mardi 4 août 2020

Mystères et diableries sous Louis XI

Louis XI règne depuis deux ans, et déjà des troubles agitent le royaume. Trois paysannes disparaissent dans une forêt enneigée. Deux jours plus tard, c’est une famille entière qui est sauvagement massacrée…
Mais qui est donc ce Thomas Russ ?
À la fin de la guerre de cent ans, défaits par Charles VII, les anglais établis à Bordeaux durent s'exiler. Le père anglais et la mère française de Thomas quittèrent Bordeaux pour Bristol. Thomas, lui, choisit de rester à Bordeaux, au service de son oncle marchand lui aussi. Mi commis, mi homme de confiance, mi bras armé (hum, ça fait trois demis ça !), il risque sa vie en compagnie d'une jeune flamande enfuie de Bruges qui se fait passer pour un homme afin d'échapper aux contraintes que l'époque impose aux femmes.


Les loups du Pontet
Alain Bosc - 2014

Avant toute chose, je souhaite remercier l'auteur, Alain Bosc, pour m'avoir permis de découvrir ce roman. Mais je ne vais pas mentir : ma chronique sera assez mitigée. Toutefois, cela est plus dû à mon manque d'affinités avec ce que j'y ai lu, qu'à la qualité du roman.

Le début du roman ne m'a pas vraiment aidée à me mettre dans le bain. Même si l'auteur m'avait prévenue, je me suis retrouvée à lire énormément de détails concernant les lieux, le temps (c'est un thriller médiéval, rappelons-le), et les personnages, assez nombreux tout de même. L'intrigue a donc eu du mal à arriver, et ma patience a été ébranlée. Il a fallu attendre le second quart du livre pour que cela bouge un peu. Simplement voilà, je n'ai pas été « dedans ».

Pourtant, ce roman présente des qualités indéniables. L'atmosphère de l'époque est bien retranscrite (toutefois, j'en ai eu l'impression) : j'ai eu le sentiment d'être vraiment dans une époque médiévale, un monde où le fantastique n'est pas si loin, avec l'évocation de la sorcellerie et la présence des loups-garous. C'était assez atypique et peu commun à lire, surtout que cela restait ancré dans une certaine réalité.

L'intrigue, quant à elle, se tient. Les meurtres s'enchaînent, et l'enquête est crédible. On suit Thomas lors de ses investigations, et l'on s'interroge, tout comme lui. Tout cela est de plus relaté par un style fluide et agréable qui permet de nous faire tourner les pages relativement rapidement.

Mais malgré la qualité du récit, je n'ai pas su y trouver mon bonheur. Je suis restée détachée, sans vraiment savourer. Je n'ai pas été émue par ce style et cette époque, car je pense ne pas rechercher ce genre de sensations. Ainsi, je vous invite à lire des chroniques de personnes qui ont aimé, voire adoré, ce roman, car je sais qu'il y en a beaucoup. J'ai le sentiment que pour les amoureux de thrillers médiévaux, c'est un roman à lire.

jeudi 30 juillet 2020

La Tour

Jessica, seize ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu'elle se trouve au sous-sol d'une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d'en sortir est de monter jusqu'au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l'ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués… Et les révélations. Car Jessica n'a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir – surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l'envie de se venger prend le pas sur l'envie de s’échapper… Et si, en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de la Tour ?

La Tour 
Cécile Duquenne - 2015

Merci à Cécile Duquenne.

Lorsque j’ai vu la couverture, mon attention a tout de suite été retenue. Lorsque j’ai parcouru le résumé, j’ai tout de suite su que je devais lire ce roman. Il avait a priori tout pour me plaire. Une histoire sans demie mesure, qui devait aller à cent à l’heure, avec des mystères à la pelle, et du suspense à me couper le souffle. Voilà ce que je m’en imaginais. Et c’est exactement ce que j’ai eu !

Le roman commence très fort, auprès de Jessica qui ne se souvient plus de qui elle et ne comprend pas pourquoi elle se trouve dans ce marécage, entourée de crocodiles. Un bon début, qui nous amène déjà quelques sueurs froides. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. La focalisation se faisant complètement sur Jessica, nous la suivons dans ses moindres faits et gestes, et découvrons ce « monde » particulier qu’est la Tour auprès d’elle. Cela nous rapproche, et nous sommes, lecteurs, gagnés à sa cause. Peu importe pourquoi elle est là, nous la soutenons.

