lundi 24 janvier 2022

Eneo


Le navire océanographique MedExplorer vogue dans l’océan Pacifique, à la recherche de créatures inquiétantes signalées par des pêcheurs polynésiens. À son bord, la biologiste Sybil Hoareau est chargée de diriger les recherches. Au cours d’une plongée à grande profondeur, le bâtiment est attaqué. Non loin de là, Marc Laurent et Duma Issamba mènent une campagne d’essai sur un engin sous-marin révolutionnaire. Ils vont tout tenter pour tirer Sybil des profondeurs du Pacifique. Quel rapport entre ces événements et la découverte, en Nouvelle-Calédonie, d’une pollution mystérieuse qui décime la faune locale ? Ou la disparition tragique de la présidente progressiste du Chili ?
La réponse se trouve-t-elle tout au fond de l’océan, par trois cents mètres de profondeur ?

Eneo
Sylvain Dutrieux - 2022



Merci à Nats Éditions.

Une petite note très rapide sur ce texte, car j’ai perdu ma chronique il y a très longtemps… et j’ai lu ce livre il y a encore plus longtemps. Donc, vous vous en doutez, mes souvenirs ne sont plus très frais… Il me faudrait vraiment une pensine…

Je me souviens que j’avais beaucoup aimé ce texte. Il parlait d’un sujet intéressant, l’énergie, et il recelait de nombreuses aventures et péripéties, car… tenez-vous bien ! C’est un thriller ! Bon, alors, oui, c’est un thriller, mais il ne fait pas non plus frissonner au point d’en avoir des sueurs froides. Mais les aventures vécues par nos héros sont plutôt trépidantes, et plus d’une fois j’ai craint pour leur vie.

Ma lecture avait été très rapide, et j’avais tout de suite adhéré à l’histoire. J’avais eu quelques surprises et j’avais tourné les pages vraiment rapidement pour savoir ce qu’il allait advenir des personnages. Je sais, ma chronique n’est vraiment pas très longue, mais l’essentiel y est : c’est un très bon texte qui vous fera vivre de belles aventures. Tentez !




samedi 22 janvier 2022

Pandora Project


Newport, New Hampshire, dans un futur proche. L’Enfer a désormais un nom. Autrefois si radieuse, la ville de Newport n’est maintenant plus que l’ombre d’elle-même ; une ombre grandissante, oppressante, dévorant tout sur son passage. Dans ce monde où corruption et tyrannie ont depuis longtemps pris le pas sur la démocratie, Ensaï tente de reconstruire sa vie malgré l’amnésie qui le ronge. Bientôt, de douloureuses marques apparaissent sur son corps, et d’étranges murmures le poussent peu à peu au bord de la folie. Des secrets trop longtemps enfouis semblent se battre pour refaire surface… Comment échapper à cette inexorable chute vers l’enfer qui lui tend les bras ?
Désert d’Ekkar, Nevada. Des Dunes majestueuses, un sable doré et ardent à perte de vue, dissimulant des mystères oubliés du monde… Depuis des siècles, le Clan d’Ekkar est le théâtre de combats muets qui s’immiscent dans la vie des quelques nomades qui foulent ces terres sacrées. Parmi eux, Heather, en passe de devenir malgré elle guide de son peuple, doit affronter une guerre millénaire qui, par l’aveuglement d’une poignée des siens, éclatera sans doute très bientôt. Mais comment guider tout un peuple, alors qu’elle ne parvient même pas à lutter contre ses démons intérieurs ?
Deux mondes que tout oppose, deux âmes tourmentées, unies à jamais par leur Destinée. Plongez dans les légendes ancestrales d’un peuple en perdition et découvrez leur Univers, par-delà les apparences.

Pandora Project
Yuna Minhaï Dekebat - 2011



Merci à Yuna Minhaï Dekebat.

Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai lu un livre de cette trempe. Un livre si beau, si gros, si serein et incroyable. Cette lecture a été réellement hallucinante et m’a fait voyager dans un autre monde, dans une autre réalité, m’a fait oublier mon quotidien lorsque je lisais ces lignes.

Beaucoup savent que j’étais dans un pavé de sept cent quatre-vingt-treize pages. Je l’ai suffisamment répété, tant la taille du livre m’impressionnait. Mais quand on aime, cela passe vite. Ce n’est pas passé si vite que ça, car il y a de la matière, de la réflexion autour de cette histoire. On en ressort différent, grandi, tant les messages sont forts, et tant cette lecture est particulière. J’ai donc pris mon temps, je n’ai pas dévoré. J’ai au contraire dégusté chaque mot.

Commençons donc par la couverture et l’accroche. Elles sont toutes les deux empreintes de mystère. Cet œil de fauve sur la couverture, et cette amnésie évoquée dans le résumé. Je ne savais pas à quoi m’attendre lorsque j’ai commencé ma lecture. J’ai découvert ce monde particulier avec Ensaï et Heather, tous deux amnésiques. Ils doivent découvrir ce secret commun, et faire face à leurs situations respectives, lui à Newport avec Ienzo, elle à Ekkar avec Nate et son Clan.

Si, au début, je n’ai pas compris grand-chose à ce que je lisais, toutes les pièces se sont assemblées au fur et à mesure de ma lecture, me permettant un peu plus à chaque page d’entrevoir le lien qui unit Ensaï et Heather. Mais si j’ai pu entrevoir certaines choses, d’autres ont été des coups de massue, tellement je ne m’y attendais pas, et j’ai été surprise à certains moments, frissonnant ou les larmes aux yeux à d’autres.

Le style de Yuna Minhaï Dekebat est particulièrement mystérieux, et sa fluidité nous entraîne dans son imaginaire. Je n’ai jamais lu une histoire de ce genre. L’autrice est allée au-delà de toutes les histoires fantastiques ou fantasy que j’ai pu lire jusqu’à présent et nous a offert un petit bijou unique en son genre que je ne peux que vous recommander.

