texte de Maureen Dalla, et je suis déjà conquise. Son style d’écriture incisif et direct vous plaira fortement, et vous ne saurez pas lâcher le texte une fois que vous l’aurez commencé. Cette lecture était tout bonnement addictive, et j’espère sincèrement que d’autres textes suivront.

Cette histoire commençait somme toute plutôt bien (ou mal, selon les points de vue), avec une jeune femme, Nelly, qui se retrouve jugée au tribunal. Classique, même si l’approche est sympathique et osée, car on sait dès le départ qu’elle est coupable. Mais ce qui est intrigant, c’est surtout le mystère autour du carnage de ses amis… et quand elle décide de raconter son histoire, on est émerveillé… et on se demande en même temps si elle ne devrait pas être internée en service psychiatrique. Et pourtant, avec ce final, on ne doute plus de rien et on aime le message délivré : la tolérance et le respect de la nature.

Il s’agit du premier texte de cette autrice, et je sens qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle : ses idées sont fantastiques, elle est cinglée, et j’attends son prochain texte avec impatience.

vendredi 30 septembre 2022

Le jour des fourmis

Elles sont un milliard de milliards. Nous les remarquons à peine, elles nous guettent pourtant depuis longtemps. Pour certaines, nous sommes des Dieux. Pour les autres, des êtres malfaisants. Avec une intelligence et une organisation prodigieuses qui n’ont rien à envier aux armées les plus redoutables, elles se préparent à une lutte sans merci. Qui seront les vrais maîtres de la terre ? De la réponse à cette question leur survie dépend… la nôtre aussi. Le jour des fourmis est-il vraiment arrivé ?
Le jour des fourmis
Bernard Werber 1992

Après avoir adoré Les fourmis, il fallait absolument que je lise la suite de cette trilogie. Sérieusement, c’est fou de s’attacher à de si petites bêtes. Mais la fin du premier tome était tellement horrible et impossible à oublier ! Comment vouliez-vous que j’y survive, hein ?

Bref, voilà. Je l’ai commencé. Et de suite, j’ai senti un changement. On était plus dedans, l’introduction était finie, les choses sérieuses commençaient. Et il y avait de quoi raconter. Des guerres, des découvertes, de la communication entre les fourmis mais aussi avec les autres espèces. Et ce grand méchant ennemi, celui qu’on appelle Doigt. Oui, les Doigts. Autrement dit : nous.

Forcément, une fourmi est tellement petite qu’elle ne peut pas nous distinguer globalement, elle ne voit que les Doigts qui les écrasent, et qui représentent la terreur de leur communauté… ou bien leurs Dieux tout puissants. Vous m’avez bien lu. C’était dément de lire cela ! Et il y a 103e. Cette petite fourmi que nous connaissions déjà du tome 1 et qui vainc sa peur. Elle est courageuse et entreprend le voyage pour rencontrer les gentils Doigts qui pourraient lui apporter la connaissance. Mais quel délire ! J’ai tellement aimé cette scène de la télévision. Je sais, vous ne comprenez rien : lisez.

Ce texte va plus au fond des choses, et il est sacrément plus dense. D’ailleurs, il est aussi bien plus long, et j’en étais vraiment heureuse, car j’ai pu profiter plus longtemps de cette histoire incroyable. Bientôt la suite !

lundi 26 septembre 2022

Comme une image

Lalie a neuf ans, un teint de pêche et des joues roses. Elle a aussi deux frères et des chatons, une belle-mère et deux maisons.
C’est une enfant intelligente et vive, une grande sœur attentionnée et une amie fidèle.
C’est la petite fille que chacun aimerait avoir.
D’ailleurs, tout le monde aime Lalie.
Tout le monde doit aimer Lalie.
C’est une évidence.
Il le faut.
Comme une image
Magali Collet 2022

Merci aux Éditions Taurnada.

Ce résumé est glaçant, cette couverture est perturbante. Cela résume assez bien ce roman. J’ai eu le sentiment, en lisant ce résumé, que j’aurais ici droit à une nouvelle histoire de psychopathie, mais cette fois tournée vers l’enfant. Alors, pardon, j’ai appris en lisant ce roman que l’on ne parle pas de psychopathie et de sociopathie avant dix-huit ans. Sûrement car la personnalité n’est pas encore complètement formée, j’imagine.

Dans tous les cas, on retrouve tous les marqueurs et les signes de cette pathologie : les animaux (je crois que c’est ce que je redoute le plus à chaque fois… Les humains tués ? pas grave. Mais les animaux… pas touche !), les victimes, les ennemis, les cibles. Tout était parfaitement orchestré. C’est terrible, vraiment démoniaque. Tellement succulent !

J’ai eu l’impression de retrouver un petit peu Mon ombre assassine, qui m’avait subjuguée. Ici, j’ai eu la même peur vicérale à l’idée de voir tel ou tel personnage (ou animal) devenir la victime de notre petite Lalie. Cette fillette, j’ai adoré la détester. Elle est intelligente et tellement insupportable en même temps. Elle me glaçait et a réussi à me rendre très mal à l’aise. C’est ça : j’ai été mal à l’aise lors de ma lecture. Certaines scènes m’ont vraiment perturbée, et je ne savais pas trop comment prendre les choses. C’était dur, mais dans le bon sens du terme.

J’ai bien aimé être percutée par ce roman, cela l’a rendu différent des autres. Il n’est pas banal et, si vous devez lire un seul roman de cet éditeur, commencez par celui-ci. Oui, j’ai dit « commencez », car vous ne saurez plus vous arrêter ensuite tellement les Éditions Taurnada nous proposent des petits bijoux !