Les péripéties s’enchaînent au fur et à mesure des étages, et nous découvrons peu à peu le passé de Jessica et ses camarades. Nous frémissons, et la crise de nerf nous guette. La fin du roman se ponctue d’une montée de tension significative qui est à la limite de nous envoyer à l’hôpital, avant de finalement retomber, par une conclusion inattendue. Quand vient enfin le temps d’épiloguer, on réalise que, de toutes les hypothèses possibles, cette solution finale était la plus logique. J’ai aimé cette fin !

En bref, un roman qui m’a fait passer un excellent moment, mais qui aurait pu gagner à être un peu plus long. J’aurais aimé passer un peu plus de temps dans la Tour et rester aux côtés de Jessica un peu plus longtemps.

mardi 28 juillet 2020

Tornade

C'est un jour comme un autre pour Jersey. Sa mère et sa fantasque petite sœur Marine partent pour le cours de danse. Encore à elle la corvée de préparer le dîner, étendre le linge. Et le temps est abominable, peut-être même une tornade à l'horizon. Mais Jersey n'a pas peur, elle connaît ça, les tornades, elle en a déjà vu. Pour l'instant, elle savoure le calme : cette casse-pieds de Marine n'est pas là, sa mère ne peut lui faire aucun reproche. Quand tout bascule en quelques secondes : une tornade d'une violence exceptionnelle dévaste tout sur son passage, les maisons, les arbres, les routes, les gens. Réfugiée au sous-sol, Jersey est indemne à part des blessures légères. Dehors, c'est une vision de cauchemar, des voisins blessés et traumatisés errent dans la rue jonchée de gravats et de débris. Et aucun appel ne passe, Jersey a beau appeler et appeler encore sur le portable de sa mère, impossible de la joindre...

Tornade (Torn away)
Jennifer Brown - 2014

J’ai découvert il y a peu que Jennifer Brown, l’auteur de l’émouvant Hate List, avait rempilé avec ce titre grâce à la chronique d’une amie. Je l’ai lue, et j’en ai retenu simplement que c’était une lecture particulièrement émouvante. Je n’ai pas lu le résumé. Alors, quand je me suis lancée dans ma lecture, je ne savais pas à quoi m’attendre. Vraiment pas. Mais j’en attendais beaucoup. Et ce que j’ai découvert était heureusement à la hauteur de mes espérances. Attention aux spoilers dans la suite...

Le début du roman commence doucement, sur une vie paisible, celle de Jersey. Elle vit en banlieue avec sa mère, son beau-père et sa demi-sœur. Une famille recomposée tout ce qu’il y a de plus banale qui va se retrouver dans une situation plus qu’hallucinante. Une tornade arrive, et cela va bouleverser la vie de Jersey. Elle va connaître la perte, la douleur, l’abandon, la trahison. Tout ce qu’il y avait de négatif dans sa vie et dont elle était épargnée va lui revenir en pleine tête, et ça ne sera pas joli joli.

Je vais commencer par cet idiot de Ronnie. Quelle honte, quel crétin fini ! Comment a-t-il pu lui faire ça ? Même si elle n’est pas sa fille, mais quand même un peu de cran, sois un homme et assume ! Tu as décidé de te marier avec sa mère, et maintenant quoi, tu considères que sa fille n’est pas assez bien pour que tu te préoccupes d’elle ?! Mais dans quel monde vis-tu ?! Quant à Clay et sa famille de dégénérés, n’en parlons même pas. Des fous furieux. Pas étonnant que Jersey soit paumée, en colère, qu’elle ne sache plus où elle en est.

Ses réactions sont donc tout à fait compréhensibles. Elle supplie ses amies, son beau-père de l’aider, de venir la chercher, de s’occuper d’elle. Elle n’est pas heureuse, a tout perdu et ne peut que se raccrocher à des souvenirs. On ressent sa détresse dans chacune de ses paroles et de ses actions. J’ai été outrée de voir la bêtise humaine, du côté de ses pères.

Par contre, je n’ai plus compris Jersey quand elle s’est retrouvée dans un environnement aimant. Elle se retrouve enfin dans un endroit où l’on s’intéresse à elle et à son confort, et quoi ?! Elle râle et ne veut pas qu’on l’ennuie ? Elle est odieuse avec ces gens qui lui tendent une main ? Réveille-toi, ma grande, tu as cette chance (si l'on peut dire), finalement, alors arrête d’être conne et tourne la page : adapte-toi.