Je suis heureuse de l’avoir découvert et d’avoir passé un si beau moment de lecture ! Oui, c’est un gros coup de cœur !




jeudi 20 janvier 2022

Purgatoire des innocents


Je m’appelle Raphaël, je viens de passer quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous avons dérobé trente millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
« Je m’appelle Sandra. Je suis morte il y a longtemps dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour là…&nsbp;»
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
« Quelque chose qui parle et qui marche à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit… »

Purgatoire des innocents
Karine Giebel - 2013



Quand j’ai vu ce roman dans les rayons de ma médiathèque, je n’ai pas pu résister : je l’ai attrapé et je suis partie, sans un regard pour les autres romans qui hurlaient pour que je les lise. Rien à faire, je ne peux pas résister à un texte de Karine Giebel. En effet, quand je la lis, je suis comme transportée dans un autre monde. Horrible, terrifiant et limite sadique, mais impossible à lâcher.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé le style bien particulier de cette autrice de génie. Des phrases courtes, hachées, percutantes, qui ne peuvent que nous mettre tout de suite dans le bain. Ou nous perdre complètement. Avec Karine Giebel, ça passe ou ça casse, et ce dès le début de notre lecture. Surtout quand on voit la taille du pavé que l’on a entre les mains. Heureusement, pour moi, c’est du plaisir à chaque page. Enfin si l’on peut dire, car ce n’est encore une fois pas une histoire joyeuse où les bisounours se font des câlins. Loin de là.

Cette fois, cela commence par un braquage, qui tourne mal. Le frère de Raphaël, Will, est blessé lors de l’attaque d’une bijouterie, et les deux frères, suivis par leurs complices, doivent fuir et se cacher le temps que le jeune homme reprenne des forces. C’est chez Sandra, vétérinaire, qu’ils se retrouvent. Et c’est le début de l’Enfer. Pour elle… ou pour eux ?

Fait habituel chez Karine Giebel, j’ai détesté de suite Sandra. Je sentais qu’elle n’était pas saine, pas qui elle prétendait être. Je l’ai adorée aussi en même temps, car je me disais qu’elle allait leur en faire voir de toutes les couleurs, à ces braqueurs. Fait rare chez Karine Giebel, j’ai apprécié deux personnages, mais alors apprécié au point de ne voir qu’eux, et de souhaiter qu’ils s’en sortent. Raphaël et William m’ont carrément fait craquer. Pourtant, d’habitude, avec cette autrice, je n’arrive qu’à aimer détester ses personnages. Une première pour moi.

Mais quel sadisme, toutefois. Je me doutais que cela serait sanglant, terrible, horrifiant. Imaginez tous les qualificatifs du champ lexical de la terreur, et vous n’aurez pas le quart du dixième de ce que l’autrice a fait subir à ses personnages. Elle a mêlé l’horreur au réalisme avec une plume de maître, et j’ai été atterrée de réaliser que, oui, il y a des malades sur Terre, et que, peut-être, des fous de ce genre existent réellement.

Le titre de ce roman prend tout son sens au fur et à mesure de l’avancée des événements. Nous retrouvons tous les niveaux sur l’échelle des innocents : l’innocence même, avec Jessica ; puis le complice du braqueur en chef, William, qui suit son frère par admiration plus que par vénalité ; puis ensuite les braqueurs qui visent gloire, femme, et argent ; le sadique ultime, pervers de surcroît, accompagné de sa complice qu’il a faite à son image. Tout le monde purgera sa peine au purgatoire, et les innocents ne seront pas épargnés. La dernière phrase de ce roman clôt même cette histoire d’une touche d’horreur absolue, de criante vérité.

Ce roman, c’est de la dynamite. Du grand Karine Giebel.




mardi 18 janvier 2022

Salicande


Claris a douze ans et vit avec son père, Eben, et son frère jumeau, Jad, dans une vallée reculée et protégée par des montagnes d’accès difficile. Malgré la disparition précoce de leur mère et la mélancolie de leur père, malgré le handicap de son jumeau, Claris est une jeune fille enjouée, téméraire, qui rêve d’aventures. Des aventures comme celles qu’elle lit dans les livres de la tour interdite où s’est réfugié son père depuis la disparition de sa femme, des aventures comme celle que lui lisait sa mère, des aventures comme celles que son jumeau, handicapé, ne peut pas vivre. Mais Claris est persuadée que les aventures n’arrivent jamais aux filles. L’avenir va lui montrer qu’elle ne peut pas se tromper davantage…
Salicande (Les Éveilleurs T1)
Pauline Alphen - 2009



Je vais commencer par la couverture ! Ne la trouvez-vous pas magnifique ? D’une pureté et d’une simplicité, d’une élégance comme je les aime ! Les couleurs se marient bien, et l’image en elle-même reflète tout à fait le contenu du livre.

Et parlons-en, du contenu du livre ! Ce roman est magnifique, magique, dans sa beauté, dans sa simplicité. Cet univers est au-delà de tout ce que l’on aurait pu imaginer. Le monde né après la Grande Catastrophe et qui est peint dans ce roman correspond tout à fait à ce que nos descendants pourraient connaître, fantastique excepté. Et encore ! Ici, pas de gel, d’hiver torride, ou de désert aride. Non. Pauline Alphen a vraiment peint un monde totalement différent de tous ceux qui nous ont déjà été proposés dans le genre.

Quant aux personnages : les jumeaux d’abord, Claris aussi farouche que Jad est doux, sont clairement les héros de cette histoire réellement hors du commun. Même si Blaise, personnage apparemment très froid, est pourtant très concerné par la vie et le bien-être de ses semblables. Il détient les clefs de l’Ancien Temps, et c’est par ses connaissances que l’on apprend à appréhender ce nouveau monde. En fait, en y repensant, tous les personnages ont leur rôle à jouer. Et c’est ce qui donne encore plus d’aplomb et de force à ce roman.

Mais, aujourd’hui, je suis désespérée, cher lecteur, car ce roman s’est terminé de la pire des façons… Comment vais-je supporter l’attente de lire le second tome ?



Ailleurs »



dimanche 16 janvier 2022

Précieuse


Avry vit cachée. Elle est la dernière survivante du peuple maudit des Guérisseurs ; si elle se montre, elle risque la mort. Pourtant, un jour, elle enfreint ses propres règles. Cela suffit à Kerrick d’Alga pour la capturer et l’emmener de force. Au terme du voyage, Avry doit guérir un Prince au prix de sa propre vie. Mais, tandis qu’ils se lancent dans cette dangereuse expédition qui rapproche chaque jour Avry de la mort, il se noue entre elle et Kerrick une étrange relation de haine et d’intense attirance réciproques…
Précieuse (Le pouvoir des lys T1)
Maria V. Snyder - 2011



Comment ai-je pu mettre de côté ce livre aussi longtemps ?! Quelle histoire incroyable, magique, superbe ! Ça, c’est de la fantasy comme je l’aime ! Bien écrite, avec des personnages et une histoire qui tiennent la route, dans un monde tout à fait crédible et qui nous offre des différences subtiles avec notre monde, bref un récit tout à fait captivant.

