samedi 22 octobre 2016

La loi de Gaia

Auteur Caroline Giraud
Titre La loi de Gaia
Année 2016
Genre Science-Fiction
Pages 400p.

Loi de Gaia, article 1 : Les survivants du pays détruit par l'explosion nucléaire sont déchus de leur humanité et doivent porter un tatouage permettant de les identifier. Chaque tatouage représentera un animal symbolisant le crime commis. Un loup pour le meurtre, un lion pour le viol, un renard pour la torture et un tigre pour le rapt d'enfants. 
Article 2 : Les tatoués seront distribués aux familles et amis des victimes pour leur permettre de se venger de leurs crimes. Un maître a tous les droits sur son tatoué, excepté celui de le tuer. Il peut le battre, l'exploiter, le revendre, l'enfermer, etc. 
Article 3 : Toute atteinte d'un tatoué sur un civil sera punie par un emprisonnement à vie dans un camp de torture.
Paris croule sous les bombes et les fusillades depuis que Kagan Közul est revenu se venger de ceux qui l'ont injustement envoyé en prison cinq ans auparavant. Des trois coupables, il n'en reste plus que deux : Sarah et Milian se haïssent, mais à présent ils doivent survivre, ensemble.

Merci à Caroline Giraud pour cette histoire vraiment sympathique.

J'adore les dystopies, alors quand j'ai lu ce résumé, je n'ai pas pu résister. Il ressemblait à une dystopie comme il y en a tant, et pourtant je sentais qu'il y aurait quelque chose de différent. La thématique de l'esclavage me tentait énormément, et de ce côté-là, il est clair que je n'ai pas été déçue : c'était très bien abordé, et vraiment captivant… et en même temps absolument horrible !

Par contre, accrochez-vous sur le début. La structure du récit est assez particulière et passe sur deux périodes : maintenant, avec Sarah pour narratrice, et cinq ans plus tôt, avec Kagan pour narrateur. Cela aurait pu être très clair, s'il y avait eu des annonces, ou une narration différente entre les passages, mais ce n'était pas le cas : quand je commençais un chapitre, je ne savais jamais où j'étais, avec qui, et j'étais perdue continuellement. Même si au fur et à mesure on s'habitue, le doute et le malaise persiste jusqu'à la fin.

Pourtant, cette structure est intéressante, car chacune des deux périodes nous raconte une histoire. Les deux intrigues sont liées, et si la narration "de maintenant" nous spoile des éléments de la narration "d'avant", on ne comprend pas forcément tout au début, et la mise en place se fait petit à petit. L'auteur, si elle nous perturbe au début avec son style assez verbeux et sa structure complexe, nous met malgré tout à l'aise dans son histoire.

La lecture est lente au début, et on finit par accélérer, car les scènes sont de plus en plus atroces, et la trame nous apparaît de mieux en mieux dans sa globalité. Au final, on réalise à peine l'énormité de l'histoire de nos deux héros. On est blessé, on est triste, car c'est tellement injuste, et en même temps on est heureux, car il y a une part de bonheur dans ces deux fins. Je dis "deux fins", car si l'histoire globale se termine, on a clairement l'impression de deux histoires qui se sont chevauchées, et le parallèle renforçait cette tendance. Chacune des deux fins était poignante, et m'a atterrée.

Cette lecture fut particulière. Outre ce début difficile pour rentrer dans l'histoire, je me suis prise à énormément apprécier les personnages et cette intrigue si complexe. Même si je suis outrée par l'injustice de cette mise en scène choisie par l'auteur (surtout la fin), je trouve que le message concernant la thématique de l'esclavage et de l'amour de son prochain passe très bien. L'auteur mettra tout le monde d'accord et nous offre en même temps un moment de divertissement non négligeable. Je suis conquise. Alors, lisez-le !

6 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout, mais je suis vraiment intriguée maintenant !

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  2. UN livre qui a l'air vraiment bien, je le note merci de la découverte

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  3. J'ai vu ce livre deux ou trois fois sur des blogs et les avis, comme le tien, me donnent très envie de le découvrir :)

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