Ma chronique peut vous paraître virulente : je m’adresse beaucoup aux personnages, et je m’énerve de leurs réactions… C’est ce que j’ai ressenti pendant ma lecture, et je vous jure que ça fait du bien. Je n’ai pas seulement lu ce livre, je l’ai vécu. C’est ce que m’avait fait Hate List. Alors, je suis contente aujourd’hui, et j’attends impatiemment le prochain roman que sortira cette auteure, que je compte suivre pendant encore un long moment !

dimanche 26 juillet 2020

Tes mots sur mes lèvres

Ancienne pianiste prodige, Nastya Kashnikov désire aujourd’hui deux choses : traverser sa période de lycée sans que personne n’apprenne rien de son passé, et faire payer le garçon qui lui a tout pris – son identité, son âme, sa volonté de vivre.
L’histoire de Josh Bennett n’est un secret pour personne. Chaque être qu’il a un jour aimé lui a été pris, jusqu’à ce que, à dix-sept ans, il ne lui reste personne. Désormais, il veut qu’on le laisse seul, et les gens le font car, quand votre nom est synonyme de mort, tout le monde est enclin à vous laisser votre espace.
Tous… sauf Nastya, cette mystérieuse nouvelle fille à l’école qui a commencé à venir le voir et ne veut plus s’en aller, s’insinuant dans chaque aspect de sa vie. Mais plus il apprend à la connaître, plus elle devient une énigme. Alors que leur relation s’intensifie et que des questions sans réponses s’accumulent, il commence à se demander s’il apprendra un jour les secrets qu’elle cache… ou même s’il le souhaite réellement.


Tes mots sur mes lèvres (The sea of tranquility)
Katja Millay - 2012

Je suis toute retournée. Au moment où j'écris cette chronique, j'ai fini ma lecture il y a environ quinze minutes. Et je tourne en rond, je ne sais pas quoi lire après ça. Je ne peux pas lire, après ça, en fait. Alors, j'écris ma chronique, je vous dis tout ce que j'en pense, et ensuite j'espère être libérée et enchaîner sur une autre lecture, en espérant qu'elle soit aussi belle que celle-ci.

Le New Adult, c'est un genre que je lis très peu, et c'est à l'occasion d'un week-end marathon sur ce genre que je me suis décidée à suivre les recommandations de mon amie Cookies. Je ne le regrette pas. Ce livre, c'est une bombe émotionnelle qui a pour seul objectif de briser notre cœur en morceaux et faire jaillir nos larmes.

L'intrigue est mystérieuse. On ne sait pas tout de suite ce qui est arrivé à Nastya, ni même à Josh. Mais ils se rapprochent car ils sont tous les deux brisés. Ils sont malheureux, s'auto-détruisent, et pourtant n'aspirent qu'à exister... tout en priant pour qu'on les laisse tranquilles en même temps. Ces deux personnages sont forts et, même si on ne comprend pas toujours leurs réactions, on les aime, et on veut les soutenir.

Mais ce qui est hallucinant avec ce roman, c'est que tous les personnages sont profonds, pas seulement eux. Ils ont tous ce petit quelque chose qui nous surprend et nous émeut. En commençant à prendre connaissance de l'univers de ce roman, j'ai catalogué Drew comme le playboy lourd et qui n'en loupe pas une. Je me suis trompée. J'ai catalogué Sarah comme la pimbêche reine du lycée. Je me suis trompée. Rien n'est ce qu'il paraît, et l'auteur n'est jamais tombée dans le piège de la facilité ou de la logique.

Je pensais même que Nastya n'était pas arrivée par erreur dans cette ville et ce lycée précisément. Je m'attendais à un final particulier, et j'ai eu droit à autre chose de tellement meilleur. Alors, oui, c'était bon, incroyable, parfait. Ce final est bouleversant, et j'ai même failli verser quelques larmes, tant l'auteur a su jouer avec mes émotions.

Alors, après ça, je ne sais vraiment pas quoi lire...

vendredi 24 juillet 2020

Hopeless

Sky, dix-sept ans, vit avec sa mère adoptive Karen. Après plusieurs années de scolarisation à domicile, elle débute sa dernière année de lycée dans un nouvel établissement où elle ne connaît quasiment personne. Peu importe, de toute façon, Sky ne ressent aucune émotion pour personne depuis son enfance. Alors quand elle croise Holder, le bad boy du lycée, elle est surprise de l'effet qu'il a sur elle. Sky comprend rapidement qu'Holder n'est pas celui que tout le monde croit et leur relation devient passionnée. Peu à peu, elle découvre grâce à lui la vérité sur son passé. Tous deux étaient amis et voisins dans leur enfance. Mais elle ne s'en souvient pas...