Alors, ceux qui ont lu la saga Les Portes du secret diront comme moi qu’on trouve des similitudes avec cette saga. Mais pas tant que ça finalement. Car si la relation entre Avry et Kerrick fait bien penser à la relation entre Elena et Valek, je n’ai pas non plus vu d’énormes ressemblances entre les deux sagas. Juste des petits rappels subtils, qui m’ont fait sourire au souvenir du Poison et de sa suite. Non, cette saga est bien meilleure pour moi.

D’abord, car les personnages sont bien plus étoffés et ont une personnalité bien plus tranchée. Elena et Valek, c’était une passion fusionnelle. Avry et Kerrick, c’est un volcan sur le point d’entrer en éruption, une tornade qui arrache tout sur son passage ! Aucun couple n’est à la hauteur de ces deux-là ! Oui, j’y vais fort, mais je suis complètement dedans. Même après avoir lâché le livre, je suis toujours avec eux ! Quant à l’histoire, mais quelle histoire ! Quelle dilemme, quelle cruauté pour Avry ! Et de découvrir à la fin que Kerrick… Oh mais ! Oh !

Et cette imagination, ce souci du détail dans la façon d’amener les différentes magies : les mages de la mort, de la vie, de la forêt, les guérisseurs… Excellentissime ! Une saga que je ne vous recommande pas de lire, non, car ce n’est pas nécessaire. Avec un avis pareil, je suis certaine que vous vous êtes déjà tous plongés dans ce sublime tome. Comment ça, non ?! Mais, vous attendez quoi ?



Magique »



vendredi 14 janvier 2022

Aimer


Savez-vous ce qu’est une Banshee ? Eh bien, moi non plus je n’avais jamais entendu ce terme jusqu’à ce que je découvre que j’en suis une. Une Banshee n’est rien de moins que l’ancêtre des sorcières. Elle est capable d’annoncer la mort et de maîtriser les éléments. N’importe qui pourrait trouver que d’avoir des pouvoirs comme dans les films fantastiques est super cool. Sauf qu’il y a malgré tout un prix à payer. Si je m’approche des gens, j’attire la mort sur eux. Et mon pauvre cœur s’est malheureusement épris d’un homme. Je vais devoir combattre la Mort elle-même afin que notre amour survive, afin qu’il puisse rester en vie.
Je suis Léah, annonciatrice de la mort. Je suis une Banshee.

Aimer (Larmes de sang T1)
Sg Horizons - 2013



Merci à Sg Horizons.

Au moment où j’ai lu la première phrase de ce résumé, j’ai su que je devais absolument lire ce roman. Les Banshees sont les « bestioles » qui m’attirent le plus en littérature fantastique. Elles me fascinent, et je recherche toujours de nouveaux romans qui portent sur ces créatures. Alors, évidemment, j’ai été tellement contente de pouvoir lire ce livre que je n’ai même pas lu la totalité du résumé.

Je me suis donc lancée dans cette lecture sans trop savoir ce qui m’attendait. Un peu d’inconnu, cela fait du bien. Et j’ai été agréablement surprise par l’imagination de Sg Horizons. Elle nous emmène dans une histoire qui va de mal en pis, positionnant l’héroïne dans une situation complexe, à vouloir protéger son amour d’elle-même, de ce qu’elle peut attirer : la mort.

L’histoire entre Léah et James est réellement touchante, et j’en ai voulu à sa mère et sa tante de vouloir les séparer, même si c’est pour le bien du jeune homme. Quel courage a-t-il eu, d’ailleurs, ce dernier, pour braver les interdits pour Léah !

Un petit bémol, toutefois, en ce qui concerne le style et la mise en place de l’histoire. J’ai trouvé que les différents événements étaient parfois un peu survolés et qu’ils manquaient de profondeur. Par exemple, lorsque Léah se retrouve avec les Anciennes, James arrive un peu d’on ne sait où, et il manque quelques informations. Bien sûr, j’aime que cela aille vite, mais il est, selon moi, aussi important d’avoir quelques moments où l’on se pose, avec quelques descriptions, des moments simples, pour mieux apprécier les redémarrages de l’action.

Hormis ce petit côté un peu « brouillon », j’avoue avoir beaucoup apprécié cette histoire et j’espère pouvoir lire la suite très prochainement !



Sauver »




 

mercredi 12 janvier 2022

Quand les anges tombent


Cinq enfants kidnappés… Un truand impitoyable, Vigo, dit le Noir, condamné à perpét’ pour le meurtre de gamins qu’il nie farouchement avoir commis… Un avion en provenance de Russie qui par malheur s’écrase sur une prison… Un procès truqué, une vengeance… Un préfet assoiffé de pouvoir qui brouille les cartes, un flic déboussolé au fond du trou, un malfrat corse en rupture de ban, un cheminot alcoolo, un juge en fin de parcours, une avocate opiniâtre, des parents bouleversés mais combatifs… Et leurs cinq mômes bien décidés à survivre et prêts à tout pour s’en sortir tout seuls !
Quand les anges tombent
Jacques-Olivier Bosco - 2014



Merci à la Masse critique de Babelio et aux éditions Jigal Polar.

Je ne connaissais pas du tout cette maison d’édition, et encore moins Jacques-Olivier Bosco. Ce livre a donc été une entière découverte, que je ne regrette absolument pas. Dès les premières pages, j’ai été saisie par l’intrigue présentée par l’auteur, et son style entraînant.

Les événements s’enchaînent, dès les premières pages, et nous font nous interroger. Que va impliquer ce crash d’avion ? pourquoi ces six enfants, qui ne se connaissent même pas, sont kidnappés ? Que cachent leurs parents ? Comment vont-ils s’en sortir ? Les personnages, enfants comme adultes, créent des liens, des alliances, et tentent de s’enfuir pour les uns, de sauver les enfants pour les autres. Chacun à leur manière.