Hopeless (Hopeless)
Colleen Hoover - 2012

Quoi ? Comment ça ? Cela fait deux livres du genre New Adult en peu de temps sur ce blog ? Merry serait-elle malade ? Eh bien, non… Hormis le fait qu’elle parle d’elle à la troisième personne, elle a juste été obligée, contrainte, forcée à l’insu de son plein gré (parfaitement !) par... elle-même... de lire plusieurs livres de ce genre au cours d’un marathon. Bonne nouvelle, c’est un genre qui finalement me plaît bien. Hélas, ce n’est pas trop grâce à Hopeless mais plutôt un autre titre.

Hopeless est un titre que j’ai bien aimé, mais ce n’est pas un coup de cœur selon mes critères personnels. Il faut savoir que je suis un peu novice dans les genres de la romance, et que j’aime l’aventure, l’action, le mystère et le drame. Les galipettes et les câlins, ça ne m’amuse pas dans un roman, car ce n’est pas ce que j’y recherche. Et là, des câlins, il y en a un paquet… Certains diront que cela reste léger… Oui, peut-être, mais c’est déjà trop pour moi. Surtout quand on découvre tout le mystère qu’il y a autour de l’histoire de Sky et Holder.

Holder est le principe même du beau garçon, un peu bad boy sur les bords, et surprotecteur à ses heures perdues. D’aucuns le trouveront trop lunatique : moi je l’ai aimé tel quel. Il n’est pas lunatique, il possède juste toutes les clefs, ou presque, pour comprendre Sky et savoir comment la protéger d’elle-même et de ses souvenirs. Mais Sky, elle, est vraiment insupportable. Non seulement elle ne comprend rien à rien – alors que parfois tout crève les yeux –, mais en plus elle considère qu’Holder est trop changeant dans ses attitudes alors qu’elle n’est pas mieux que lui : dans le genre « faites ce que je dis, pas ce que je fais », elle détient la palme. Je n’ai pas du tout aimé son personnage. Je l’ai trouvée égoïste, pleine d’aprioris, et parfois incompréhensible.

Alors, forcément entre les galipettes et l’héroïne qui m’ont déplu, il fallait que l’histoire qui se trouve autour tire son épingle du jeu, et qu’en plus cette épingle soit grosse. C’est d’ailleurs tellement bizarre, après tout ce que je viens de débiter, d’annoncer que j’ai quand même aimé ce livre ! Eh bien, oui, l’histoire qui se trouve derrière est excellente. Terrible, pleine d’émotions et tellement bien traitée.

J’ai été surprise par le tour que prenaient les événements car l’auteur nous menait sur une piste, et pendant qu’on se focalisait là-dessus, elle nous déposait une nouvelle bombe pour nous perdre un peu plus dans l’histoire. Beaucoup de fins possibles apparaissaient au fur et à mesure de l’avancée des péripéties, et l’auteur faisait toujours le choix le moins évident. Je n’ai pas dit que son choix est illogique : juste que ce n’était absolument pas ce à quoi je m’attendais, donc pour moi c’était gagné de ce côté.

Le style enfin est très agréable, même si j’ai un peu tiqué avec l’emploi du présent. Ça ne me gêne pas d’ordinaire, mais là, j’avais l’impression d’être un peu moins dedans. Allez comprendre pourquoi… Mais la fluidité du texte m’a permis de passer outre ce détail et apprécier malgré tout ce que j’y ai découvert. J’aurais juste aimé un peu plus d’émotions dévastatrices. Je suis sadique, que voulez-vous ?!

mercredi 22 juillet 2020

Destins divins



La prophétie d'Apollon
Agathe Roulot - 2014

Avant toute chose, je souhaite remercier Agathe Roulot, l’auteur, ainsi que les Éditions la Plume et le Parchemin, pour l’envoi de ce service presse. C’est le deuxième livre d’Agathe que je lis, et je suis une nouvelle fois conquise !

Ce roman, cela faisait un moment que je le surveillais. Déjà, le titre annonce la couleur : divins, Apollon. La mythologie grecque allait être à l’honneur, et même si j’en lis beaucoup, je ne m’en lasse pas, car l’avantage de cet univers est qu’il est interprétable et modulable à souhait. Chaque auteur a sa vision, correspondant à ses affinités et son ressenti. Et ça, c’est le gage d’une histoire pas banale.

La prophétie d’Apollon ne fait pas exception. Sous des abords très modernes, nous faisons la connaissance d’Hélène et Stéphane, sœur et frère, dont la première est passionnée par la mythologie grecque. Ils seront l’épicentre d’événements particulièrement inquiétants et mystérieux, dont le premier, l’arrivée de Sophie, donne le ton dès les premières pages. Je ne vous en dévoilerai pas plus sur l’intrigue, car il faut absolument le lire pour pouvoir rentrer dans l’histoire : sachez juste que les frissons et le mystère seront au rendez-vous.

Entre voyages dans le temps, rencontres insolites et un savant mélange de plusieurs religions, ce roman ne laisse pas le temps de reprendre son souffle. Nous allons de découverte en découverte, et il n’y a pas un moment sans qu’il ne se passe quelque chose. L’auteure n’a en effet pas été avare au niveau actions et péripéties, ce qui nous permet de ne jamais nous ennuyer. De plus, notons que la chronologie est très solide et que des petites pointes de suspense venues d’un autre monde (ou d’un autre temps ?) viennent pimenter un peu le récit.

Concernant les personnages, ensuite, je les ai trouvés pour la plupart très attachants. Un petit coup de cœur pour Stéphane, mais aussi pour Hadès que j’ai vu pour la première fois sous les traits d’un personnage faible et que j’avais envie de protéger. J’ai été surprise également par la mère adoptive d’Hélène qui s’est révélée au fil des pages bien moins horrible et glaciale que laissait supposer le début du roman.

Le style enfin est agréable, et on lit avec plaisir les aventures de nos héros. J’ai toutefois trouvé l’emploi de certains mots ou tournures très peu adaptés au récit (cela le surchargeait plutôt que de rester dans un style simple et agréable) et qui manquaient de naturel. La dextre, la senestre, se gausser... Autant de termes au niveau soutenu qui ne correspondent pas au niveau de langage simple de ce roman. Nous lisons un jeunesse, pas un classique ou un roman à destination d’intellectuels… Du coup, cela m’a fait plus grimacer que ne l’auraient fait de légères répétitions. Heureusement, cela reste un détail qui ne retire rien au talent et à l’imagination de l’auteur !

lundi 20 juillet 2020

Traqueurs

Alexandre Day laisse une impression singulière aux gens qu’il rencontre. Bien malgré lui. Alexandre Day n’est pas un homme ordinaire. Il a des dons. Cadeau que la vie lui a fait à sa naissance. Mais si vous lui demandez son avis, il vous dira que c’est un cadeau empoisonné…
Le jour où Alexandre rencontre Rachel pour la première fois, il est conquis. Il retourne ensuite quotidiennement dans le même parc, espérant la revoir. Il l’admire de loin, reste à l’écart, de peur d’être repoussé. À sa grande surprise, c’est Rachel qui viendra vers lui. Le jeune homme comprendra alors qu’il faut un être particulier pour en attirer un autre.
Il ignore par contre que Rachel court un grave danger. D’ailleurs, la jeune femme ne le sait pas elle-même. Démuni, Alexandre se tournera vers Jane Hart. Spécialiste dans l’étude des phénomènes paranormaux, elle soumettra le cas du couple à Michael Haggart. Celui-ci occupe un poste-clé dans un hôpital psychiatrique et dirige des recherches en parapsychologie. Ce que Jane ignore toutefois, c’est le lien qu’il entretient avec la Société Zeus.


Pouvoirs 
Mario Boivin - 2015

Merci aux partenariats Livraddict et aux Éditions de Mortagne.

J’ai été très enchantée de ma lecture, car j’ai été très surprise de la qualité du récit. Non pas que je me soit attendue à quelque chose de banal ou bancal, non. Je m’imaginais un thriller fantastique comme tout ce que j’ai lu jusqu’à présent, une histoire où l’on court dans tous les sens, où le suspense est de mise, mais pas trop, car il faut en dire un peu pour attirer le lecteur, et où l’on n’a pas une minute pour reprendre son souffle.