Jacques-Olivier Bosco sait jouer avec nos nerfs et nous présente chaque élément en temps voulu, mais cela a impliqué un découpage peu subtil. Au début, nous suivons les enfants ; et ensuite les parents. Personnellement, vers la fin, je me languissais de revoir les enfants, donc un petit entrelacement des scènes auraient été apprécié. Mais je ne vais pas dire non plus que j’ai détesté ça. Car chaque partie avait son duo fort, et donc les membres sont devenus tout naturellement mes personnages préférés. Salomé et Enzo, d’une part ; Matéo et Erwan, de l’autre.

Le choc entre ces personnages étaient parfaits. Les deux enfants qui se rencontrent, se découvrent et se perdent. J’ai cru avoir une attaque, concernant Enzo ! Monsieur l’auteur, vous êtes machiavélique ! Les deux adultes, l’un truand, l’autre policier, et qui lient une solide amitié, malgré une petite zone d’ombre concernant leur passé…

En bref, un roman extrêmement bon, une intrigue très travaillée, et ce dans les moindres détails. Un suspense intenable, qui me faisait tourner les pages à une allure incroyable. Pour moi, c’est clairement un texte à lire et un auteur à découvrir ! Je ne sais pas vous mais, pour ma part, je vais de ce pas me renseigner sur les autres romans de l’auteur !




lundi 10 janvier 2022

La mémoire sous la glace


« Retrouve mon père. »
Sam Dementieff, vétéran aléoute des redoutables Egorgeus de Castner, pilier de la communauté du plus grand parc national d’Alaska, n’avait jamais évoqué ce pan de son passé. Mais à sa mort, sa nièce et détective privée, Kate Shugark se voit confier cette mystérieuse mission.
Fidèle à ses dernières volontés, Kate part à la recherche de cet aventurier disparu depuis presque un siècle, chercheur d’or et sans doute escroc. Et découvrira que son village a été le théâtre de bien des tragédies, Mort noire et mines d’or en toile de fond...
Mais enquêter sur l’histoire de ce territoire glacé et sans merci n’est pas sans danger, et quelqu’un est décidé à l’empêcher d’atteindre son but : agressions et morts violentes s’enchaînent.
Qui serait prêt à tuer pour que le passé ne refasse pas surface ?

La mémoire sous la glace (Kate Shugak T2)
Dana Stabenow - 2011



Merci à la Masse critique de Babelio et aux Éditions Delpierre.

J’étais extrêmement enthousiaste de découvrir ce roman. Une histoire se passant en Alaska, parfait pour se dépayser, et un thriller de surcroît. Autrement dit, un roman qui promettait d’être lu en un rien de temps ! Ce ne fut pas le cas. Quand j’ai vu arriver ce pavé, je me suis dit que finalement il prendrait un peu plus de temps que prévu. Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à le lire en plus d’une semaine.

Cette lecture lente n’est pas le fait de l’histoire en elle-même. Elle est intéressante et intrigante, tout comme le promettait le résumé. En plus, l’intrigue policière a le mérite d’être parfaitement maîtrisée et réellement solide. Mais oui, j’ai bien dit « policière ». De là à le qualifier de thriller, non. Car ce livre souffre tout de même de sacrées lenteurs…

Dans un thriller, on n’a pas le temps de reprendre son souffle, de s’ennuyer, voire même de réfléchir. Un thriller est censé nous mitrailler, doit contenir du suspense. Là, on a bien le temps de se faire nos propres suppositions et on voit le temps passer lors des nombreuses longues descriptions de l’histoire… J’ai adoré apprendre toutes ces choses sur la vie des Natifs alaskiens, mais j’aurais aimé être un peu plus débordée d’informations ou bien être submergée par l’action. Et si possible, pas toujours les mêmes actions : une agression, ça passe… La deuxième, ça fait déjà répétitions… À la troisième, ça suffit !

Eh bien, non. Là, j’avais des périodes où il y avait de l’action et où les pages se tournaient vite, et d’autres (hélas plus longues) où je regardais le numéro de la page, pour savoir si j’avais avancé ou pas. C’est dommage car, je le répète, l’histoire est bonne, les personnages très travaillés, surtout Kate, évidemment. Et même si j’ai adoré le duo Kate/Mutt, je n’ai pour ma part pas été emballée… Tant pis !



« À pierre fendre
Trafics en plein ciel »



samedi 18 décembre 2021

Save my soul


Ava Lansbury a deux terribles défauts. Elle est TRÈS timide, et elle est TRÈS gentille. Elle se fait donc tyranniser par sa chef de service (tellement banal...), piétiner par sa famille (déjà vu !), et son amant, un homme marié, la traite comme un paillasson.
Jusque là, ce pourrait être un livre de chick-lit ordinaire...
Mais quand le fantôme d’une marquise française décide de mettre son nez dans l’histoire, attention les yeux, ça va décoiffer ! Car Victoire-Alexandrine de Lance, marquise de L’Épine, n’a pas que le nom de pointu. Sa langue et son caractère le sont aussi, et bien qu’ayant vécu au 18ème siècle — grand siècle du libertinage ! —, elle se révèle parfaitement armée pour affronter le nôtre...
Au contact de cette surprenante marquise, Ava va s’épanouir, gagner en assurance, parfois même contre son gré...

Save my soul (Madame la Marquise T1)
Keira Quinsley - 2014



Merci à Rokh Éditions.

Tout d'abord, je tiens à préciser que ce roman ne rentre pas du tout dans la catégorie de mes lectures habituelles. Je lis très peu, voire pas du tout, de chick-lit, de romances ou de « romans pour filles ». Du coup, je ne suis pas la mieux placée pour vous dire s’il est le meilleur ou pire que j’aie jamais lu. Je n’ai pas de référence. Ce que je peux vous dire, par contre, c’est qu’il est vraiment rafraîchissant. J’ai trouvé que de rentrer dans la vie d’Ava était amusant, et la Marquise est vraiment haute en couleur. C’était une lecture sympathique et sans prise de tête.

L'histoire est crédible, et les enchaînements tiennent debout, même si parfois les événements évoqués sont un peu « gros » ou téléphonés. Pas grave, ça fait sourire ! Par contre, pour les personnages, il y a quelques bémols. Dès que l’on sort du cadre Ava/Marquise, les autres deviennent un peu ternes et sans personnalité, et c’est assez dommage, car cela aurait pu colorer un peu plus le roman.