Là, ce n’était pas le cas. Dès le départ, l’auteur nous place dans une scène étrange, et pleine de mystère. Typique des thrillers pour nous donner un petit avant-goût de ce qui nous attend mais sans finalement rien nous en dire. Puis le récit avec les personnages principaux qui nous sont dévoilés les uns après les autres. Et là, on se pose. L’auteur n’a pas peur de nous présenter ses protagonistes calmement et le contexte avec précision, ce qui nous permet de nous installer tranquillement dans le récit.

Les choses semblent ne pas bouger sur toute la première partie du roman, et pourtant, il s’en passe des choses ! Ce que je reproche à tous les thrillers portant un peu sur le mystique et le fantastique, c’est de ne jamais nous en dévoiler assez. Ici, j’ai été servie : des expérimentations expliquées, des mystères scientifiques élucidés pour les besoins de l’intrigue. Tout est calibré pour nous faire croire à l’existence des doués. Comment douter d’Alexandre, qui est à la fois le calme incarné, et un être extraordinaire ?

J’avoue avoir au contraire été un peu énervée par Jane, qui me semble un brin trop ambitieuse et égoïste. Elle ne veut pas faire confiance en ses aînés, et même si elle a des raisons de douter, je la trouve un peu trop fermée et bornée pour une scientifique travaillant dans ce domaine. Est-ce voulu par l’auteur ? Je l’ignore, en fait, car son caractère est en même temps en adéquation avec son « avenir ». Quant à Michael… Il est étrange, mais je faisais confiance à Alexandre, et je me suis surprise à espérer longtemps qu’il était du côté des « gentils ».

Car ce scénario met en place des sociétés dont certaines ont des buts honorables. Et d’autres en ont beaucoup moins. Alors, qui est du bon côté, qui est du mauvais ? Difficile de faire la part des choses, et l’on ne peut que suivre l’instinct d’Alexandre, et ce avec énormément de plaisir.

Vous dire que j’ai détesté ce roman serait un mensonge éhonté. Je l’ai adoré, j’ai savouré chaque mot, et je n’y ai pas vu une seule fausse note. Mon intérêt a été happé dès le début, et je suis restée captivée jusqu’à la dernière page. Quitter ce style tellement pur et fluide a d’ailleurs été très difficile, et le passage à une autre lecture plus difficile que je ne l’aurais cru. Il y a des livres qui sont tellement agréables à lire qu’on a du mal à les abandonner : il en fait partie. Vivement la suite !

samedi 18 juillet 2020

Le choix de l'ange

Il est un ange. Elle est une guerrière amazone. Tous deux ont une mission : défendre la Terre contre les démons. Ils sont dans le même camp, mais se battent pourtant l’un contre l’autre.
Pour Raphaël, qui n’a toujours fait qu’obéir aux ordres, il est l’heure de faire un choix : sauver la Terre à tout prix ou protéger ce qu’il a de plus précieux ? Il est temps de décider, le sort de l’humanité est en jeu.


Le choix de l'ange
Enel Tismaé - 2015

Quel plaisir de retrouver Enel Tismaé dans une nouvelle histoire. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une saga, ni même d’un roman, mais d’une nouvelle. Bon, bien sûr, nous retrouvons un peu de l’Olympe, car il s’agit du thème de prédilection de l’auteure, mais cette fois, elle y mêle un peu d’ésotérisme, avec un ange dénommé Raphaël.

Le mélange des mythologies est efficace et agréable, ce qui nous permet de rentrer très vite dans l’histoire. Heureusement, dirais-je, car la nouvelle est relativement courte. Mais que d’aventures ! L’auteure ne nous accorde pas une seconde de répit, et de l’Olympe, nous rejoignons les célèbres Amazones, dont l’une des enfants est une élue, vouée à mourir pour sauver le monde.

Très rapidement, on découvre quelques petits clichés dont je ne dévoilerais rien ici, car il est bien possible que certains d’entre vous soient surpris. À force de dévorer des histoires, on s’attend à tout, et il est rare d’être vraiment surpris. Mais l’histoire est bien menée, et l’on se prend à rentrer dans le jeu de l’auteur, et à feindre l’ignorance quant aux révélations qui vont être faites.

Le style est quant à lui extrêmement agréable, et le final tout en émotions. J’avais des frissons lors de ma lecture des dernières lignes, absolument sublimes, et le regret de devoir abandonner ce monde sympathique que nous a encore créé Enel.



jeudi 16 juillet 2020

Invisibilité

Stephen est invisible depuis toujours.
Une malédiction impossible.
Jusqu'au jour où Elizabeth le voit.
Elle seule peut briser le sort.
Au risque de les séparer à jamais.