Enfin, je trouve que la fin est excellente. Je parle de celle avec le petit, évidemment, pas des trop nombreux chapitres concernant les ébats d’Ava, que j’ai trouvés ennuyeux, surtout par leur longueur... Mais, chers lecteurs, vous me connaissez, dès qu’il s’agit de romance un peu trop poussée, j’espère que d’un coup un meurtrier sanguinaire arrive pour tout dégommer alors, évidemment, c'était raté pour moi ! Mais très réussi pour d'autres, j'en suis sûre !

Bref, cette lecture était sympathique par sa fraîcheur et m’a permis de sortir un peu de ma zone de confort pour une lecture. C’est dépaysant, alors c’est sympa !


RÉÉDITION.

Merci à Rokh Éditions de m'avoir permis de découvrir cette réédition de ce livre. Avec près de cent pages supplémentaires, cela méritait un petit mot.

Alors, point de chronique complète, car mon précédent avis parle de lui-même. Toutefois, ma lecture s'est passée un peu différemment. Peut-être est-ce parce que je l'ai lu il n'y a pas longtemps, mais j'ai un peu moins ressenti la ferveur de la lecture. Connaissant l'histoire, je me suis un peu reposée sur cette lecture, et j'ai un peu mieux pu apprécier les personnages secondaires – mais toujours pas les scènes d'ébats d'Ava.

La version augmentée est agréable, et l'on ne voit pas passer les pages. Autrement dit, ce n'était pas du remplissage juste pour rééditer, mais bien des passages qui collent à l'histoire et lui apportent un petit plus : un côté un peu plus profond et étoffé. Cette nouvelle version est donc tout à fait à lire, et pour ceux qui n'auraient pas lu la première version, n'hésitez pas et foncez plutôt vers celle-ci. Cela vous permettra de passer un peu plus de temps avec Madame la Marquise !



Le retour »



jeudi 16 décembre 2021

La prophétie des Enfers


Quelque chose de terrible est arrivé. Satan a libéré les Anges Déchus, et la Terre est en péril. Car les Damnés ont soif de sang et de destruction. Tandis que les troupes célestes tentent d’arrêter la folie meurtrière de leurs anciens frères, Erael part en quête de la prophétie qui contient la clé pour renvoyer les Damnés aux Enfers. Accompagné d’Emmanuelle, une terrienne dont le destin semble inextricablement lié à l’augure, l’ange est déterminé à mener à bien sa mission. Pourtant, il se surprend bientôt à éprouver de profonds sentiments pour la jeune femme… Mais les anges n’ont pas le droit d’aimer ; et toute relation est strictement interdite. Entre l’amour et le devoir, Erael devra choisir…
La prophétie des Enfers
E.C. Tanengam - 2014



Merci à E.C. Tanengam de m’avoir permis de découvrir son ouvrage, et ne pas m’avoir hurlé dessus. À ce jour, j’ai deux jours de retard sur la date prévue de ma chronique... Mais cela n’est pas dû au roman, je vous rassure !

Celui-ci est en effet excellent. Il nous peint un monde tout à fait particulier, proche de la fantasy moyenâgeuse, avec des anges, des démons, des anges déchus ou damnés. Mais plutôt que de se cantonner à une époque reculée, elle nous propose ici une version originale, car elle positionne une apocalypse dans le futur. En ce moment, il faut que vous le sachiez donc je fais passer le message, c’est important : nous sommes dans une trêve ! Bientôt, Satan va libérer les anges déchus qu’il avait enfermés dans les Enfers suite à un accord ! Préparons-nous à l’attaque !

Cette approche d’une apocalypse future est réellement originale, et m’a captivée dès le départ. Enfin une explication logique et terre-à-terre ! Du coup, l’histoire qui en découle pourrait être plus classique, comme des combats sanglants ! Mais non, E.C. Tanengam nous plonge ensuite dans une quête, pour tenter de trouver la solution miracle pouvant arrêter les anges déchus et les renvoyer en Enfer. La guerre reste en second plan.

L'histoire est, vous l’avez compris, très bien ficelée et vraiment très cohérente. Tout a été pensé minutieusement, et je n’ai pas trouvé une seule fausse note (en même temps, j’étais tellement emballée et happée dans l’histoire que je les ai peut-être inconsciemment ignorées). De plus, l’histoire étant particulièrement dramatique, j’ai trouvé assez osé le fait que l’autrice nous ait ajouté un peu d’humour dans son récit, notamment avec Merlin ou les différentes contrées d’Ouram. Osé, mais génial ! Personnellement, j’ai trouvé cette idée excellente, car elle permet d’alléger le récit, tout en nous gardant concentrés sur l’objectif final. Les personnages enfin ont quant à eux des personnalités très justes. Ils ont tous leur passif, leurs secrets, leur particularité.

En somme, il s’agit d’un excellent roman, à l’atmosphère noire, mais allégée d’humour, avec des personnages loin d’être superficiels, et une trame parfaitement conçue. Même si l’on se doute de quelques petits détails, on ne s’en formalise pas, tant le roman est de qualité. Merci de me l’avoir fait découvrir !




mardi 14 décembre 2021

Les hasards sont assassins


Stanislas de Saint-Avril, un jeune homme de vingt-trois ans passionné par les enquêtes policières, décide de passer les examens pour entrer dans la police mais il échoue. Selon lui, à cause du psychologue. Il décide donc de lui rendre une petite visite... À quelques kilomètres de là vit un jeune garçon, Fabrice, qui, sans le savoir, va se mêler à la tourmente.
Les hasards sont assassins
Hubert Ben Kemoun - 2004



Merci à Pocket Jeunesse et à la Masse Critique de Babelio.

J'ai lu ce roman en un rien de temps ! L’histoire est en effet vraiment prenante, dès les premières lignes. Dans ce roman, nous suivons deux personnages « principaux ». Stanislas tout d’abord, clairement psychopathe et imbu de sa personne, s’est vu refuser l’entrée à l’école de police. Pour lui, il n’y a qu’un coupable : le psychothérapeute qui l’a évalué inapte pour ce métier. Alors, très illogiquement, il décide de le tuer pour pouvoir devenir policier. Puis le hasard aidant, il se retrouve emmêlé dans un cercle infernal qu’il considère comme une opportunité magnifique. Oui, je le pense dérangé, mais c'est ce qui est fascinant.

Fabrice, le second personnage, est quant à lui un adolescent en pleine crise. Vu que ses parents ne comprennent rien à sa vie et ses envies, il décide de se venger. Mais il ne s’attendait pas à croiser la route de Stanislas... Je vous laisse imaginer la suite ! Le hasard est omniprésent dans ce roman : il a permis un enchaînement d'événements tous plus terrifiants les uns que les autres. Ce roman est terrible car il nous peint deux personnages qui veulent se venger et qui n’imaginent pas jusqu’où leurs actions vont les entraîner. Ajoutez à cela une écriture dynamique, et vous obtenez un roman qui se dévore. Alors, ce n’est donc pas un hasard si je l’ai lu aussi rapidement !




dimanche 12 décembre 2021

Zone de contagion


Big Cloud, dans le Wyoming : alors qu'elle reprend conscience après un grave accident de la route, une jeune femme hurle que son bébé, présent dans la voiture lors de l'accident, a disparu. Rio de Janeiro : une bombe éclate à la terrasse d'un café, faisant des dizaines de victimes, dont deux journalistes de la World Press Alliance. Au large de la Floride : à bord d'un paquebot de croisière, un homme agonise en quelques minutes dans d'atroces souffrances, sans qu'on puisse déterminer l'origine de son mal.
Reporter à la World Press Alliance, Jack Gannon se rend à Rio pour couvrir l'attentat dans lequel deux journalistes brésiliens ont trouvé la mort. Mais alors qu'il progresse dans son enquête, il voit surgir, à la fois fasciné et incrédule, des liens entre cet attentat et des affaires qui n'ont a priori aucun rapport avec celui-ci. Et il comprend bientôt que ce qui s'est passé à Rio n'est que la partie visible d'une menace infiniment plus vaste, effrayante, et que des millions de vies sont en jeu. Pour faire éclater la vérité, Jack va devoir pénétrer dans les zones les plus sombres de Rio, côtoyer l'horreur et la violence jusqu'à risquer sa vie. Jusqu'à l'hallucinante vérité.

Zone de contagion (Jack Gannon T2)
Rick Mofina - 2014



Merci à la Masse Critique de Babelio et aux éditions Harlequin Mosaic.

Même si ma lecture a finalement été assez longue, le roman n'est pas du tout à mettre en cause ! Il est une vraie course contre la montre, où chaque personnage se retrouve pris dans un engrenage qu'il doit tenter de comprendre, démêler et résoudre. Gannon, d'une part, journaliste, enquête sur la mort de deux confrères qui possédaient des preuves matérielles concernant un complot. Emma Lane, d'autre part, perd dans un accident de voiture son mari et, bien que tout le monde lui affirme que son fils Tyler est lui-aussi mort dans cet accident, est certaine que son fils a été enlevé.

Le rapport entre ces deux événements ? J'avoue ne pas l'avoir compris tout de suite. Et ça m'a fait plaisir, de devoir me triturer les méninges un peu, plutôt que de tout de suite avoir cette intuition concernant ce fameux complot. Pourtant, avec un titre pareil, j'aurais dû m'y attendre, moi qui adore tout ce qui a attrait à ce sujet ! Bref, ce complot est une véritable machination ! J'ai adoré cette idée ! Non pas que je veuille que cela arrive, je ne suis pas sadique à ce point ! Mais j'en ai aimé la raison, tout à fait valable, l'instigatrice, qui malgré sa folie, m'a touchée, ainsi que l'intelligence qu'il a fallu qu'elle déploie pour en arriver à cet « exploit ».

Ce roman est très bon et m'a beaucoup plu même si, à certains moments, j'y ai trouvé quelques longueurs. Peut-être est-ce dû au fait que j'ai dû entrecouper ma lecture plus de fois que d'habitude, mais certains passages m'ont semblé un peu plus long, même si nécessaires pour la compréhension globale de l'affaire. La ténacité d'Emma m'a bluffée, et le courage de Gannon m'a impressionnée. Par contre, je trouve l'épilogue un peu fade. Il aurait pu être un peu moins factuel, même si j'ai bien apprécié l'ouverture subtile des dernières lignes. Une suite sur la recherche de Cora ? J'aimerais beaucoup !



« Vengeance road



vendredi 10 décembre 2021

Témoin des morts


La mort, Judith la regarde en face. Son métier ? « Nettoyeuse » de scènes de crime ! Un choix qui s’est imposé à elle après un passé douloureux. Un jour, dans l’appartement d’une femme violemment assassinée, elle découvre un dossier à son nom, datant de son passage à l’orphelinat. Judith part en quête du mystère de ses origines, mais certains semblent prêts à tout pour l’empêcher de découvrir la vérité…
Témoin des morts
Elisabeth Herrmann - 2010



Je pourrais décomposer ce roman en trois parties : le début, la fin et... le « reste ». La fin, car elle m'a scotchée et a permis de donner tout son sens à ce complot politique présenté dans cette histoire. Mais je n'en dirai pas plus à ce sujet, il vous faudra lire ! Le début, pour son originalité et l'intérêt que j'ai pu y porter : imaginez-vous dans l'Allemagne à l'époque de la chute du Mur, lorsque le pays était divisé en deux, RFA et RDA. Imaginez-vous une très petite fille qui se retrouve sans parents, dans un foyer, et que l'on retrouve environ vingt ans plus tard, nettoyeuse de scènes de mort, et devant nettoyer la scène de crime d'une femme qui se trouvait dans le même foyer qu'elle. Toutes les bases étaient là pour faire une bonne histoire.

L'ennui, c'est qu'il y a la troisième partie, le « reste ». Je suis française, et même si j'ai suivi des cours d'histoire et que je suis un peu familiarisée avec l'histoire de l'Allemagne, je n'en suis pas au point de connaître les noms (et surtout diminutifs) des institutions, et j'ai donc été embarquée dans un monde politique que je ne connais absolument pas. En soit, ce n'est pas trop un problème car, après tout, je peux apprendre. Mais il y avait beaucoup trop de détails pour que je m'y retrouve. Je me suis retrouvée noyée assez rapidement, à retourner en arrière pour comprendre les termes de Stasi, de BND... Et dans ce trop de détails géopolitiques, j'en ai eu trop peu sur l'histoire même de Judith : Elisabeth Herrmann passe trop rapidement sur les faits concernant le meurtre. Comment Judith a-t-elle compris que Borg était dans le même foyer ? Comment diable Quirin s'est-il retrouvé sur le même ferry que Judith alors que dans la scène précédente il discutait avec un autre personnage ?