Invisibilité (Invisibility)
Andrea Cremer & David Levithan - 2013

Avant tout, je souhaite remercier les partenariats Livraddict et les Éditions Michel Lafon pour l’envoi de ce titre. Cela faisait un moment que j’espérais un jour avoir un titre de cet éditeur, merci !

À la lecture du résumé, une multitude de questions se pose. Je me suis interrogée sur la vraisemblance d’une telle mise en place, sur la façon dont les auteurs allaient se dépêtrer d’une telle histoire, s’ils allaient bien prendre en compte tous les petits détails qu’engendrerait une invisibilité permanente. Au final, j’ai eu à peu près tout ce que j’attendais, même si je reste sceptique sur la vraisemblance.

Nous sommes dans une histoire fantastique, donc que l’on ne s’étonne pas de la présence de l’homme invisible, d’accord. Toutefois, je trouve que les personnages prennent les faits avec une trop grande sérénité. Sauf peut-être pour Elizabeth qui panique carrément à la découverte de ce mystère, pour les autres, cela ne semble pas si anormal. Tout comme pour l’existence des poseurs de maléfices. C’est anodin, tout le monde en croise dans la rue. J’ai eu ce sentiment qu’on considérait que le lecteur était déjà familier de toutes ces choses, alors que j’aurais aimé qu’on me prenne un peu pour une novice qui ne sait pas dans quoi elle s’embarque. C’est un mystère qui aurait permis de donner de la dimension.

Mais rassurez-vous, c’est le seul point un peu problématique que j’ai repéré, car pour le reste, il n’y a pas de fausses notes. L’histoire est logique, les événements se déroulent avec des péripéties, on se demande ce qu’il va se passer, et on est surpris par les émotions qui se dégagent de certains personnages. Même si je me figurais Stephen, dans mon esprit, plutôt comme un gamin de dix ans que comme un ado (la faute à son immaturité, peut-être ?), les sentiments qu’éprouvaient les personnages me semblaient vrais et cohérents.

J’ai notamment beaucoup aimé tous les petits détails de la vie de Stephen, qui donnent du corps au récit et nous montrent toutes les implications de cette invisibilité : il ne peut pas cacher ses yeux du soleil, il doit parler doucement quand il se balade dans la rue… Autant de petits détails dont j’ai raffolé pendant ma lecture, et j’espérais secrètement pouvoir coincer les auteurs sur un petit quelque chose qui serait incohérent. Pas de chance pour moi, ils semblent avoir pensé à tout !

Quant à ce final, j’en suis enchantée. Ce roman, sous couvert de fantastique, nous donne une véritable leçon de tolérance et nous montre qu’il est important d’aider et aimer son prochain, quel qu’il soit, même s’il est différent. Et cette conclusion nous l’illustre parfaitement. Je ne peux dire en quoi, sans révéler la finalité de l’intrigue, mais une autre fin aurait eu moins d’impact et aurait un peu gâché le message, si beau et si porteur. En bref, un très bon roman pour se détendre !

mardi 14 juillet 2020

La Sélection

Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne...
Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d'Illeá, la « Sélection » s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du jeune Prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas ; et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles...
Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés : l'existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu'elle n'aurait jamais osé imaginer ?

La Sélection (The Selection)
Kiera Cass - 2012

Cela fait un moment que Cookies me tanne pour que je lise ce roman. C’était un de ses coups de cœur, et j’avais pourtant peur de ce que j’allais y découvrir. Mais un jour j’ai lu un roman qui dans le contexte y ressemblait, sans être identique. J’ai fait de moi-même l’amalgame, et me suis dit qu’ayant adoré Le joyau, je ne pourrais qu’aimer La sélection. Le style est différent, l’histoire est différente. Mais des similitudes m’ont permis de me confirmer à moi-même que, oui, j’allais forcément aimer.

L’ambiance de ce roman est incroyable, inqualifiable. Cette impression de prestige, de royauté, de lumière, de splendeur… Tout est simplement magique. J’avais l’impression de suivre America et de faire partie avec elle de la Sélection, et de vivre comme une princesse. Je vous jure, cette atmosphère est parfaitement maîtrisée et donne envie de s’y trouver. Enfin, au premier abord ! Car là où les très riches sont très bien lotis, pour les pauvres, c’est une autre affaire.