Je comprends que le fil rouge soit politique, mais j'avoue qu'il y avait un décalage au niveau de la quantité d'informations données à ce niveau, et cela m'a vraiment ennuyée. Je me suis retournée parfois à tourner les pages et à espérer qu'il y ait un peu plus d'actions dans tout ce fouillis d'informations. Heureusement que la fin m'a surprise ! Un avis donc un peu mitigé, car je pense que le côté politique ne me convient pas trop. Objectivement, je pense que ce roman est très bon, et qu'il plaira aux fans de thrillers géopolitiques et à toute personne familiarisée avec les institutions et l'histoire allemandes.




mercredi 8 décembre 2021

Un rêve d'utopie


Imaginez un monde où l'on vous dicterait votre vie, qui vous devriez aimer, avec qui vous devriez vous marier, le nombre et le sexe de vos enfants ! Tout serait régit par les « sauveurs ».
Iris a grandi dans ce monde, mais maintenant il est temps de pour elle de combattre cette utopie.

Un rêve d'utopie
Marine Sheridan - 2014



Merci à Marine Sheridan.

Une dystopie, par défaut, ça ne peut qu'attirer mon attention. Je suis friande de découvrir les mondes utopiques, terribles et horribles que peuvent nous créer des auteurs divers, à partir de nos pensées naïves qui souhaiteraient voir disparaître la mort, la misère ou la souffrance. Cette dystopie ne déroge pas à la règle et nous présente un monde qui semble parfait, dépourvu de maladies, mais où tout, sans exception, serait contrôlé par les Sauveurs.

Dans le fond, le contexte ne m'a pas réellement surprise, car on retrouve tous les concepts que l'on attend dans une dystopie. Mais l'intrigue particulière concernant Iris m'a beaucoup plu. Sa fuite, avec ses parents et sa sœur condamnée à mort, sa vie à Immertio, dont le nom de l'endroit donne une jolie indication sur son lieu, ainsi que son envie de retourner sur Terre, quitte à suivre un groupe armé prêt à en découdre avec le gouvernement mis en place.

L'histoire est bien menée, même si je pourrais apporter une légère critique sur toute la violence dont la fin du récit fait étalage. Il me semble difficile de comprendre comment Iris peut sembler si impassible face à la mort, alors qu'elle-même y a été confrontée de près suite à la condamnation de sa sœur, dont on n'entend d'ailleurs plus vraiment parler et qu'on ne voit jamais « en action ». Comme je viens de l'indiquer, ce n'est pas que je n'y crois pas, juste que j'aurais voulu avoir un peu plus de détails concernant ses pensées à ce moment précis.

Bon, évidemment, comme tout format court, il est beaucoup trop court, et j'aurais aimé pouvoir m'immerger un peu plus dans ce monde et vivre un moment un peu plus long en compagnie d'Iris. Mais cette nouvelle n'en reste pas moins une excellente histoire, qui mériterait selon moi d'être un peu étoffée !





 

lundi 6 décembre 2021

Wave


Le matin du 26 décembre 2004, un tsunami frappe l’Océan indien. Sonali Deraniyagala, en vacances au Sri Lanka, son pays natal, en réchappe miraculeusement. Mais, de sa famille, elle est la seule. La vague lui a pris ses parents, son mari et ses deux petits garçons. Wave raconte l’histoire de ce jour, où elle a tout perdu, et de tous ceux qui ont suivi. Les mois, les années lorsque l’insupportable déchirement du souvenir succède aux premiers moments d’horreur. La matière de ce livre, c’est la peine impalpable, indescriptible de la narratrice. Sonali Deraniyagala réussit un récit poétique, sans concession et incroyablement digne sur comment survivre à l’inimaginable.
Wave
Sonali Deraniyagala - 2014



Merci aux Éditions Kero.

Ma chronique va être particulièrement difficile à rédiger, tellement ce livre m'a émue et bouleversée aux larmes. Ma lecture a été ponctuée de frissons, tant ce que je lisais était fort, terrible et criant de vérité.

L'intrigue prend place immédiatement lors de l'arrivée de la Vague, le tsunami de 2004 qui a ravagé, entre autres, le Sri Lanka.

Tout de suite dans l'ambiance, on se rend compte très vite que Sonali Deraniyagala ne nous épargnera pas. Elle nous dit tout. Tout ce qu'elle a vécu, tout ce qu'elle a fait, tous ces choix aussi, comme celui de tenter de ne sauver que son mari et ses enfants, sans s'arrêter deux secondes pour prévenir ses parents qui étaient dans une chambre à côté, ou encore celui de critiquer ouvertement un enfant qui a survécu, parce que les siens n'ont pas eu cette chance.

Son instinct de survie a été plus fort que tout, et son amour pour sa famille plus intense que quoi que ce soit d'autre. D'emblée, j'ai compris que cette lecture serait terrible. Cette autrice a le pouvoir de nous faire vivre son périple, de nous faire penser comme elle.

Elle a créé des images dans ma tête. Je la voyais se sauver avec ses enfants à bout de bras, je la voyais tenter de faire fuir les Hollandais qui avaient investi sa maison de famille quelques années plus tard contre son accord, je la voyais se remémorant ses souvenirs, je la voyais enfin dans ses souvenirs avec ses enfants et son mari, seules touches d'espoir dans une trame si dramatique qu'on a du mal à imaginer que c'est une histoire vécue.

Et, pourtant, combien de familles ont vécu cette horreur en 2004, et ont dû se battre – et le doivent peut-être encore – avec leurs souvenirs, comme elle, depuis ce jour ?…

Ce témoignage est poignant et bouleversant. Je ne peux que vous conseiller de le lire, et de découvrir quel a été l'enfer de cette femme qui nous raconte, en toute sincérité, ce qu'est devenue sa vie.




samedi 4 décembre 2021

Teddy est revenu


« C'était un ours en peluche d'une vingtaine de centimètres. Le même que celui de sa fille Lucie avait avec elle le jour de sa disparition, cinq ans auparavant. D'où venait cet ours ? Qui le lui avait envoyé ? Et pourquoi ? Qui pouvait être assez cruel pour rouvrir une blessure qui n'avait jamais vraiment cicatrisée ? »
Soupçonnée à l'époque d'avoir tué sa fille pour reconquérir son mari, Laura ne peut se tourner vers la police, ni vers son mari qui l'a abandonnée et a refait sa vie. Laura en est persuadée : sa fille est vivante.
Seule, elle décide de reprendre l'enquête avec pour unique indice le cachet d'un bureau de poste de Saint-Nazaire d'où Teddy, l'ours en peluche, a été expédié. Laura ignore encore qu'elle va devoir assumer son passé, se mettre hors la loi, affronter la grande bourgeoisie de province et croiser sur sa route un tueur en série...

Teddy est revenu
Gilbert Gallerne - 1998



C'est une lecture en demi-teinte que je viens de terminer. J'ai bien apprécié ma lecture, mais j'ai tout de même quelques petits reproches à faire à ce roman.

Tout d'abord, parlons de l'histoire. Elle est réellement intéressante et captivante. Le ton est donné dès la première page, et nous découvrons les indices avec l'héroïne, qui décide de tout faire pour retrouver sa fille, dont elle est la seule persuadée qu'elle est toujours vivante. Toutefois, une fois la découverte de l'ourson passée, la mise en place se révèle lente. Nous suivons Laura, nous découvrons des personnages qui ne nous serviront à rien dans la suite... Et, d'un seul coup, vers le milieu du livre, tout se bouscule, et nous avons tous les éléments pour comprendre ce qui est arrivé. Plus aucune surprise à partir de là (et je n'exagère même pas...), et l'histoire subit alors un coup de boost, et le rythme devient très (trop ?) rapide, très saccadé.

Ce rythme dans l'histoire était donc véritablement irrégulier, et il aurait peut-être été appréciable qu'il soit plus mesuré. Mais, passons, car finalement l'histoire est réellement prenante et très bien ficelée. La machination est quand même superbement pensée, et l'on oublierait ce problème concernant l'histoire s'il n'y avait pas aussi ce qui concerne les personnages.

Quel dommage, car les personnages sont vraiment intéressants, mais on aurait dit qu'ils étaient disposés en fonction des aléas de l'histoire. On commence avec Laura et, tiens, nous avons besoin d'un policier, mais il ne nous sert pas à grand-chose donc on l'oublie et on passe au journaliste, puis on revient au policier... Pour finalement ne nous laisser que les personnages principaux sur la scène finale. Quid des autres ? Peu importe, ils ne servaient qu'aux péripéties ! Et c'est un peu dommage car, même s'ils n'avaient pas des personnalités particulières, ils avaient quand même du potentiel dans l'histoire, et j'aurais aimé qu'ils aient, pour certains, un rôle un peu plus important...

Enfin, le style est tout de même assez froid. La narration est descriptive et décortique le nœud du problème pour nous faire parvenir au résultat. J'admire l'effort, mais cela manque un peu de chaleur et d'émotions. Bon, en bref, ce livre n'aurait pas souffert d'une bonne centaine de pages supplémentaires pour étoffer un peu les personnalités, les émotions, ainsi qu'ajouter un peu de suspense aux différents événements. Mais cela reste une très bonne histoire avec un fil conducteur très élaboré, et j'ai tout de même bien apprécié cette lecture.




jeudi 2 décembre 2021

L'héritière des abysses


Ana Dakkar est en première année à l'académie de Harding Pencroft, réputée pour former les meilleurs biologistes et explorateurs marins. Depuis la disparition de ses parents au cours d'une expédition secrète, elle a pour unique famille Dev, son frère aîné. Alors qu'Ana et ses camarades s'apprêtent à passer les épreuves de première année, une explosion soudaine détruit l'académie HP, tuant élèves et professeurs dans le même temps.
Les survivants ont à peine le temps de pleurer leurs proches que le professeur qui les accompagne leur fait une bouleversante révélation : Ana est la descendante du célèbre capitaine Nemo, et la raison pour laquelle l'académie HP a été attaquée. À présent, Ana et ses amis sont les seuls à pouvoir retrouver les trésors cachés par Nemo et éviter que l'ennemi ne découvre les multiples secrets de Jules Verne, dont les personnages et inventions sont visiblement bien loin de relever de la fiction...

L'héritière des abysses
Rick Riordan - 2021



Merci à la Masse critique de Babelio et à Albin Michel.

Je suis très heureuse d'avoir pu découvrir ce livre, car j'aime énormément cet auteur. Après m'être régalée avec Percy Jackson, il était temps que je redécouvre l'étendue du talent de Rick Riordan dans une toute autre histoire... qui finalement a une thématique assez proche : l'eau semble omniprésent chez cet auteur.

Cette fois, on quitte la mythologie et le fantastique pour partir sur quelque chose d'a priori plus terre à terre. La découverte du Nautilus, de Nemo et des romans de Jules Verne. Ana Dakkar, notre héroïne, vient de voir son école réduite en cendres et doit gagner une base navale secrète à la recherche de ses origines. Cela aurait pu faire un bon thriller, mais l'auteur a décidé d'y inclure quelques éléments de science-fiction, pour mon plus grand plaisir.

La recette fonctionne, j'ai été happée dans l'histoire et je voulais vraiment découvrir le fin mot de l'histoire. Mais ma lecture a été inégale : parfois, je voulais savoir ; d'autres fois, je voulais vraiment savoir avidement ! Peu importe, me direz-vous, au final je souhaitais juste qu'on me laisse tranquille avec mon plaid et mon livre. L'auteur sait vraiment nous embarquer dans son univers.

Maintenant, reste à savoir s'il s'agit d'une nouvelle saga ou non. À la fin, j'ai eu cette sensation d'appel à une suite... mais en même temps, cela pourrait très bien s'arrêter là. Je ne sais pas ce qui est prévu, et s'il y a une suite, je serai évidemment au rendez-vous. Mais si vous êtes indécis quant à l'entrée dans une nouvelle saga à rallonge, sachez que ce livre est un tout à lui seul. Et que j'ai adoré !