Dans ce monde dystopique, les castes sont réparties numériquement. Des Un, les plus opulents, au Huit, les plus pauvres. On ne compte même pas les Neuf et suivants qui ne sont même pas considérés comme des citoyens du royaume. Au plus des voleurs et criminels à abattre. Ce phénomène de castes m’avait choquée quand j’avais appris leur existence en Inde, au collège. Et de voir ici matérialisé un monde reprenant ce concept me révolte encore plus. D’imaginer que l’on puisse classer la population et interdire aux uns et autres de se marier entre différentes castes ou de faire un métier d’une autre caste… Tout bonnement impossible pour mon esprit chauvin.

Mais l’auteure a été maligne et propose tout de même une vision un peu enrichie, avec la possibilité d’évoluer vers une caste supérieure… ou d’être abaissé à une inférieure. Ce monde m’a passionnée, car je l’ai trouvé très bien conçu et suffisamment horrible pour que cela détonne avec les richesses du palais, de la famille royale, ou de cette aberration que peut être la Sélection. Comment Maxon pourrait-il trouver l’amour parmi des filles de castes inférieures qui ne cherchent qu’à atteindre un niveau supérieur ?

C’est un peu le point fort de cette histoire : America, Cinq, qui fait prendre conscience au prince Maxon de ce qu’est son peuple, et de ce qu’il doit vivre en permanence, au quotidien. L’humanité de ces deux personnages ne fait aucun doute et la profondeur de leur être et de leurs sentiments était tellement forte que je me plaisait à suivre leurs dialogues, leurs débats, leur première rencontre qui débouchera probablement sur une belle histoire d’amour – sinon pourquoi écrire ce livre, n’est-ce pas ? J’ai eu un vrai coup de cœur pour eux : pour America, tellement forte et qui ne mâche pas ses mots, et pour Maxon, tellement gêné qu’il en devient attendrissant.

Je ferai un petit clin d’œil à Amberly, la reine et mère de Maxon, qui me semble un personnage très fort et sympathique. On ne la voit que peu, mais elle m’a fait une forte impression, et j’espère sincèrement qu’on la verra plus souvent dans la suite, car je sens qu’elle est un personnage qui aura son rôle à jouer. Finalement, peu d’événements se succèdent, mais les sensations de plénitude que nous fait ressentir cette histoire m’ont donné envie de ne pas refermer mon livre. Je voulais rester au palais, avec America, et je veux lire la suite, très vite.





Before thirty-five girls were chosen to compete in the Selection...
Before Aspen broke America's heart...
There was another girl in Prince Maxon's life...

Le Prince (The Prince)
Kiera Cass - 2013



Depuis le temps que tout le monde me parlait de cette saga, il fallait que je me lance. Une LC est prévue, j’ai une nouvelle qui pourrait me donner l’eau à la bouche... Allez, il est temps ! Le problème, c’est qu’on m’apprend après que cette nouvelle spoile le tome 1 si on ne l’a pas lu avant. Pourtant, c’est un tome 0.5... car ça parle d’avant la sélection, mais qu’il faut considérer comme un tome 1.5... Allez comprendre...

Peu importe, même si je suis auto-spoilée sur certains détails, je ne pense pas que ces quelques pages suffisent à tout savoir du tome 1, sinon ce serait vraiment n’importe quoi. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cette nouvelle m’a mis l’eau à la bouche. Un prince, trente-cinq candidates. Il est le gros lot qu’elles veulent toutes. On propose à des jeunes roturières de devenir princesse lors d’une sélection. Cela semble idyllique. Quelque chose me dit qu’il y a anguille sous roche. Cela ne peut pas être utopique, et je pense que certaines ne sont pas là de leur plein gré. À voir !

Mais une chose m’a beaucoup surprise dans cette nouvelle. C’est que l’histoire semble se passer de nos jours. Télévision, caméra, émission de télé-réalité (ou presque, n’ayons pas peur des mots). Encore une fois, on m'apprend après coup qu'il s'agit d'une dystopie et que l’auteur a réinventé le monde actuel. Ouf, car je commençais à penser qu'elle ne savait pas que la France n’est plus une monarchie depuis quelques centaines d’années ! Cela m’a fait sourire, n’y voyez aucune critique !

Allez, oui, j’avoue. Cette saga promet d’être intéressante et palpitante. Très bientôt mon avis sur le tome 1, promis !

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